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    Economie

    Mlle Benkhadra: «La carte géologique est une urgence»

    Par L'Economiste | Edition N°:296 Le 18/09/1997 | Partager

    Attirer les investisseurs dans la recherche et relifter la réglementation du secteur sont les principales priorités du nouveau Secrétaire d'Etat chargé du secteur minier auprès du Ministre de l'Energie et des Mines.


    - L'Economiste: Un mois après votre nomination, quel diagnostic dressez-vous du secteur minier ?
    Melle Amina Benkhadra
    : Ce secteur joue un rôle important dans l'économie marocaine puisqu'il emploie 50.000 personnes et fait vivre plus d'un million d'habitants.
    Autres indicateurs, le secteur minier génère 14 milliards de DH de chiffre d'affaires et draine 30 à 35% des recettes d'exportation. Il ne faut pas omettre que cette activité contribue également au développement rural et régional.
    Le diagnostic fait ressortir un paradoxe: d'une part la richesse et la diversification du sous-sol marocain et d'autre part le manque d'infrastructure et l'obsolescence de la législation.

    - Quelles sont selon vous, les actions prioritaires à
    mener?
    Pour promouvoir le secteur, il va falloir attirer les investisseurs vers la recherche minière. Cela passe en priorité par la réalisation de l'infrastructure géologique, l'amélioration des conditions d'intervention dans le secteur, la clarification des rôles du public et du privé et l'actualisation de la réglementation et la formation. A rappeler que ce secteur, draine 4 milliards de Dollars d'investissement dans la recherche par an à l'échelle mondiale. L'Afrique ne profite que de 12% de ces capitaux.
    Par ailleurs, le Bureau de Recherches et de Participations Minières se focalisera sur l'exploration/promotion et ne prendra plus part à l'exploitation des mines. De même qu'il n'exigera plus de droit d'entrée pour les prospects mais des royalties. Du reste, des mesures d'incitation spécifiques à l'acte d'explorer pourraient être envisagées.
    Autre chantier, la refonte des textes législatifs. En tête de liste, le code minier qui n'attend que l'adoption du code de travail pour être présenté.

    - Quel est l'état d'avancement du plan de développement minier lancé en 1995 ?
    L'étude est achevée et a permis d'asseoir les bases de notre stratégie. Comme je vous l'ai dit, le sous sol marocain est diversifié mais reste insuffisamment exploré. Le taux de couverture du territoire ne dépasse guère les 20%. Le plan national de cartographie géologique (PNCG) vise la couverture totale du territoire sur une période de 10 ans moyennant un investissement global de 2 milliards de DH. Le financement se fera par des moyens propres et via la coopération. Sa concrétisation ouvre en outre la voie aux recours à la sous traitance et au partenariat avec les universités. Pour l'année 1997-98, le budget d'investissement du département est passé de 8 à 42 millions de DH. Le reste du financement sera pris en charge par des partenaires étrangers et nationaux.
    D'ores et déjà, nous lançons la réalisation de 8 cartes par les moyens propres et 18 cartes par la sous traitance qui a permis après appels d'offres de retenir des sociétés canadienne, anglaise et sud-africaine

    - Quels sont les progrès réalisés en matière de valorisation des produits exportés?
    En 1996, la production nationale s'élevait à 22,3 millions de tonnes dont 20,8 millions sous forme de phosphate. Plus de la moitié des produits de l'OCP sont exportés après transformation (acide phosphorique et engrais divers).
    En outre, d'autres entités telles les filiales de l'ONA s'engagent dans la valorisation du cobalt, calamine...
    Quoiqu'il en soit, la valorisation des produits miniers reste du ressort des opérateurs.

    - Sur un tout autre registre, quel est votre sentiment de figurer parmi les premières femmes Ministres?
    La volonté royale marque un tournant et arrive à un moment de l'évolution du Maroc. Les quatre femmes seront probablement jugées et critiquées. Je suis consciente que nous devons donner l'exemple afin de faciliter la tâche à celles qui suivront.

    Propos recueillis par Badra BERRISSOULE

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