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Affaires

Missions locales françaises pour l'emploi: Un exemple à suivre?

Par L'Economiste | Edition N°:1837 Le 23/08/2004 | Partager

. Elles interviennent au niveau des jeunes en très grande difficulté… .…les orientent pour intégrer le marché de l'emploi.Emanation de l'Etat, elles se sont trouvées une vocation privée Les missions locales pour l'emploi des jeunes entre 16 et 25 ans (ML) ont été créées en France en 1981. Ces structures ont été le fruit d'une mobilisation tripartite de l'Etat, les collectivités locales et les communes. On en compte aujourd'hui plus de 500. Rien qu'à Paris et régions, on dénombre 90 ML. Les jeunes qui en bénéficient sont à 90% issus de l'immigration. Le reste est constitué de Français d'origine. L'objectif de ces structures est de lever les freins à l'insertion professionnelle, souvent difficile pour des jeunes en situation précaire et sans diplôme. Un exemple de décentralisation de la politique sociale étatique qui a le soutien de l'actuel Premier ministre Raffarin. Ces structures ont servi de soupapes sociales dans les cités où vit la majorité des jeunes issus de l'immigration. Et au-delà d'une décision administrative, “la mise en place progressive des missions locales est une nouvelle approche de l'emploi et la formation des jeunes en très grande difficulté”, explique Driss Bziouat (le frère de notre photographe Abdelmajid Bziouat), chercheur dans le domaine de l'emploi des jeunes et directeur adjoint, depuis deux ans, d'une mission locale en région parisienne. .Large spectreSe trouvant dans le département de Seine-St-Denis, le fameux “neuf-trois” réputé pour ses quartiers chauds, cette mission a été créée en 1997 et dotée d'un budget annuel de fonctionnement de 750.000 euros, avec une vingtaine de conseillers à plein temps. Par “très grande difficulté”, Bziouat veut dire “des jeunes qui accumulent à la fois des problèmes sociaux et professionnels”. En effet, peu de jeunes dans les régions sensibles arrivent au bac et beaucoup finissent par quitter la cellule familiale. Face à de pareils cas, les missions locales ont le mérite d'agir sur un large spectre. Elles effectuent un diagnostic exhaustif du jeune en difficulté. “La plupart des 16-25 ans dans les cités abandonnent précocement l'école. Ils n'ont aucune qualification et plongent facilement dans l'alcoolisme, la prostitution et la drogue. Beaucoup ont des problèmes d'accès aux soins les plus basiques”. Les conseillers vont à leur rencontre pour les orienter vers les ML. Ils proposent aux jeunes en mal de logement, souvent suite à une rupture familiale, des nuitées d'hôtel qui vont jusqu'à un mois. Le logement est en effet considéré comme un handicap à l'insertion professionnelle au même titre que la langue. Surtout pour les jeunes issus des regroupements familiaux. En collaboration avec des fondations privées, les ML proposent des ateliers d'initiation à la langue appelés “plates-formes linguistiques”. Aussi, pour régler le problème de mobilité des jeunes dans certaines régions où, par exemple, le RER ne passe pas, les ML financent des permis de conduire grâce à l'aide des fondations. “Ce sont des actions spécifiques qui dépendent de l'inventivité de l'équipe de la ML”, dit Bziouat. .Des observatoires précieux Aujourd'hui, les ML sont investies du rôle d'observatoire social des jeunes en difficulté. Leurs conclusions servent souvent de précieuses références aux sociologues, mais surtout à l'Etat. Car chaque mission locale s'occupe d'un territoire où les problèmes se ressemblent. Les décideurs disposent ainsi d'une carte bien détaillée des besoins et handicaps de chaque région. Par exemple, là où les ML agissent, 90% des jeunes entre 16 et 25 ans ont au plus un CAP (certificat d'aptitude professionnelle), ce qui correspond au brevet technique, au niveau de la 6e année. Un vivier pour les entreprises qui ont un manque en main-d'œuvre qualifiée.En effet, depuis une dizaine d'années, le tissu associatif en France, dont les ML, s'est trouvé une nouvelle mission, à savoir “la production des compétences”. Les entreprises ont souvent besoin de personnel dans des domaines où il y a pénurie de main-d'œuvre. Une des missions des ML est de monter des passerelles entre ces entreprises et les jeunes en très grande difficulté. “C'est ce que nous appelons des projets de rapprochement entre les centres de formation et le privé. A titre d'exemple, si une chaîne de supermarchés a besoin de caissières, nous faisons bénéficier les jeunes inscrits aux ML d'une formation adéquate et nous les mettons à la disposition de l'entreprise”, souligne un conseiller. En effet, après 23 ans d'existence, et grâce à leur rôle de consultation, les missions locales pour l'emploi font aujourd'hui partie intégrante de la politique d'emploi en France. Mieux. Le Conseil national des missions locales (CNML) qui est placé auprès du Premier ministre, est une force de négociation en matière de législation pour l'emploi des 16-25 ans. Un exemple à suivre au Maroc où les associations trouvent beaucoup de mal à s'ouvrir sur le privé et sur les préoccupations en matière d'emploi qui taraudent l'Etat.


Relais

Les besoins sont énormes. Chaque année, la mission locale pour l'emploi de Seine-St-Denis reçoit 900 jeunes. Pour une quinzaine de conseillers seulement, le tour n'est pas joué. “Le problème de surcharge des conseillers est quotidien”, déplore-t-on. Un réseau de conseillers s'est alors constitué à travers l'Hexagone pour revendiquer la mise en place de plus de moyens. Notamment pour changer la vision que les jeunes ont des missions locales. “Ils rejettent l'Etat et par conséquent les ML qui en sont l'émanation”, souligne-t-on. La plupart confondent les prérogatives des missions, à savoir le diagnostic des besoins et l'orientation et leurs problèmes de logement et d'emploi. En effet, les ML ne font pas de thérapie. Leur force est d'être un relais entre les besoins spécifiques de certaines entreprises et les jeunes. Mostafa BENTAK

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