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    Mines : Revendications sociales, mais dans la limite de la viabilité de l'entreprise

    Par L'Economiste | Edition N°:23 Le 02/04/1992 | Partager

    Les entreprises minières publiques et privées s'interrogent sur la conduite à tenir vis à vis des conflits sociaux, lorsqu'arrive une période électorale. Une partie de la vie politique passe en effet par ces conflits, et en modifie le contenu. Le conflit d'Imiter est analysé, fréquemment, de cette manière.
    Pour sa part, le Ministre de l'Energie et des Mines précise la ligne de conduite des pouvoirs publics en la matière: les partenaires doivent négocier librement, les pouvoirs publics interviennent au cas où ces négociations n'aboutissent pas. L'objectif central du gouvernement, explique M. Alaoui M'Daghri est la viabilité de l'outil productif qui doit fournir richesses et emplois.

    L'Economiste: Les mines traversent encore une période perturbée sur le plan des relations sociales. Quelle est votre analyse de la situation?
    M. Driss Alaoui M'Daghri: Il faut distinguer ce qui relève de la conjoncture générale et ce qui est propre aux mines. Si vous parlez d'Imiter, il faut faire une mise au point préalable. Il est hors de question de comparer la situation d'Imiter avec celle des mines de Jérada, par exemple. Il n'y a rien de commun dans le fait de descendre dans des puits de huit cents mètres comme à Jérada et celui de travailler dans une mine comme à Imiter. Le gisement de charbon de Jérada est l'un des plus difficiles au monde. Je reconnais que le travail minier est pénible dans tous les cas de figure. Ensuite, le salaire moyen net est de 3 500 Dh à Imiter, auxquels s'ajoutent les prestations sociales y compris le logement. On arrive, ainsi, à un montant réel moyen de 6 000 Dh par agent par mois. Quel est le secteur au Maroc qui offre des revenus de cet ordre?

    - L'image de la mine reste celle d'un secteur très dur où les conflits sociaux sont sévères, est-ce exact?
    - C'est un secteur dur, c'est vrai, mais il faut bien faire la part des choses. Nous venons de faire un bilan social dans les mines, dont les données contredisent bien des points de l'image qui vous préoccupe. Je regrette que cette image soit aussi preignante car elle fausse le débat. Entendons-nous bien. Je suis de ceux qui reconnaissent à chacun le droit de négocier pour obtenir le meilleur salaire possible. Il y a une limite: celle de la viabilité de l'outil de production. L'argent se vendait aux environs de 6 Dh le gramme au début des années 80. Aujourd'hui il ne vaut plus que 1 Dh le gramme! Heureusement la teneur d'Imiter est bonne, ce qui permet à l'entreprise de continuer. De plus des discussions sont en cours avec des partenaires étrangers pour des valorisations comme la bijouterie. Mais on ne peut pas faire plus que ce qui est fait sans mettre en danger l'entreprise, auquel cas le problème serait le chômage au lieu du niveau de revenu.

    - Pourtant à l'automne 1990, vous êtes intervenus pour pousser au règlement du conflit de Djebel Aouam, alors que les équilibres financiers de l'entreprise, selon elle, n'étaient pas garantis.
    - Je suis intervenu et mon intervention, vous l'avez dit, se situait à l'automne 90, intervention après laquelle des efforts sociaux ont été consentis par l'entreprise, dans le cadre des négociations entre les parties concernées. Mon intervention, contrairement à ce qui s'est peut-être dit, n'a pas du tout constitué une pression et s'est placée après que les autres moyens de concertation aient échoué et alors que le conflit durait depuis plus de deux mois. Par la suite, la conjoncture n'a pas été des plus favorables pour les marchés de Djebel Aouam, qui sont à la baisse.

    - Et pour Imiter?
    - Ce sont des syndicats différents à Imiter et à Djebel Aouam, il n'est pas exclu qu'un phénomène d'imitation joue entre eux. Là aussi, je suis intervenu au moment opportun, pour essayer de faire aboutir les négociations entre la société et les syndicats. Reprenons les demandes syndicales: une indemnité pour quitter le logement fourni par la mine en cas de cessation de travail, des indemnités pour la durée du transport et la possibilité d'acheter les logements. Les offres de la société ont été très favorables. Pour l'indemnité de départ, elle a proposé un système d'assurance, offrant la garantie d'un capital décès supplémentaire de 100 000 Dh en cas d'accident du travail et d'un capital décés de 50 000 Dh en cas de mort naturelle. Pour l'accès au logement, elle met immédiatement en étude les conditions possibles d'achat. Il faut que le Conseil d'Administration approuve cette action de cession de logements, bien sûr, mais j'ai le sentiment qu'il n'y a pas de problème. De plus l'entreprise accepte de servir une indemnité à la veuve et au retraité pour libérer le logement occupé. Par contre, pour le transport, elle refuse évidemment.

    - Pourquoi serait-ce évident de refuser?
    - Parce que le personnel est transporté gratuitement à la mine et que la demande actuelle porte sur la rémunération sous forme d'indemnités de ce temps de transport. L'entreprise ne l'a pas excepté car elle avait suffisament lâché de lest malgré la conjoncture. L'entreprise a bien fait un effort et elle a même accepté une indemnité supplémentaire pour les ayant-droit. Les journaux partisans ont été très discrets sur cette négociation. Je crois bien que l'objet de cette grève dépasse le cadre de la mine d'Imiter.

    - Si l'on comprend bien le gouvernement ne mérite pas le reproche qu'on lui fait de ne pas soutenir les entreprises minières qui se trouvent victimes de conflits dont les objectifs les dépassent?
    - Le gouvernement ne peut que soutenir la viabilité des entreprises, cela va de soi. Ce qui m'importe c'est que l'outil de production continue de travailler dans des conditions normales, rapporte de l'argent et fournisse des emplois convenablement rémunérés. Ce devrait être la préoccupation de tout le monde, me semble-t-il.o

    L. Tr. / N. S.

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