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Migrations: Pour un plan global
Par Franco FRATTINI

Par L'Economiste | Edition N°:2315 Le 10/07/2006 | Partager

Aujourd’hui, ce qu’on appelle la “route occidentale”, de l’Afrique centrale vers l’Europe, fait l’objet à Rabat, d’une attention toute particulière. Je présenterai les lignes directrices européennes d’une stratégie politique globale capable de relever un défi -l’immigration- qui ne manquera pas de se poser à nouveau au cours des prochaines années et des prochaines décennies. Pour la première fois, tous les dirigeants européens considèrent qu’il faut relever ce défi en renonçant enfin aux différences nationales, et en s’appuyant sur la coordination que la Commission européenne peut offrir, en premier lieu avec l’instrument de l’Agence européenne de contrôle des frontières. La Commission européenne a entrepris un travail approfondi qui sera présenté à Rabat: nous devons orienter les aides vers les besoins de développement durable, en multipliant les opportunités d’investissement dans les secteurs de l’environnement, des petites et moyennes entreprises, du tourisme et de l’artisanat. Nous devons ensuite chercher à contenir la “fuite des cerveaux” hors des pays plus pauvres, autre facteur d’appauvrissement de sociétés entières. Et enfin, il faut lutter contre le travail au noir. . Aspects humanitaires et de solidaritéNous devons également développer des campagnes de communication “à l’origine” du phénomène, dans les pays de provenance. En collaboration avec les gouvernements, nous devons donner des informations sur les conditions requises pour travailler et résider légalement en Europe, et nous devons surtout lutter contre la tendance à tolérer le travail au noir ici, dans nos pays. Parmi d’autres points, nous mettrons en évidence la nécessité de collaborer avec les pays d’origine pour lutter “en amont” précisément contre ces facteurs d’attraction des immigrés illégaux, et avant tout contre le travail au noir.En conclusion, nous devons oeuvrer pour qu’à Rabat, l’Afrique et l’Europe prennent, pour la première fois, des décisions communes en matière de gestion des flux migratoires.Nous devons traiter non seulement les questions de police et de sécurité (nécessaires, évidemment, pour faire respecter les règles et rapatrier ceux qui ne les respectent pas), mais également les aspects humanitaires et de solidarité. De plus, avec une gestion avisée des flux de l’immigration économique, nous servirons le développement de nos pays européens. En effet, nous avons une population moyenne qui vieillit et choisit de préférence des emplois agréables ou tout simplement demandés.


Les trois piliers européens

La stratégie que la Commission élabore actuellement repose sur trois piliers.Le premier est un traitement “européen” des règles d’entrée des immigrés: nous devons en effet garantir – dans le respect des particularités sociales et économiques des Etats membres – des conditions d’accueil et d’intégration effective appropriées à ceux qui souhaitent travailler et vivre dans nos pays en respectant les lois.Le deuxième pilier consiste en une prévention coordonnée et une lutte sans indulgence contre les trafiquants d’êtres humains. Aucune tolérance n’est possible vis-à-vis de ceux qui exploitent le désespoir des immigrés et qui souvent les abandonnent, dans des conditions extrêmement dangereuses, en pleine mer ou dans les régions désertiques de l’Afrique saharienne.Nous ne pouvons pas non plus laisser seuls face à la pression de l’immigration illégale – pilotée par des organisations criminelles sans scrupules – les pays européens qui, du fait de leur situation géographique, y sont le plus exposés: l’Espagne, l’Italie, Malte, Chypre et la Grèce. Une mission européenne, dotée en moyens et en hommes, partira ces jours-ci pour aider l’Espagne, par une politique équilibrée de prévention et d’accueil, à faire face à l’énorme pression des immigrés illégaux qui se dirigent depuis les côtes africaines vers les îles Canaries. Nous apporterons le même soutien à Malte, qui nous l’a demandé.Et si le gouvernement italien lui-même le demandait, l’Europe ne pourrait se soustraire à son devoir de solidarité, compte tenu du drame quotidien qui se joue sur les côtes de la Sicile.Le troisième pilier consiste à mettre en place un front commun entre nos partenaires méditerranéens d’Afrique du Nord et des régions sahariennes, pour traiter ensemble les causes profondes du phénomène migratoire : la pauvreté, la destruction de l’environnement et donc de l’économie agricole locale, ainsi que le manque d’investissements et de services financiers dans les pays d’origine. Une pression croissante et souvent insoutenable se développe dans les pays de transit, utilisés comme étapes (souvent de longue durée) de cette longue marche du désespoir vers le Nord (je pense surtout au Maroc, à la Libye, à l’Algérie et à la Tunisie).

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