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Economie

Mena: Il faut changer de manière de travailler

Par L'Economiste | Edition N°:1565 Le 21/07/2003 | Partager

. Dans son dernier rapport, la Banque Mondiale place en tête des sources de croissance le commerce extérieur et l'investissement privé «Le développement du commerce extérieur et la libéralisation des services sont les seuls choix qui s'offrent aux pays de la région Afrique du Nord et Moyen-Orient (MENA) pour pouvoir intégrer le fleuron économique mondial«. Pedro Alba, expert sectoriel en politique économique de la Banque Mondiale (BM), était catégorique lors de la présentation du rapport de la BM sur «le commerce, l'investissement et le développement de la région Mena«, jeudi dernier à Rabat. Selon cet expert, au cours de la décennie à venir, le principal défi du développement sera de créer suffisamment d'emplois pour faire face à la croissance rapide de la population active. Il est à signaler à cet égard, qu'au cours de la période 2000-2010, le nombre des nouveaux entrants dans la population active sera en moyenne de l'ordre de 4,2 millions par an. La BM propose donc, pour faire face à cette «plus que probable« montée en puissance de la population active (deux fois le nombre des nouveaux entrants des deux décennies précédentes) un nouveau modèle d'organisation des activités économiques. Il se basera sur le commerce extérieur et l'investissement privé, «seule source de croissance rapide et de création d'emplois«, selon le rapport. En revanche, l'ancien modèle, qui repose sur le secteur public, appuyé par les hydrocarbures (il ne faut pas oublier que la région Mena compte aussi les pays du Golfe), l'aide extérieure et les envois de fonds des travailleurs à l'étranger, n'est plus «en mesure de générer une croissance correspondant à l'augmentation de la population active«. Par conséquent, une réforme globale du commerce extérieur doit intervenir. Elle doit aller au-delà des politiques commerciales adoptées dans les pays de la région, pour s'attaquer aux obstacles les plus profonds au niveau des douanes, les normes, ports et autres barrières. De plus, cette réforme doit être accompagnée d'une déréglementation concrète et énergique afin de libérer les nouvelles entrées et permettre à l'investissement privé de réagir. . TransitionA ce niveau, le rapport rappelle que certains pays dont le Maroc, ont déjà entamé ce changement et qu'ils sont en phase de transition. Dans la même optique, l'étude insiste sur les accords commerciaux bilatéraux «revitalisés« mais aussi dans le cadre des forums multilatéraux, comme l'OMC. Objectif: faire accepter les réformes par les populations locales et renforcer la crédibilité et l'engagement vis-à-vis des réformes en général. Il existe plusieurs moyens de renforcer l'efficacité de ces accords commerciaux. «Le plus évident étant, bien entendu, le partenariat avec l'Europe, allié géographique naturel pour la région Mena«. Cette collaboration n'est pas exploitée à son plein potentiel, ajoute le rapport de la BM. Avec l'adhésion de nouveaux membres, les gains potentiels pour un certain nombre de pays de la région Mena se développeront également. Ainsi, les accords Euromed et le processus de Barcelone pourraient être renforcés. Il suffit simplement pour les pays de la zone Mena de doubler d'efforts afin de réduire les barrières commerciales, et de libéraliser les services.Cependant, cette approche ne fut pas partagée par la majorité des participants. Le commerce extérieur est certes un moyen de développer les pays de la région Mena, estiment des experts présents, mais il n'est pas le seul. «La modernisation de l'agriculture et de l'industrie, en un mot, assurer l'autosuffisance, c'est bien là le point faible des pays de cette région«, ont lancé différents invités à ce débat.


Comme la Chine

Dans de nombreux pays de la région Mena, pronostiquent les experts de la Banque Mondiale, certains secteurs enregistreront vraisemblablement des pertes d'emplois importantes, notamment dans l'agriculture et les entreprises publiques. Et cela au moment de l'ouverture complète des frontières et la libéralisation des secteurs-clés.Ce qui se traduira par de grosses vagues de suppression d'emplois. C'est pour cela, poursuivent les spécialistes, que les pays doivent minutieusement concevoir le rythme et l'échelonnement des réformes du commerce extérieur et du climat de l'investissement. La Banque Mondiale donne l'exemple de certains pays comme la Chine ou l'Inde, qui ont parfaitement résolu les problèmes de transition, et ce par le biais d'une libéralisation précoce dans les secteurs-clés, et le retardement du dégraissage des entreprises publiques, en exposant ces entités à la concurrence et en réduisant la taille de leurs opérations.. Comparaisons Les experts estiment la durée de dédouanement en moyenne à 5,5 jours dans la région Mena, alors que le délai est de 3 jours dans les pays développés. Il est de 3 jours également dans les pays comparateurs comme le Chili, ou le Mexique (4 jours) et la Thaïlande (4 jours). Les coûts de fret (assurances comprises) dans les pays de la région Mena sont les seconds plus élevés au monde et imposent un coût additionnel de 19% sur les pays exportateurs de cette région, en comparaison avec les pays compétiteurs de l'Europe de l'Est. Enfin, le ratio CAF/FAB (coût, assurance et fret franco à bord) varie de 11 à 15% pour la région Mena. Il est de 5 à 10% pour les autres pays en développement.Naoufal BELGHAZI

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