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Médicaments génériques
Les opérateurs saisissent le Conseil de la concurrence

Par L'Economiste | Edition N°:3501 Le 05/04/2011 | Partager
A l’origine, la mise sur le marché par Sanofi Aventis de 15 génériques
Gros écarts de prix avec les princeps

«Si Sanofi Aventis met sur le marché un générique à ce prix, quel est alors l’intérêt de maintenir un princeps quatre fois plus cher?», s’insurge Mohamed Houbachi, président de l’Association marocaine du médicament générique (AMMG)

COLÈRE des génériqueurs. L’Association marocaine du médicament générique (AMMG) envisage de saisir le Conseil de la concurrence. A l’origine de cette décision, la mise sur le marché par Sanofi Aventis d’une large gamme de médicaments génériques sous l’étiquette Winthrop. Des produits fabriqués par la filiale Maphar. Selon une brochure du laboratoire, le portefeuille de la division des génériques de Sanofi Aventis sera régulièrement renforcé par de nouvelles spécialités. Mais la première gamme, composée de 19 présentations pour 7 produits et disponible sur le marché, suscite d’ores et déjà l’ire des génériqueurs nationaux. En effet, ces derniers estiment qu’il s’agit ni plus ni moins «d’une concurrence déloyale». Aziz Yousfi Malki, directeur de communication au sein de Sanofi Aventis, est d’un tout autre avis: «A travers notre gamme de génériques, le groupe concrétise sa volonté de participer, activement et de manière responsable, à l’effort des autorités de santé marocaines pour améliorer l’accès aux médicaments au plus grand nombre de patients». Ce qui n’est pas pour atténuer les appréhensions des génériqueurs nationaux. Ainsi, pour confirmer leurs inquiétudes, ils ne manquent pas d’arguments. Le premier concerne d’abord l’écart de prix entre le princeps et le générique. Ramipril 5mg, par exemple, est le générique du Triatec 5mg. La boîte de 30 comprimés, qui est le format le plus vendu au Maroc, est commercialisée à 54 DH contre 209 DH pour le princeps. «Si ce laboratoire met sur le marché un générique à ce prix dans l’intérêt des consommateurs, nous applaudissons des deux mains. Mais dans ce cas, quel est l’intérêt de maintenir un princeps quatre fois plus cher? Est-ce que cela veut dire qu’il y a au Maroc une santé à deux vitesses?», s’insurge Mohamed Houbachi, président de l’AMMG. Pour le président des génériqueurs marocains, la situation est aberrante. «Il est incompréhensible d’affirmer ne pas pouvoir baisser les prix des princeps et de lancer des génériques fabriqués de la même molécule, sur les mêmes machines et beaucoup moins chers», s’étonne Houbachi. Serait-ce donc une formule pour subventionner le médicament le plus cher? «Nous ne sommes pas dans un schéma d’opposition princeps-génériques, mais plutôt dans une logique de complémentarité et d’équilibre entre innovation thérapeutique et accès aux médicaments», répond Yousfi Malki.
Pour rappel, les prix des médicaments, que ce soit pour les princeps ou pour les génériques, sont fixés par le ministère de la Santé au moment de l’attribution de l’autorisation de mise sur le marché (AMM). Ce qui signifie qu’il est au courant de cet important écart de prix entre les génériques et les princeps commercialisés par Sanofi Aventis.
Les génériqueurs ne sont pas les seuls à trouver la situation «anormale». «Nous sommes conscients de cette problématique. D’ailleurs, notre association a été saisie à maintes reprises par des médecins, des pharmaciens et même des malades. Ils ne comprennent pas pourquoi le même laboratoire exploite le même médicament sous deux marques différentes et surtout à des prix très différents», explique Abdelghani El Guermaï, président de l’Association marocaine de l’industrie pharmaceutique (AMIP). Aux yeux du président, la situation est problématique à plusieurs titres. «D’abord, elle génère une concurrence à l’intérieur même du laboratoire. De plus, elle crée une concurrence aux génériqueurs marocains. Si ce laboratoire peut proposer des génériques à des prix bas, cela signifie qu’il peut tout aussi bien baisser les prix de ses princeps». Autre implication de cette situation, la base de remboursement des médicaments par les mutuelles et autre assurance maladie obligatoire. «Celles-ci se baseront automatiquement sur le prix des génériques les moins chers et c’est compréhensible», signale El Guermaï.


Et les laboratoires dans tout cela?


LES laboratoires nationaux ont déjà saisi la tutelle. «L’objectif est d’étudier cette question pour que le laboratoire qui fabrique des princeps ne mette pas sur le marché les génériques de ses propres princeps. Par ailleurs, «cette stratégie risque de déséquilibrer la chaîne pharmaceutique (laboratoires, grossistes et pharmaciens) mise en place voici 60 ans», ajoute Abdelghani El Guermaï. A présent, les professionnels redoutent la mise sur le marché de nouveaux génériques à des prix imbattables par ce même laboratoire. «Le groupe Sanofi Aventis va poursuivre le développement de cette activité par la mise sur le marché de nouvelles molécules du médicament générique», confirme-t-on auprès du laboratoire.


Hassan EL ARIF

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