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Economie

Médicaments antidouleur, grands oubliés de l’AMO
Un expert s’inquiète

Par L'Economiste | Edition N°:2225 Le 02/03/2006 | Partager

Le professeur Maati Nejmi est directeur du programme de recherche de Douleur Sans Frontière au Maroc et chef des services Anesthésie-Réanimation et Traitement de la douleur à l’Institut national d’oncologie (INO). Il est aujourd’hui un des experts de renommée internationale sur la question de la douleur et de la cancérologie notamment. Il est étonné que seule l’aspirine soit remboursable pour le traitement contre la douleur. - L’Economiste: De nombreux médicaments contre la douleur notamment ne seront pas remboursés par l’AMO. Quelles implications sur la qualité du traitement des malades cancéreux? - Pr Maati Nejmi: Nous disposons d’une résolution du Conseil économique et social relative au traitement de la douleur au moyen d’analgésiques, notamment les dérivés de la morphine. Cette résolution fixe les mesures à prendre pour améliorer le traitement de la douleur notamment chez les patients atteints de cancer. Nous sommes donc étonnés de ne pas voir sur la liste des médicaments remboursables ceux, essentiels au traitement de la douleur, établis et recommandés par l’OMS. Pour améliorer la qualité des soins pour les malades cancéreux, il est indispensable de rembourser ces médicaments qui, d’ailleurs, ne coûtent pas cher. Je tiens à rappeler que la prise en charge de la douleur a été décrétée priorité nationale depuis avril 2003 et sa prise en charge pour les malades cancéreux considérée comme faisant partie intégrante des droits de l’homme. L’OMS recommande trois paliers en matière de traitement de la douleur. Le premier comprend les anti-inflammatoires non stéroïdiens et le paracétamol. Le deuxième est constitué par les opioïdes faibles représentés par les associations du paracétamol-codéine ou dextropropoxyphène-tramadol. Le troisième palier est représenté par la morphine et ses dérivés. Nous sommes donc étonnés que seule l’aspirine soit préconisée et remboursée pour atténuer la douleur. - Oui mais l’AMO ne peut pas non plus tout prendre en charge? - Tous les antalgiques sont d’un prix abordable. Mais ils nécessitent un traitement de longue durée, susceptible de pénaliser un patient qui n’a pas toujours les moyens et dont l’espérance de vie peut être prolongée grâce à un traitement spécifique. La contradiction que nous constatons aujourd’hui est que l’AMO rembourse des médicaments onéreux qui ne sont pas très utilisés. Nous avons 40.000 nouveaux cas de cancer au Maroc par an dont un sur 5 est traité au niveau des centres spécialisés de Rabat et Casablanca. Pour cette frange, le traitement est coûteux. Or, la majorité des malades cancéreux ne sont pas traités de façon spécifique. La plupart sont surtout métastasiques, nécessitant un traitement antalgique, très souvent par la morphine. - Comment comptez-vous réagir aux limitations induites par l’AMO? - Il faut d’abord revoir la liste des médicaments remboursables en concertation avec les experts qui sont plus en contact avec la réalité. Les révisions doivent être effectuées par spécialité. Toutefois, nous nous sommes réjouis d’apprendre que les listes seront régulièrement révisées. Propos recueillis par Mustapha BENTAK

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