×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Dossiers

Médical Expo 94 : Le marché incite à la production locale

Par L'Economiste | Edition N°:149 Le 13/10/1994 | Partager

La 4ème édition de Médical Expo, tout en rendant compte de révolution au matériel et des technologies médicales, a été l'occasion d'un dialogue entre I'Administration et les professionnels portant sur l'encouragement de la production locale, les questions de droits de douane et d'homologation.

Le matériel médical, tant au plan recherche que production, est l'objet d'une vive concurrence à travers le monde développé, et est parvenu à un niveau de technologie sophistiquée. Cette évolution rapide est stimulée par l'exigence d'une médecine efficace. La 4ème édition de Médical Expo, tenue du 6 au 9 octobre au Grand Palais de la Foire, qui avait une dimension internationale, avec une quarantaine d'exposants de 13 pays étrangers, a permis de présenter à près de 23.000 visiteurs, professionnels essentiellement, quelques fruits de ce progrès. Certains ne sont pas encore introduits au Maroc. La plupart des exposants (plus de 150), aussi bien étrangers que marocains, sont des représentants de marques européennes, américaines ou asiatiques. Les appareils vedettes de l'exposition sont les derniers-nés de la technologie de pointe appliquée au matériel radiologique: scanners de dernière génération, Imagerie par Résonance Magnétique (IRM), échographies, ainsi que le set de celliochirurgie. Mais on note aussi d'autres innovations dans l'équipement de bloc opératoire, de réanimation, d'urgence et de laboratoire . En fait, pour une grande part, il s'agit de techniques mises en oeuvre depuis un certain nombre d'années à l'étranger et qui commencent à apparaître au Maroc. L'exposition comportait toute la panoplie du matériel médical et hospitalier, les appareillages orthopédiques, les équipements dentaires et pharmaceutiques, le mobilier médical...

Forte évolution du marché

L'importation de matériel médical, via des sociétés représentantes, est relativement récente au Maroc. Alors qu'au début des années 1970 il n'existait pas plus de 6 ou 7 sociétés, elles sont aujourd'hui entre 150 et 200. Selon un professionnel, seules une dizaine de sociétés disposeraient d'une structure adéquate sur le plan organisationnel, financier et service après-vente. Il y a 10 ans, il n'existait pas un seul scanner au Maroc, équipement qui fut introduit pour la première fois en 1983-84, avec l'ouverture des polycliniques de la CNSS. Aujourd'hui 26 centres hospitaliers sont équipés d'IRM.

Le marché marocain a connu une forte évolution du fait de l'accroissement des besoins sanitaires accompagnant la croissance démographique, l'élévation du niveau de vie, le développement du marché à l'échelle mondiale. Evolution renforcée depuis 2 ans par la politique volontariste du Ministère de la Santé Publique qui a consacré un effort sensible de modernisation et de création de formations hospitalières. Le marché public est leader, avec une capacité litière de 86% de la capacité totale. Le nombre de cliniques privées d'équipement moderne s'est aussi accru. L'importation a suivi la demande. Les CHU par exemple, qui ont une mission d'enseignement et de recherche, nécessitent des plateaux techniques et technologiques "dernier cri". Mais un hôpital de province, explique un professionnel, requiert des équipements plus simples, peu onéreux et robustes.

Assainir le milieu

Pour ses besoins en matériel médical, le Maroc reste à 90% tributaire de l'étranger. Toutefois, les premiers pas dans la production locale ont été réalisés par une entreprise de mobilier médical en acier inoxydable. De même, le "fixateur externe casablancais", dans le domaine orthopédique, mis au point à l'hôpital des enfants de Casablanca, a obtenu le prix d'innovation au concours organisé par le MSP.

A l'occasion de Médical Expo 94, le ministre de la Santé, M . Abderrahim Harouchi, a réitéré son souhait de voir se développer la production locale d'équipement biomédical et hospitalier. Le Maroc a bien été capable, rappelle le ministre, de déployer sa propre industrie pharmaceutique, qui couvre 80% de ses besoins et exporte même à l'étranger. La production locale de matériel médical devrait débuter sous forme de partenariat avec des entreprises étrangères pour le transfert du savoir-faire . Selon un professionnel, cela devrait être le schéma d'évolution naturelle des sociétés actuellement importatrices. La production devrait s'orienter, dit-il, vers le développement de lignes de produits purement adaptés aux besoins et aux contraintes financières locales. Il recommande en ce domaine une coopération avec l'Europe, compte tenu des avantages des lignes de crédit des BEI (Banques européennes d'investissement). Il ne s'agira pas pour le Maroc de fabriquer des scanners ou des IRM, mais de devenir autonome en matière d'équipements de base. Cela réduirait considérablement leur prix et pourra profiter aux pays africains et maghrébins, car l'ambition est aussi d'exporter.

Concernant les droits de douane, le ministre a signalé qu'une commission travaille depuis l'année dernière à leur révision. Elle a déjà procédé à un allégement de 10 à 12% pour près de 1.000 médicaments, de même qu'elle les a supprimés pour tous les intrants à la fabrication locale de médicaments. Des négociations sont en cours, notamment, pour diminuer aussi le prix du préservatif, qui doit être ramené à moins de 1DH (en France, il coûte 0,50FF). La commission passe actuellement en revue les articles biomédicaux. Un professionnel relève qu'il est anormal que le matériel médical supporte le taux de droit commun qui est de 19%, et suggère un alignement sur celui supporté par le médicament, qui est de 7%. Il souligne du reste que l'exonération est une vue de l'esprit, le processus d'industrialisation nécessitant une protection minimale. Autre question fondamentale: celle de l'homologation du matériel médical, dont la procédure est entamée par le MSP, concernant le matériel IRM, d'anesthésie, de réanimation, de bloc opératoire, et de mobilier médical, et qui sera bientôt étendue aux autres équipements et aux consommables. Une occasion d'assainir le milieu, qui doit se restructurer pour s'adapter aux évolutions internationales, explique M. Harouchi. L'autre avantage, ajoute-t-il, est que la future production locale devra relever sa qualité pour répondre aux normes internationales.

Bouchra LAHBABI

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc