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Médias et pouvoirs publics: Les raisons de la défiance

Par L'Economiste | Edition N°:1478 Le 18/03/2003 | Partager

. Les journées d'études reportées à cause de la guerre. Les aigreurs se sont accumulées. Il faudrait poser de nouvelles règles du jeuA l'instigation du Souverain, le ministère de la Communication devait organiser le 18 et 19 mars deux journées de réflexion sur les médias, l'audiovisuel et la presse. Ces journées ont été reportées à cause des risques de guerre en Irak. Les acteurs actuels et potentiels de ce double secteur sont conviés autour d'un thème: «Médias, Démocratie et Développement: Les enjeux de la réforme«. En fait, il y a deux réformes, celle de l'audiovisuel, qui ne fait que commencer, et celle de la presse qui est passée par les retouches sur le code. Les retouches du code de la presse viennent d'être publiées au Bulletin Officiel et ont fait l'objet de polémiques l'année dernière. Ces polémiques ont été vives au point que le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM), pourtant dominé par l'USFP, s'est démarqué du projet gouvernemental où le principal parti était l'USFP: le Premier ministre de l'époque, Abderrahmane Youssoufi, s'était personnellement engagé sur cette réforme, tout comme il s'était engagé sur la libéralisation de l'audiovisuel. Pour comprendre l'ampleur des polémiques, il faut rappeler que les aménagements ont aggravé les peines encourues par les médias en cas de contravention au code. Politiquement, ces aménagements ont été proposés par le gouvernement au moment où se sont produits de sérieux dérapages, de part et d'autre. C'est ainsi que l'on avait vu s'appliquer des mesures de censure que l'on n'avait plus enregistrées au Maroc depuis une dizaine d'années. En revanche, les modifications du code de la presse n'ont pas concerné les conditions d'exercice, c'est-à-dire les entreprises médiatiques elles-mêmes. Dans ce domaine, les anciennes dispositions imposant la publication des comptes et des tirages n'ont pas été modifiées, mais elles ne sont pas davantage appliquées aujourd'hui qu'elles ne l'ont été depuis une trentaine d'années. De même, les pouvoirs publics ont continué à appliquer d'une manière inégale les autres dispositions, en particulier fiscales et sociales. Certains organes de presse y sont rigoureusement soumis, d'autres y échappent régulièrement au vu et au su de tous. Plus sérieux encore, on a vu ces derniers mois de l'argent public employé pour subvenir aux besoins de certaines entreprises, en dehors des dispositions légales régissant les entreprises du secteur public. Ces pratiques venues des années 60 et 70 ont semé le doute chez les professionnels comme chez les lecteurs et les annonceurs, sur la volonté de l'Etat de développer ou laisser se développer une presse sérieuse. Ces pratiques ont donné à penser que le Maroc allait évoluer vers une sorte «d'algérianisation« de la presse, c'est-à-dire un système où les médias risquaient de devenir des instruments de lutte politique pour des réseaux d'intérêt qui ne voudraient pas apparaître au grand jour, mais se serviraient de leur média respectif pour lutter les uns contre les autres. Cette prise de risques a d'autant plus surpris qu'elle est intervenue au moment où l'Etat souhaitait changer «le concept d'autorité« et mettre fin aux relations anormales entre presse et pouvoir, avec la cession du Matin du Sahara au groupe Benjelloun. Ces actions contradictoires ont sérieusement perturbé la vision du secteur.Le cafouillage stratégique a nourri de profondes défiances que le nouveau ministre, Nabil Benabdallah, doit surmonter pour retisser un cadre plus libéral et plus transparent.Du côté de l'audiovisuel, l'enjeu est le même, avec l'avantage que le texte au coeur de la réforme n'est pas encore arrivé au Parlement. Il est donc encore temps de poser correctement des axes de croissance du secteur. Pour l'instant, néanmoins, le processus se déroule à l'envers. Les textes formant la Haute Autorité de la communication (31 août 2002) et libéralisant le secteur (10 septembre 2002) sont en place, mais pas encore la loi elle-même. En visite au Maroc, où il a donné une conférence publique à l'invitation du Cercle d'amitié franco-marocaine et du Groupement des annonceurs, Dominique Baudis, président de la Haute Autorité française, avait souligné les risques importants qu'il y a «à mettre la charrue avant les boeufs«. Benabdallah avait rassuré en indiquant qu'il n'y aurait pas d'autorisation donnée avant que l'intégralité de l'arsenal juridique ne soit en place. Il n'en reste pas moins qu'un désordre institutionnel caractérise aussi le secteur de l'audiovisuel marocain, lequel a bien du mal à se faire sa place face à la concurrence des chaînes captées par satellite. Le ministère souligne d'ailleurs qu'un «secteur audiovisuel public fort est un préalable à l'ouverture du marché aux opérateurs privés«. Nabil Benabdallah ne fait pas mystère de son engagement: «Les missions imparties au service public audiovisuel constituent une question fondamentalement culturelle et politique, et présentent aujourd'hui un enjeu économique de taille«. L'expérience de 2M montre en effet qu'il ne faut pas jouer avec les conditions d'exercice: la chaîne a perdu quelque 500 millions de DH et a dû être reprise par l'Etat en 1995, du fait du non-assainissement de son environnement. Là encore, les cafouillages stratégiques ont été grands alors qu'à la création de cette chaîne, il était possible de voir se développer d'autres activités. Non seulement, cela n'a pas été le cas, mais le paysage audiovisuel est maintenant dominé par une multitude de chaînes étrangères.N. S.

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