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Europe

Matières premières
Des mesures contre les spéculateurs

Par L'Economiste | Edition N°:3506 Le 12/04/2011 | Partager
Transparence des stocks, régulation des marchés, limites dans les positions
Les faiseurs de marchés dans la ligne de mire
Une proposition pour le prochain G20

«Michel Barnier, le commissaire européen au Marché intérieur, prévoit d’inclure des limites de position dans la révision de la directive MIF qui encadre les instruments de marchés, prévue pour l’été. Mais le dernier mot reviendra au Parlement européen et aux Etats membres de l’UE»

En décembre dernier, les Etats-Unis ont proposé d’introduire des limites permanentes sur plus d’une vingtaine de marchés, dont ceux de l’énergie, des métaux ainsi que des matières premières agricoles. Le Commodity Futures Trading Commission (CFTC), chargé de la régulation, espère faire adopter sa proposition d’ici mi-2011 afin qu’elle puisse entrer en vigueur début 2012.
Les propositions européennes devraient prendre plus de temps et, surtout, elles ne vont pas imposer de limites de positions permanentes. Les ministres des finances des 27 préparent dans ce sens un rapport appelé à devenir la position de l’Union européenne lors du prochain sommet du G20 -présidé par la France cette année- qui se tiendra à Washington le 15 avril.


Bientôt des organes de régulation


Ce document se base sur un rapport remis le 26 janvier par l’Association française des marchés financiers (Amafi), pour réguler les marchés. L’action des fonds spéculatifs et des acteurs financiers y est pointée du doigt comme faisant flamber les prix du blé, du sucre, du cuivre ou du caoutchouc: «Les marchés ne peuvent se développer harmonieusement et servir avec efficacité les agents économiques à la recherche de financements, de placements ou d’instruments de couverture de leurs crédits qu’en étant soumis à certaines règles», indique le rapport. Projet ambitieux car, si le sujet sera à l’ordre du jour du G20, il doit inclure d’autres pays dans les discussions comme le Nigeria acteur important sur le marché du pétrole, ou le Chili pays riche en cuivre.
La régulation va buter en tout premier lieu contre la complexité de la désignation des matières premières. Car si une action de société reste identique partout, il n’en est pas de même des dizaines de sortes de riz ou de maïs.
Compte tenu de l’ampleur du travail, l’UE préconisera de confier au Conseil de stabilité financière la responsabilité de piloter cette mission. Sous son égide il s’agira d’identifier les matières premières essentielles. Celles qui sont «indispensables à la satisfaction d’un besoin humain vital» ou qui «revêtent une importance stratégique pour une économie nationale», explique la feuille de route sur laquelle s’appuiera le G20. Ces denrées alimentaires, ces métaux ou ces produits énergétiques devront faire en priorité l’objet de l’attention des régulateurs.
L’enjeu est ensuite de parvenir à identifier avec clarté l’offre et la demande sur ces marchés, source principale des déséquilibres actuels. Aujourd’hui, un acteur en détenant une importante quantité des stocks peut manipuler les prix et déstabiliser tout un système. De la sorte, Anthony Ward, dit «Chocfinger», qui s’est s’approprié la plus grande partie des stocks européens de cacao pour 1,2 milliard de dollars en juillet 2010, aurait été neutralisé…
L’idée de créer une Chambre d’enregistrement pour connaître les masses critiques détenues par les intervenants des marchés fait son chemin parmi la Commission européenne des Finances. Celle-ci suggère ensuite de donner aux régulateurs des outils pour identifier les abus de marchés et les moyens d’action pour les réprimer. Comme de limiter les prises de positions
Seul bémol: les régulateurs ad hoc n’existent bien souvent pas ou pas encore. Les produits s’échangent dans la plus grande opacité. Aussi « il est nécessaire d’identifier les organes de régulation qui auront l’autorité et la compétence suffisantes», lit-on dans la proposition.
Mais avant d’avoir des implications pratiques, la proposition devra désormais être formalisée par la Commission européenne.
Le commissaire européen au Marché intérieur prévoit d’inclure cette provision dans la révision de la directive «MIF» qui encadre les instruments de marchés, prévue pour l’été. Parmi les points qui font débat, figure notamment la possibilité de confier de tels pouvoirs à l’Esma, le nouveau superviseur européen des marchés.
La France y est largement favorable mais plusieurs Etats, dont la Grande-Bretagne, qui héberge le marché de dérivés le plus important du continent, sont plus hésitants.
Londres préférerait laisser aux plateformes d’échanges la capacité de contrôler les pratiques abusives.

Karim Serraj

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