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    Matériel agricole: La sécheresse et le manque de crédits provoquent le marasme des ventes

    Par L'Economiste | Edition N°:45 Le 17/09/1992 | Partager

    La rentrée agricole, notamment pour les sociétés d'équipement agricole, commence sur une note désagréable de conjoncture. Le premier accusé est évidemment la sécheresse, responsable de l'effondrement des récoltes, que l'on a commencé à sentir sur le plan économique à partir des mois de Juin-Juillet.

    "Le secteur du matériel agricole se porte très mal. Il s'agit d'une année particulièrement mauvaise. Et même ceux qui m'ont précédé dans le domaine affirment n'avoir pas connu une situation identique depuis une vingtaine d'années", déclare M. Zouhir Imad, Directeur Commercial de la société MagiDeutz et Secrétaire Général de l'Association Marocaine des Importateurs de Matériel Agricole (AMIMA).

    50 % de chute

    Ainsi, en 1991, le marché des tracteurs vendus s'évaluait à environ 3.600 unités, et "cette année, si nous arrivons à atteindre 1.600 tracteurs, ce sera déjà quelque chose de gagné", ajoute-t-il. De Janvier à Août 1992, toutes les sociétés d'importation de matériel agricole ont vendu environ 720 tracteurs contre 1.500 l'année précédente, et ce, à la même époque. Une chute qui dépasse aisément les 50%. A titre d'exemple, la société Auto Hall a totalisé une vente de 211 tracteurs fin Août 1992 contre 816 en 1991.

    "Les quantités de ventes sont loin de représenter les besoins réels du pays. Depuis environ une dizaine d'années, la moyenne annuelle est de 2.500 tracteurs, alors que les besoins annuels du pays devraient être facilement de 5. 000 à 8.000 tracteurs", estime un importateur. S'agissant des moissonneuses-batteuses, le total vendu à fin Août 1992 s'élève à environ 15, contre 200 à la même période l'an passé.

    Outre les conditions climatiques, les professionnels soulèvent le problème "du manque de liquidités sur le marché". Le problème numéro un, comme ils aiment à le préciser, est celui du financement de l'agriculteur qui n'a pratiquement pour seule source que la CNCA. Celle-ci ne finance qu'environ 40% des achats de matériel. "Les autres banques ne veulent pas entendre parler de l'agriculteur, considéré comme un client à gros risques", expliquent les professionnels. De plus, pour assurer ses créances et se prémunir contre tout risque éventuel, la CNCA exige un grand nombre de garanties. Les professionnels n'hésitent pas à les qualifier de handicap sérieux. "Cela sans oublier, ajoute un importateur, le formalisme et la lenteur au niveau de l'instruction des dossiers de prêts". De plus, face à la situation des récoltes qui représentent près du tiers de celles de l'année précédente, la CNCA a, à partir du mois de Juillet, effectué des reports d'échéances et bloqué un grand nombre de demandes de crédit.

    "Cet établissement n'a commencé à traiter et instruire les dossiers que depuis quelques semaines", indique un professionnel. Ainsi, les importateurs d'équipement agricole se retrouvent actuellement en cette période de vente de matériel (c'est-à-dire à partir du mois de Septembre) avec des stocks qu'ils n'arrivent pas à écouler. Au Maroc, le matériel agricole (tracteurs, moissonneuses-batteuses, faucheuses, presses à paille. . .) est pour 90% des cas importé. Le matériel de traitement, pulvérisateurs pour insecticides, atomisateurs est, lui aussi, importé. Le montage concerne les accessoires, dits matériel d'accompagnement, tels que les semoirs, les charrues, les fraises rotatives, les cultivateurs... Le matériel lourd, à savoir les tracteurs et les moissonneuses-batteuses, est exonéré de droits de douane. Les pays d'importation sont généralement l'Allemagne, l'Espagne, la Grande Bretagne, les Etats-Unis, l'Italie... Particulièrement au niveau des tracteurs, la société Auto Hall commercialise environ une vingtaine de modèles dont les prix varient entre 70 et 490.000DH. La société est le représentant exclusif, depuis 1920,de la marque Ford. "Cheval de bataille" de la société, selon l'expression des dirigeants, le tracteur représente environ 70 à 80% du matériel agricole de la société. Celle-ci détient environ 25% du marché a "sur sept marques présentes dans le secteur", précisent les responsables.

    De son côté, MagiDeutz, filiale de la maison-mère allemande KHD, est principalement orientée vers la commercialisation des moissonneuses-batteuses, notamment la marque "FAHR", dont le prix moyen est de 740.000DH. La société commercialise également des tracteurs "Deutz", avec une quinzaine de modèles. Les prix, considérés comme les plus chers sur le marché, varient entre 160 et 460.000DH.

    Les régions clientes sont notamment le Gharb, le Haouz, le Souss...II s'agit principalement des Domaines Royaux, les moyennes et grandes exploitations et les petits fellahs. Pour Auto Hall, par exemple, 50% des clients sont des petites propriétés, 25% des agriculteurs moyens, 15% des grandes propriétés et le reste est composé de l'Administration.

    Les ventes peuvent être directes aux fellahs ou par le biais de revendeurs ou de concessionnaires implantés à travers le Maroc. Par ailleurs, au niveau du renouvellement du parc, "contrairement à son homologue européen", le fellah marocain amortit son matériel sur une période de cinq ans. "L'équipement est utilisé, dans la plupart des cas, jusqu'au bout", ajoute un professionnel. De plus, parallèlement au problème de vieillissement du parc, on assiste de plus en plus à l'importation "intensive" de matériel agricole d'occasion. "Depuis la libéralisation de l'importation du matériel d'occasion, nous rencontrons le même problème que celui de l'automobile importée d'occasion, à savoir la garantie et le service après-vente". Certains agriculteurs importent des marques qui n'existent pas "du tout" sur le marché marocain. Ceci entraîne automatiquement une indisponibilité des pièces de rechange et un arrêt total des machines.

    Meriem OUDGHIRI

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