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Economie

Maroc/Turquie
Un ALE qui n’accroche pas encore

Par L'Economiste | Edition N°:3413 Le 29/11/2010 | Partager

. Faiblesse des relations commerciales et des investissements . En cause, l’absence d’une offre exportable et similarité des économies . Rencontre à Casablanca pour explorer encore les pistes de partenariat Les opérateurs turcs reviennent à la charge. Après le Forum de Casablanca en novembre de l’année dernière, sous la coordination de la puissante confédération patronale turque, Tuskon (cf.www.leconomiste.com), une nouvelle rencontre démarre aujourd’hui. Ainsi, une forte délégation d’hommes d’affaires effectue un déplacement au Maroc avec pour objectif affiché de «développer les partenariats entre les deux pays». Cette délégation, forte de 60 opérateurs, est constituée de fabricants, exportateurs et investisseurs dans différents domaines. Mais selon une source proche de l’ambassade de Turquie à Rabat, les secteurs ciblés par les opérateurs turcs sont la sidérurgie, les matériaux de construction, l’agroalimentaire et l’industrie d’ameublement. Au demeurant, ce sont les activités où les investissements directs turcs ont été réalisés jusqu’à présent. «Au total, quelque 200 millions de dollars auraient été injectés», révèle la même source. Du côté marocain, le chiffre n’a pas été confirmé. Toutefois, tout porte à croire que la concrétisation de partenariats sera au rendez-vous», est-il indiqué auprès du département du Commerce extérieur.

Très active dans le BTP
Des signaux forts sont d’ores et déjà présents à travers la participation active des entreprises turques aux appels d’offres internationaux lancés au Maroc, où plusieurs holdings sont actives notamment dans le BTP. Sans oublier le grand marché du pipeline phosphatier récemment décroché par Tekfen (cf. www.leconomiste.com). De plus, le statut de la Turquie en tant que candidate à l’Union européenne devrait accélérer sa convergence économique, par le biais de l’émergence de nouvelles spécialisations industrielles. D’où l’intérêt des opérateurs marocains à participer massivement au Forum Maroc-Turquie qui se déroule aujourd’hui à Casablanca. Pas moins d’une centaine d’entreprises marocaines y participent. Elles relèvent pour l’essentiel des secteurs de l’automobile, de l’agroalimentaire, de l’électricité, des matériaux de construction et de la chimie et parachimie. Au-delà de cet aspect qui demeure au centre des préoccupations des pouvoirs publics, quelle appréciation peut-on faire de l’accord de libre-échange liant les deux pays? Entré en vigueur en 2006, cet accord prévoit un traitement asymétrique en faveur du Maroc. Les produits industriels marocains bénéficient de l’exonération totale de droits de douane alors ceux de la Turquie sont soumis à un démantèlement progressif de 10% sur 10 ans. Seulement, ce traitement favorable ne semble pas avoir bénéficié au Maroc. Une tendance démontrée par les chiffres. Ainsi, selon l’Office des changes, les échanges commerciaux du Maroc avec la Turquie ont atteint près de 7,2 milliards de DH en 2009 contre 4,3 milliards en 2006. Ces échanges englobent bien évidemment les transactions réalisées dans le cadre et hors accord de libre-échange. Ils se sont établis à 6 milliards de DH sur les 8 premiers mois de l’année en cours au lieu de 4,4 milliards à la même période de 2009, soit une augmentation de 35%. Mais cette évolution fait apparaître un déficit commercial au détriment du Maroc de l’ordre de 4,3 milliards de DH en 2009 et de 6 milliards en 2008. Car, durant l’exercice précédent, la valeur des importations s’est élevée à 5,7 milliards de DH contre 1,4 milliard pour les exportations. Or, les réalisations dans le cadre de l’accord ne cessent d’augmenter au fur et à mesure de la progression du démantèlement tarifaire. De 66,7% en 2007, les importations réalisées dans ce cadre ont représenté 68,5% des acquisitions globales à partir de la Turquie. Deux groupes de produits prédominent à raison de 60% des importations: produits métallurgiques, fer et acier. Le reste est constitué des produits textiles, de l’électroménager et des véhicules industriels. Mais dans tous les cas, il s’agit de produits finis et à forte valeur ajoutée. Quant aux exportations, elles demeurent dominées par les produits bruts d’origine minérale (phosphate et acide phosphorique) et les véhicules industriels. «En ce qui concerne la structure du commerce, celle-ci fait apparaître l’existence d’échanges croisés qui relèvent des mêmes secteurs d’activité», indique une étude de la direction des études et des prévisions financières (DEPF). Constat qui atteste d’une similarité au niveau du profil de spécialisation des deux économies. Avec cette nuance, les avancées réalisées par l’industrie turque qui se caractérise par une intégration filière assez poussée. Et le cas du textile est éloquent à cet égard. «En effet, en tant que pays producteur de coton, la Turquie a une production intégrée et diversifiée dans tous les sous-secteurs de l’industrie textile. Elle produit et exporte tous les types de file, de tissu, d’habillement, de textiles de ménage et d’autres produits prêts à l’utilisation», note l’étude de la DEPF. Selon les calculs effectués par cette entité, l’indice de similarité entre le Maroc et la Turquie sur les marchés de l’Union européenne est très élevé (plus de 80% en moyenne sur la période 1990-2006). La forte similarité des économies marocaine et turque est elle-même le reflet de la similitude de leurs avantages comparatifs, notamment pour ce qui est des productions qui recourent à une main-d’œuvre abondante (textile, cuir et agroalimentaire).Quoi qu’il en soit, le tissu productif national a tout intérêt à mettre à profit la phase transitoire de l’accord pour mieux se préparer au défi du libre-échange. Car la dynamique concurrentielle des entreprises turques ne peut être qu’un stimulant pour accélérer la modernisation compétitive de l’économie nationale. A commencer par le développement de l’offre exportable.

Traitement asymétrique

En vertu de l’accord Maroc-Turquie, une zone de libre-échange industrielle entre les deux pays sera instaurée progressivement sur une période transitoire maximum de 10 ans à compter de la date d’entrée en vigueur de l’accord avec un traitement asymétrique en faveur du Maroc.En effet, les produits industriels d’origine marocaine bénéficieront de l’exonération totale dès l’entrée en vigueur de l’accord. Pour les produits industriels d’origine turque, les droits de douane et taxes d’effet équivalent seront éliminés progressivement sur une période de 10 ans. Une première liste devant bénéficier d’un démantèlement à raison de 10%/an concerne les produits textiles et cuir, automobiles, tracteurs, accessoires, matières plastiques, produits pharmaceutiques, machines et appareils électriques, produits chimiques et ceux de la sidérurgie. Une deuxième liste prévoit un démantèlement sur 10 ans à raison de 3% par an à partir de la date d’entrée en vigueur de l’accord et de 15% à partir de la 4e année. L’accord prévoit aussi un démantèlement en faveur des produits usagers (pneumatiques, tracteurs et friperie). S’agissant des produits agricoles et compte tenu de la sensibilité de ce secteur, les deux pays ont convenu de procéder à un échange de concessions pour des produits limités. Elles portent surtout sur les droits de douane.


Protection douanière

S’agissant des systèmes de protection douanière des deux pays, leur comparaison démontre que le Maroc a globalement réduit ses droits de douane sur les matières premières et les demi-produits au profit d’une protection des produits finis. Paradoxalement, la Turquie protège davantage les matières premières. De plus, Ankara a mis en place un système d’aide et de subventions des exportations. En effet, en plus de la compétitivité énergétique, l’industrie manufacturière turque bénéficie de réductions fiscales, de remboursements de la TVA et de baisse des taux d’intérêt. A. G.

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