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Politique Internationale

Maroc X-Adventure: Le réel éblouissement des sens

Par L'Economiste | Edition N°:623 Le 25/10/1999 | Partager


· Après Discovery Challenge, le Maroc a accueilli un seconde raid dans les montagnes
· Les organisateurs veulent promouvoir les randonnées de sport nature


Vendredi 15 octobre: 6h du matin à Marrakech. Il fait encore nuit. 280 concurrents (70 équipes de 4 personnes) venus de 14 pays s'apprêtent à démarrer une course effrénée à travers les montagnes du Haut-Atlas.
Au menu de leur Raid Aventure, figurent le VTT, la course à pied et les rollers. Au début, d'autres activités étaient prévues (notamment l'escalade et le rafting), mais des intempéries ont obligé les organisateurs à modifier le programme.
D'un même élan, ils s'élancent, déterminés et volontaires sur la route. La course est organisée en cinq étapes étalées sur deux journées et demie. Première étape, 90 kilomètres sans arrêt entre Marrakech et Tassa Ouirgane sur des routes escarpées et des pistes caillouteuses. En milieu de matinée, les premières équipes arrivent à destination, épuisées. Un air de bien-être et de joie transparaît sur leur visage, marqué par l'effort. Et la journée n'est pas encore finie. Il reste à parcourir à pied quelque 40 autres kilomètres avant d'arriver au bivouac installé à Asni. Munis de leurs «road-books» et de leurs boussoles, les concurrents s'en vont de nouveau à travers les montagnes, toujours par équipes de quatre. Seul, l'effort physique ne suffit pas. Les compétiteurs doivent aussi s'orienter. Des erreurs de parcours pourraient leur occasionner une perte de temps précieux. Les équipes arrivent enfin, les unes après les autres, au bivouac, où organisateurs, accompagnateurs, équipes de secours et journalistes sont là pour les accueillir. Rien n'a été laissé au hasard. Toutes les précautions en matière de sécurité ont été prises. Un hélicoptère a même été mobilisé pour l'occasion. C'est sous une température de près de 10° que les sportifs, intrépides et faisant preuve d'un courage stupéfiant, s'aspergent d'eau fraîche avec des tuyaux. Le dîner est servi à 19h, sous les tentes. Très tôt dans la soirée, les premières équipes se dirigent vers leurs tentes pour une nuit de repos bien méritée. Le réveil est prévu le lendemain à 4h du matin.
Samedi 5h: Les concurrents prennent le départ par ordre de classement. Ils commencent la journée par une étape en VTT très technique avec portage et traversent oueds et rivières entre Asni et Imsker. Les concurrents passent par le col de Tizi-n-Eddi à 2.928 m d'altitude, avant de traverser la station de ski de l'Oukaïmeden.
La journée se termine par 23 km de VTT, particulièrement ardus comprenant 700 m de dénivelés, suivis de descentes impressionnantes. Epuisée, une concurrente espagnole chute dans un ravin. L'accident s'avère heureusement sans grande gravité, puisque la jeune femme s'en sort avec un poignet cassé.
L'équipe française «Autoloc-Sunn-Six Fours» n°13 en tête depuis le départ, préserve sa place tout au long du périple. Leila Benchekroun, une concurrente marocaine de l'équipe «les Zitounes» avoue que c'est très dur, beaucoup plus dur que ce qu'elle s'était imaginée. Elle affirme cependant que l'expérience en vaut la chandelle et que si l'occasion se représentait, elle n'hésiterait pas à relever encore le défi, mais cette fois en étant beaucoup mieux préparée. Après une nouvelle nuit passée au bivouac installé cette fois-ci à Sidi Faress, magnifique petit village berbère au sommet d'une montagne, les concurrents reprennent la course dimanche matin pour une descente à VTT en direction de Marrakech. La compétition se clôture en fin de matinée dans la ville rouge, par une boucle en rollers autour de la médina et dans les jardins de la Ménara. Mme Isabelle Bennani, directeur général de Dynamic Tours, agence marocaine spécialisée en randonnées de montagne et coorganisatrice de la manifestation, affirme être satisfaite du déroulement de l'opération. Son objectif consiste maintenant à organiser des raids marocains du même type afin de permettre à un public plus large d'y participer.
M. Alain Gaimard, directeur de Saga Adventures et du Raid Gauloises, pionnier français dans les raids aventure, se déclare tout aussi satisfait. Son seul regret: avoir eu à modifier quelques étapes du parcours en raison des intempéries. Les concurrents des trois équipes gagnantes sont pour leur part fous de joie. Ils ont gagné une inscription gratuite au «Raid Gauloises 2000».


La manifestation a coûté 3,6 millions de DH


Le coût de revient net s'est élevé à quelque 2,26 millions de Francs, soit 3,6 millions de DH environ. Les frais liés au recrutement et à la signalétique se sont situés à 390.000 Francs. Ceux de l'organisation de la course, encadrement, suivi, sécurité, matériel du réseau radio, équipe médicale, hélicoptère ont nécessité 600.000 FF. Le transport des concurrents s'est élevé à 770.000 Francs. La logistique hors course (hébergement, bivouac, repas à l'arrivée, repas d'hébergement à Marrakech et transfert aéroport) a coûté 200.000 Francs. Selon Mme Bennani, les honoraires des deux organisateurs Saga d'Aventures et Dynamic Tours devaient se situer à 300.000 Francs.
Pour ce qui est des sources de financement, 1,5 million de Francs ont été apportés par des sponsors français (Raid Gauloises, Salomon et SFR) et quelque 400.000 Francs par les recettes des équipes internationales. Seuls 120.000 Francs ont été financés au niveau du Maroc. Les sponsors marocains (ONMT, Sidi Ali, la Société Générale et le Temps du Maroc) ont fourni 100.000 Francs et les 4 équipes marocaines une somme de 20.000 Francs. Par rapport au montant total, plus de 50% ont été dépensés au Maroc.


Retombées touristiques


Cet événement a connu une couverture médiatique jugée exceptionnelle.
Le sport nature et l'écotourisme sont des activités en plein développement. D'après Isabelle Bennani, directeur général et administrateur de Dynamic Tours, pas moins de six chaînes de télévision étrangères ont couvert l'événement (française, espagnole, suédoise, japonaise...). Sans compter une société de production qui a vendu ses images à quelque 14 chaînes de télévision françaises, pour les besoins de documentaires, émissions sportives, journaux télévisés... Les retombées médiatiques seront également intéressantes au niveau de la presse écrite (quotidiens, magazines et revues spécialisées étrangères). «En retombée touristique immédiate, il est difficile de donner des indications chiffrées et précises, cependant les retombées directes sont induites en termes d'images. L'image que l'événement véhicule est celle d'un milieu montagnard partiellement connu, à forte authenticité culturelle, sur une montagne habitée et hospitalière, avec une grande diversité géographique et climatique».

Nadia BELKHAYAT

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