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Maroc-Union Européenne : Les négociations agricoles et financières seront chaudes

Par L'Economiste | Edition N°:109 Le 23/12/1993 | Partager

Réserve, insatisfaction... tels sont les mots qui reviennent le plus souvent dans les commentaires marocains sur les propositions de l'Union Européenne pour le renouvellement de l'accord.

Les négociations, après la fixation du mandat par le Conseil de l'UE le lundi 6 décembre 1993, ont été lancées lors de la visite de M. Marin, vice-président de la Commission européenne et plus spécialement chargé des pays tiers méditerranéens.

Contacts rugueux

Au cours de cette rapide visite, les 16 et 17 décembre 1993, les contacts ont été "un peu rugueux". Cela a tenu au fait que la partie marocaine était "déçue" du mandat, mais aussi au fait que M. Marin est d'un naturel ombrageux. Sa réputation est solidement établie dans l'administration de la Communauté. Durant les deux jours de visite à Rabat, l'on s'était donc appliqué à ne pas donner matière d'exercice à ce trait de caractère. "C'est le vice-président de la Commission et il a été reconduit dans son mandat", rappellent les diplomates marocains pour éviter que la presse ne prenne à la lettre les "sorties" du Commissaire, risquant par là d'envenimer le début des négociations.

En dépit des attitudes apaisantes, les commentaires tournent tous autour de la déception.
Tout au long de la préparation du mandat et notamment des conversations exploratoires, les ambitions affichées allaient du "nouveau partenariat" à "zone de libre échange". Ces objectifs étaient venus, après le refus du Parlement européen de voter les aides aux Maroc, se substituer à l'idée de Politique Méditerranéenne Rénovée (PMR) de la fin des années 80.

Or, le mandat donné par le Conseil de l'Union européenne se rapproche davantage de la PMR que des objectifs mis en avant par la suite, estiment les observateurs marocains. Auprès de Bruxelles, on admet que les propositions ne sont "pas à la hauteur des ambitions". Cependant, il est fait remarquer que d'une part "les accords peuvent être révisés tous les 5 ans" et que d'autre part ils "correspondent aux accords signés par l'Union avec les partenaires de l'Est". Ces accords sont présentés comme les plus avancés dans le domaine du commerce et de la coopération politico-économique. De son côté, l'ambassadeur Marc Piérini, chef de la délégation de la Commission à Rabat, a souligné devant le Congrès de l'IDEF fin novembre, puis lors d'un séminaire à Wafabank, le 15 décembre 1993, que la nouvelle génération d'accords couvre les pays cibles du sud de la Méditerranée. Il pourrait selon lui en naître une "globalisation de la libéralisation réciproque à l'échelle de la Méditerranée".

Sous une forme très proche, M. Marin a repris cette idée en conférence de presse, regrettant que "les Marocains n'aient rien compris".
De leur côté, les différents départements ministériels impliqués dans les relations avec l'Union Européenne indiquent que le "pilier politique ne pose pas de problème" et se félicitent du "projet d'institutionnaliser le dialogue". Mais ils redoutent qu'il s'agisse de "voeux pieux", compte tenu du contenu des autres volets. En matière commerciale, qui inclut le problème agricole, il est noté le "grand décalage" entre la situation actuelle des produits industriels marocains et les propositions pour le prochain traitement des produits agricoles.

Statu quo agricole

Le régime des quotas est maintenu sur les produits agricoles sensibles. Les élévations de plafond hors droits paraissent insuffisantes aux observateurs, lesquels "regrettent le principe même" des contingents. En outre, ils s'inquiètent des conséquences des mécanismes régulateurs, tout en notant la promesse d'ajustement. Selon toute apparence, les propositions de mandat, faites par la Commission au Conseil, qui avaient déjà provoqué la déception de Rabat, ont été revues à la baisse par le Conseil. Côté européen, ces révisions sont expliquées par la situation politique intérieure, les pressions des producteurs du Sud européen et enfin les incertitudes qui planaient sur le GATT et la PAC au moment de l'élaboration du mandat.

A Rabat, bonne note a été prise de ce dernier point: on "se promet d'étudier la dernière version des accords du GATT pour les confronter aux propositions agricoles".
En matière industrielle, la zone de libre échange "est passée par pertes et profits".
Dans le domaine des aides financières, l'Union Européenne met en valeur le montant de l'aide communautaire accordée au Maroc au cours de la présente année: près d'un milliard de DH en divers programmes, dont des programmes de partenariat d'entreprises qui rencontrent un grand succès au Maroc.

Ce succès est enregistré "avec satisfaction" à Rabat, mais les experts marocains indiquent que "pour l'avenir, il n'y a pas d'engagement financier précis". Cette observation est confirmée de source communautaire à Bruxelles.

Laïla TRIKI & Nadia SALAH

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