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Maroc-UE: “L'élargissement de l'Europe n'est pas une menace”
Entretien avec Christian Leffler(1), représentant de la Commission européenne

Par L'Economiste | Edition N°:1630 Le 24/10/2003 | Partager

. Coopération industrielle, normalisation des procédures, marché intérieur… des préalables à la mise en place du statut avancé. “Le Maroc a lancé un signal fort en réformant son code de la famille” . L'Economiste: Vous avez tenu une réunion avec les responsables marocains dans le cadre du comité d'association. Un premier bilan? - Christian Leffler: Je pense que c'était une réunion très fructueuse, qui montre aussi bien la solidité que l'ambition du partenariat entre l'Europe et le Maroc. Nous avons pu enregistrer des avancées concrètes dans plusieurs domaines. Il y a eu un accord pour le renforcement et le développement du dialogue politique sur des questions stratégiques, que ce soit sur le plan national, régional ou international. Nous nous sommes aussi mis d'accord sur l'échéance des premières réunions effectives qui auront lieu vers la fin du mois de décembre 2003. Pour cela, nous avons déjà créé des sous-comités ad hoc dont l'objectif est de structurer le travail dans de nombreux domaines. Lors de notre dernière réunion, nous avons convenu de créer un nouveau sous-comité pour les questions de gouvernance, démocratie et droits de l'homme. Cela est une preuve de confiance et de l'engagement des deux côtés pour montrer que cela aussi est un domaine où l'on peut travailler ensemble pour identifier des projets concrets et aboutir à une meilleure compréhension et un bon fonctionnement de nos structures. . Qu'en est-il des accords des négociations réalisés?- Nous avons trouvé un accord de négociations sur la libéralisation des échanges dans le domaine des services qui sera bientôt lancé. A cet effet, nous avons exploré la possibilité d'un accord sur la mise en oeuvre des dispositions de l'accord d'association dans le domaine de la concurrence et de la surveillance de celle-ci. Sur ce plan, le programme de travail pour les sous-comités est déjà établi pour l'année prochaine. Ceux-ci se pencheront sur des questions de coopération industrielle, normalisation des procédures, marché intérieur, commerce… A cela s'ajoutent des questions de justice comme la lutte contre le crime organisé ou encore des questions d'ordre social comme l'immigration. Et ces réunions vont nous permettre de progresser vers ce que le Roi du Maroc et les autorités marocaines appellent le statut avancé et c'est ce que nous voulons inscrire dans le contexte de l'initiative de la nouvelle politique de voisinage de l'Europe élargie, notamment vers une association plus étroite entre le Maroc et l'UE.. Concrètement, quelle lecture fait l'UE de cette question de statut avancé et de nouveau voisinage?- Nous estimons qu'il faut valoriser l'élargissement de l'Union, qui passera de 15 à 25 membres. L'Europe veut démontrer à ses pays voisins qui n'ont pas actuellement une perspective d'adhésion qu'il y a là une occasion à saisir et pas une menace à la coopération. Donc, pour nous, valoriser l'élargissement consiste à améliorer les capacités de cette Europe élargie vis-à-vis de ses voisins. Le président de la Commission a parlé du cercle des pays amis. Cela se traduira par une offre de coopération, d'approximation et d'intégration dans les structures de coopération européenne. Au coeur de cette offre, il y aura le marché intérieur avec ses quatre libertés: liberté de mouvement des biens, des services, des capitaux et des personnes. L'Europe élargie est un projet très ambitieux dès qu'il s'agit de liberté de mouvement des personnes. . Cela pourrait concerner notre pays?- La liberté de mouvement des personnes ne peut pas se réaliser du jour au lendemain. C'est un chantier qui s'ouvre et qui s'étalera sur une période indéterminée. Les pays qui seront maintenant des nouveaux Etats membres de l'Union leur a fallu près de 8 ans pour s'adapter. L'offre de l'Europe est une offre d'intégration complète pour ceux qui le veulent et qui ont la capacité de le faire. Les chantiers de réforme concernent le marché intérieur avec ses quatre libertés, la coopération sectorielle et technique, que ce soit au niveau du transport, de l'environnement, de la recherche, et bien évidemment, ceux-ci doivent être accompagnés par un renforcement des structures de l'administration et de la gestion publique et aussi un renforcement des structures politiques. Car la coopération européenne, l'Union, son marché intérieur, tout ceci s'est construit sur des bases d'intérêt et de valeurs communes. Si maintenant nous voulons offrir la possibilité d'étendre cette coopération, il faut qu'elle repose sur ces mêmes bases, ces mêmes valeurs fondamentales.. Comment comptez-vous appuyer les efforts entrepris dans ce sens?- Nous allons travailler avec nos partenaires, chaque pays selon ses capacités et sa volonté politique pour développer au maximum ce projet de statut avancé. Dans ce contexte, je salue au passage l'initiative audacieuse du Souverain marocain qui a annoncé, lors de l'ouverture du Parlement, la réforme de la législation sur la famille.. Quelle est justement votre appréciation sur cette réforme?- C'est une réforme importante et audacieuse. L'UE a compris tout l'enjeu politique économique et culture qui a fait aboutir cette réforme. Mais je pense que c'est un défi que la société marocaine a lancé et un signal fort pour ces voisins du pourtour méditerranéen, voire du monde arabe, pour montrer qu'il n'y a pas d'opposition entre les valeurs culturelles, la tradition et la foi d'une part, et la modernité, l'encadrement et la sécurité juridique, d'autre part. Cela devrait contribuer à plus de stabilité sociale de la société marocaine. Nous sommes tout à fait prêts pour travailler avec les autorités marocaines afin de faciliter, si besoin il y a, la mise en oeuvre de ces réformes. Je l'ai d'ailleurs exprimé dans le comité d'association. . Comment?- Je précise tout d'abord que l'Europe ne veut pas s'immiscer dans une affaire qui est une affaire marocaine. En revanche, nous accueillons une initiative très ambitieuse et comme partenaire, nous voulons être là pour montrer que nous sommes prêts à travailler sans préalable dans ce domaine. . C'est pour quand la prochaine réunion du comité d'association?- Le comité d'association se réunira une fois par an. La prochaine réunion est prévue pour l'automne prochain. En attendant, les sous-comités qui en découlent devront se réunir pour livrer des propositions et entreprendre des actions. Une recommandation qu'on ait formulée et qu'à nos autorités politiques de prendre la décision consiste à ce que la réunion du prochain conseil d'association, auquel prendra part les ministres des Affaires étrangères des deux parties, devrait se tenir dans le premier trimestre de 2004. Ce serait la bonne échéance pour consolider le partenariat.


Et le programme Meda

Lors de la réunion du comité d'association, les responsables marocains et leurs homologues européens ont exprimé leur satisfaction sur l'amélioration du fonctionnement du programme Meda l'année passée où une accélération de la mise en oeuvre et du déboursement des enveloppes engagées a été enregistrée. Pour Christian Leffler, le programme Meda a atteint sa vitesse de croisière dans la coopération financière. Selon lui, l'objectif auquel les négociateurs se sont mis d'accord consiste à renforcer l'articulation entre la coopération financière et les ambitions de réforme engagées par le Maroc. L'objectif est de faire en sorte que les interventions financières puissent appuyer au maximum les ambitions politiques, explique le responsable européen. «Nous avons esquissé un peu les priorités pour les prochaines années sans entrer dans les détails des enveloppes financières, étant donné que ceci dépend encore d'un débat interne à l'Union européenne», souligne Leffler.Propos recueillis par Nabil BOUBRAHIMI(1) Il est directeur chargé du Moyen-Orient et de la Méditerranée du sud au sein de la Direction Générale des Relations extérieures

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