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Economie

Maroc-Turquie
Le modèle Erdogan est-il duplicable?

Par L'Economiste | Edition N°:1990 Le 31/03/2005 | Partager

. «Le rôle d’un homme politique est de faire le bonheur de ses citoyens». Un homme par qui l’image de la Turquie va changer. Un programme chargéC’est la première fois qu’un Premier ministre Turc effectue une visite officielle au Maroc, souligne l’ambassade de Turquie. Dans l’imaginaire marocain, la Turquie évoquait jusqu’il y a peu les vacances, le soleil et le chich-kebab. Recep Erdogan sera donc l’homme par qui cette image changera puisqu’il est le premier chef de gouvernement à fouler officiellement le Maroc après son passage en Tunisie. L’accord de libre-échange Maroc-Turquie est certes stratégique pour les deux pays. Mais le rapprochement politique est ce que les observateurs retiennent le plus.Au-delà des comparaisons, qu’il faut prendre avec beaucoup de précautions puisque les contextes historiques sont très différents, le modèle Turc séduit les Marocains. Comment un PJD (APK) turc mène-t-il avec autant de brio le pays, l’a mis sur le devant de la scène internationale, et devient un partenaire avec qui il faut compter? L’Union européenne est contrainte, bon gré mal gré (voir L’Economiste du mercredi 30 mars) de mettre la Turquie sur son programme. Depuis les années 80, le pays est devenu, grâce à une politique d’exportation soutenue, un puissant de l’export, essentiellement vers les marchés européens. Certes, beaucoup diront qu’il y a là du dumping à force de soutenir par des subventions les exportations. Certes, leur inflation est démesurée, et certes le chômage n’y a pas beaucoup régressé. Mais sur le plan géostratégique, le pays d’Atatürk, qui a une vieille culture de la laïcité, revient par la grande porte sur la scène internationale. L’intervention américaine en Irak affaiblit le pays et le pousse peut-être à être le meilleur élève possible pour l’UE et à venir de ce côté-ci de la Méditerranée. L’enjeu pour le Maroc est économique. Mais notre PJD rêve d’avoir un Erdogan au prochain gouvernement qui sortira des urnes de 2007. Tant mieux si l’on va jusqu’au bout de la comparaison et l’on considère la Turquie comme jouant le vrai jeu de la démocratie. Voilà qu’aujourd’hui, l’on veut jouer avec l’image «islamiste» d’une Turquie selon les intérêts européens ou Pjdistes. Mais dans le fond, les classes politiques turques et marocaines sont incomparables. De ce côté-là de la Méditerranée, il n’y a pas (encore) dans la classe politique des leaders de la trempe d’Erdogan ou d’autres leaders dans une Turquie où la démocratie a 90 ans d’âge pour reprendre les termes d’un observateur.Qui, comme Erdogan, a dit au Maroc que «le rôle d’un homme politique est de faire le bonheur de ses citoyens»? (lors de l’ouverture des travaux de la World Association of Newspapers, mai 2004 Istanbul).


Un programme chargé

A son arrivée, hier vers 11h30, le chef du gouvernement turc devait s’entretenir en tête-à-tête avec le Premier ministre Driss Jettou avant d’assister à une réunion élargie avec les délégations marocaines et turques.Hier après-midi, les Premiers ministres devaient signer plusieurs accords de coopération bilatérale. L’un porte sur le domaine de la santé. Un autre accord de coopération porte sur la quarantaine végétale et la protection des végétaux. Au programme également un accord sanitaire et vétérinaire et un accord de coopération technique et scientifique dans le domaine des infrastructures des routes et autoroutes. Les Turcs ont par ailleurs une renommée mondiale quant à leur expertise en infrastructures à des prix très compétitifs. Erdogan a également prévu de rencontrer Abdelouahed Radi, le président de la Chambre des Représentants. SM le Roi devrait par ailleurs accorder à Recep Erdogan une audience royale avant que ce dernier ne soit convié au dîner offert en son honneur par Driss Jettou.Aujourd’hui jeudi, une délégation d’hommes d’affaires turcs rencontrera le patronat marocain à Casablanca.


2,3 fois le Maroc

Ce sera facile à retenir, la Turquie est 2,3 fois plus peuplée que le Maroc et le revenu par tête y est 2,3 fois plus élevé.C’est un pays où les disparités sociales sont au moins aussi fortes qu’au Maroc, ce qui fait dire aux opposants de sont entrée en Europe, que c’est un pays avec deux visages; ce qui signifie que le visage pauvre est inacceptable.Le pays est beaucoup plus endetté que le Maroc: 99% du PIB turc contre 72% du PIB marocain, ce qui entraîne que le rating financier turc est à B, tandis que celui du Maroc est un rang meilleur, à A4. La gestion des finances publiques turques est «fofolle», avec un déficit du Trésor qui caracole au-delà de 10% du PIB (13% en 2003!), ce qui ferait mourir de saisissement tous les observateurs marocains, inquiets dès que le 3% est franchi… ce qui est le cas actuellement avec un trou qui avoisine les 4,5%.L’inflation turque est à la mesure des folies budgétaires: au-delà de 20% régulièrement, et on dit que «cela va beaucoup mieux qu’il y a quelques années»! Au Maroc, tout le monde se fâche quand elle flirte avec les 2%.La Turquie a été pendant quarante ans, l’aile orientale de l’OTAN et la barrière contre l’expansion soviétique vers le Moyen-Orient. Pour ce faire, un tiers de son budget allait vers son armée, qui est la plus puissante de la région (à part évidemment les troupes américaines installées maintenant en Irak): plus de 500.000 hommes (200.000 au Maroc en comptant les gendarmes) qui coûtent chacun 15.000 dollars par an, ce qui est encore beaucoup, même si la configuration politique mondiale a complètement changé. Le soldat marocain ne coûte qu’un peu plus de 8.000 dollars par an.Les Turcs ont longtemps méprisé leur environnement arabe local, se considérant comme très différents: ils fixent leur origine en Mongolie, sur la frontière chinoise et considèrent qu’ils ont un rôle à jouer dans tout cet espace, des limites chinoises jusqu’aux Balkans. D’ailleurs ils sont intervenus, pas plus tard que la semaine dernière, dans la «révolution» kirghize, avec un certain succès d’ailleurs, ce qui montre que cet irrédentisme n’est pas dépourvu de fondements….La présence américaine en Irak affaibli la Turquie, par comparaison, certes, mais aussi parce que les Kurdes y voient une opportunité de faire, sinon sécession, du moins bande à part… Mouna KADIRI

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