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Affaires

Maroc-France/immigration
L’intégration, un défi de la République moderne
Entretien avec Nicole Améline, ministre française en charge de la Parité

Par L'Economiste | Edition N°:1857 Le 20/09/2004 | Partager

. Il existe des situations qui exigent des remèdes urgents. Au programme, lutte contre les discriminations et les disparités sociales - L’Economiste: Vous participez au séminaire organisé par le Haut conseil à l’intégration. Est-ce pour l’intérêt que vous portez à la femme ou celui relatif aux problèmes de l’intégration?- Nicole Améline: Les deux sujets sont intimement liés. Je suis heureuse de me trouver au Maroc, un pays avec lequel la France entretient des relations privilégiées, voire familiales. Je le suis d’autant plus que le sujet me paraît central dans l’évolution de nos sociétés. Il concerne le rôle et la place des femmes dans la dynamique d’égalité mais également leur rôle dans les migrations, puisque la France s’est engagée depuis près de deux ans dans une politique très volontariste visant à une intégration réussie des populations qui ont choisi d’y vivre. Elle est depuis longtemps déjà une terre d’accueil. A la lumière de ce qui se passe en matière de droit de la famille au Maroc, je considère qu’il est opportun d’analyser les moyens possibles pour que la communauté marocaine de France puisse s’enrichir de ces avancées et contribuer à transmettre les messages aux femmes et aux hommes du Maroc. Je suis venue à la fois écouter, rencontrer et définir quels types d’outils et d’actions nous pouvons développer pour que cette connaissance du droit puisse favoriser cette conscience des évolutions importantes des droits des femmes. L’expérience est enrichissante. - De nombreuses associations féminines s’accordent à affirmer que la condition des femmes immigrées d’origine maghrébine en France a régressé, notamment face à la montée des intégrismes. Vous êtes de cet avis?- Je pense qu’il faut avoir un regard renouvelé et adapté à la situation des femmes issues de l’immigration. Je ne suis pas sûre que cette situation ait régressé. Nous devons toutefois reconnaître qu’il existe des conditions qui appellent à une action renforcée pour que ces femmes, parfois malheureusement victimes d’un échec de l’intégration, puissent en devenir les vecteurs et les acteurs de sa réussite. Au niveau de mon ministère, j’ai souhaité engager une action dans ce domaine. L’objectif est de permettre une égalité des chances et des droits. Il s’agit de faire en sorte que ces femmes, d’ailleurs souvent non identifiées, utilisent pleinement leur potentiel de réussite. Elles doivent désormais être prises en considération. Nous voulons faire de l’égalité un facteur de démocratie, de performance économique et de cohésion sociale. Je suis convaincue que les femmes peuvent être des vecteurs positifs pour ces trois enjeux. Il faut leur en donner les moyens. Il y a là un défi à relever pour la République moderne. - Etes-vous encore au stade de la réflexion ou avez-vous défini un plan d’actions?- Nous avons à la fois des réflexions et des actions. Nous avons déjà créé un groupe de travail ministériel qui se penche sur la question des mariages forcés. Il existe un certain nombre de situations qui relèvent de l’urgence dans le traitement à la fois social et juridique. Nous sommes également en train de travailler sur les discriminations qui touchent l’ensemble de la société. Dans près d’une semaine, je dois présenter une communication devant le Premier Ministre à ce sujet. - Le port du voile est une grande actualité en France. C’est un obstacle supplémentaire à une intégration réussie?- Ce qu’il faut redire avec force c’est que la laïcité est un principe de tolérance et de respect. C’est aussi le moyen de préserver la liberté des consciences et d’expression dans le cadre de l’unité de la République et de ses principes. Nous faisons en sorte d’apporter, dans le cadre d’un dialogue apaisé et d’une recherche permanente de médiation lorsqu’un obstacle surgit, les réponses adéquates afin que toutes les composantes de la société respectent ces indéfectibles principes.Propos recueillis par Amale DAOUD

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