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Maroc-France
Et les Français du Maroc?

Par L'Economiste | Edition N°:1619 Le 09/10/2003 | Partager

. “Le Maroc, trop proche de la France pour développer sa compétitivité”. Les grands patrons sont bien soutenus. Mais les petits sont souvent des “vaches à lait” Les intérêts tricolores au Maroc ont évolué avec la fin du protectorat. En terrain conquis (langue, introduction dans les milieux d'affaires), les Français ont pu asseoir un véritable tissu économique à eux seuls. Total, Lafarge, Auchan, Accor, BNP, Société Générale, Lyonnaise Suez, Air Liquide… pour n'en citer que quelques-uns.Si depuis longtemps, le Maroc a intégré les règles grammaticales françaises, à l'Hexagone, l'intégration de la culture marocaine n'en est plus à ses balbutiements (cf. Gad El Maleh, Jamal Debbouzze). L'évolution des comportements sociaux des deux côtés de la Méditerranée témoigne du rapprochement progressif des deux systèmes de représentation. Quoiqu'il soit plus dépaysant pour un Français de venir au Maroc que le contraire, quelque 28.000 Français tentent actuellement l'expérience. Environ 11.000 sont des électeurs inscrits au Maroc. Une petite circonscription à eux tout seuls. Près de 6.500 opèrent dans le secteur privé. Dont, Christophe Geoffroy, résidant au Maroc depuis quelques années. Il assimile la traversée de la Méditerranée à “Alice qui traverse le miroir pour le pays des merveilles”. “En fait, en France, on a l'égalité et la liberté, mais on n'a pas la fraternité. Celle qu'on retrouve en venant au Maroc”. Une déclaration quasi-publicitaire si elle n'était pas conclue par un “mais c'est tout ce que j'ai trouvé de positif. Il y a trop de corruption. Le trop-plein de crédit qu'on m'accorde d'emblée juste parce que j'ai les cheveux blonds… rend difficile une réelle intégration”.Un investisseur dans le textile, au Maroc depuis 9 ans, ne mâche pas ses mots et en a gros sur le cœur: “C'est une véritable honte. Rien n'a changé depuis que je suis installé ici, à part les discours. Des gendarmes viennent jusqu'ici prendre du bakchich pour ne pas arrêter les camions qui sortent de l'usine (située à Aïn Sebaa). Avec d'autres opérateurs, on a dû bitumer nous-mêmes la route. Nous désirons nous étendre. Le Fonds Hassan II nous promet des subventions depuis six mois et toujours rien. J'ai l'impression d'être une vache à traire. Mes employés sont beaucoup plus exigeants, juste parce que je suis français”. L'opérateur pense même se délocaliser vers Madagascar. Le textile, secteur-clé, vit des changements importants. Dont le démantèlement tarifaire (prévu en 2004). Les craintes de l'expatrié rejoignent celles des opérateurs du textile: la concurrence turque et chinoise va être impitoyable. Bien plus pour le Maroc qui est trop proche de la France: “A force de vouloir tout faire comme la France, le Maroc est en train de perdre de sa compétitivité”.L'intégration de la communauté française emprunte plusieurs chemins. Celle des grands patrons est différente. Pour Marc Thepot, directeur général de la chaîne Accor, au Maroc depuis 2001, “il faut une énorme adaptabilité pour s'en sortir au Maroc. Il est difficile de se faire des repères cartésiens”. L'expatrié a en fait été aidé par la communauté française dès son arrivée. La plupart des patrons français sont conseillers, nommés par le ministre du Commerce extérieur, avec pour mission de représenter la France et nourrir les politiques extérieures. “C'est un groupe très actif. C'est la section la plus nombreuse et la plus active qui existe à l'étranger”. Le groupe est constitué d'une quarantaine de chefs d'entreprise, dont Peugeot, Lydec, Lafarge, Air France et plusieurs grandes enseignes. “Nous sommes également sollicités par les autorités économiques”. Les grands patrons français n'ont finalement pas de problème d'intégration. “Nous sommes extrêmement soutenus”, affirme le directeur.Mouna KADIRI

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