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Maroc-Espagne: Le réalisme du PSOE

Par L'Economiste | Edition N°:1869 Le 05/10/2004 | Partager

. Rabat et Madrid se redécouvrent Le Maroc et l’Espagne semblent décidés à aller de l’avant en matière de coopération. Les échanges de visites entre responsables des deux pays se sont intensifiés ces derniers temps. Particulièrement depuis l’arrivée de José Luis Rodriguez Zapatero à la tête du gouvernement. Ce dernier avait lui-même insisté dès sa première visite à Rabat sur la nécessité de développer les relations avec le Maroc. Un geste et un signal que Rabat a su retenir. Le Royaume veut capitaliser sur cette ouverture. Aussi, la visite des ministres délégués aux Affaires étrangères et à l’Intérieur, respectivement Taieb Fassi Fihri et Fouad Ali Al Himma, lundi à Madrid, revêt une importance particulière. D’autant plus qu’ils ont été reçus par le président du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero. On l’imagine, les discussions ont tourné autour de la lutte contre l’émigration illégale, les trafics de tout genre et la lutte contre le terrorisme international.Au même moment, une délégation espagnole, conduite par Leire Pajin, secrétaire d’Etat chargé de la Coopération internationale, était reçue par des membres du gouvernement à Rabat. Un signe très fort sur l’état des relations entre les deux pays. A l’intérieur même de l’Espagne, de nombreuses voix commencent à s’élever pour réclamer que l’on rende justice au Maroc. C’est le cas notamment du sénateur socialiste Juan-José Laborada, qui n’a pas manqué, dans un langage empreint d’une grande dose d’autocritique, de reconnaître les erreurs du précédent gouvernement espagnol. Devant un parterre d’hommes politiques réunis la semaine dernière à Tanger, dans le cadre des journées sur le développement de la coopération Maroc-UE organisées par le groupe parlementaire socialiste, il a notamment affirmé: “Nous étions indignés par la manière dont se comportait l’ancien gouvernement populaire, tournant le dos au Maroc et mettant en avant l’individualisme espagnol”, a affirmé le sénateur PSOE. Une étape passée, note Laborda, et qu’il s’agira de corriger. “Nous n’avons pas été insensibles en Espagne à la solidarité spontanée affichée par les Marocains au lendemain des attentats du 16 mai et du 11 mars”, rappelle Laborda. “C’est que nous sommes des cousins de longue date”, a-t-il dit. Laborda s’est placé dans la même ligne politique du discours de Zapatero devant la dernière assemblée générale des Nations unies. Ligne qui privilégie l’ouverture sur l’environnement méditerranéen, mais qui, surtout, favorise l’émergence d’une intégration régionale maghrébine. “Ni l’Espagne ni l’Europe ne pourront supporter le prix d’une non-intégration au sein du Maghreb”, affirme le chef socialiste devant ses confrères marocains. Pour lui, la seule manière d’aboutir à une union passe par la mise en place de mécanismes de communication et de discussion. “Vous, pays de cette zone, avez le droit d’être exigeants avec l’Europe, mais en parallèle, vous devez être plus exigeants avec vos voisins”, note Laborda. “C’est la seule manière d’éviter que des illuminés aient recours à des solutions simplistes”, souligne-t-il. En clair, allusion est ici faite au bruit de bottes venant au-delà de l’est marocain. Concernant la coopération avec le Maroc, le sénateur a affirmé qu’elle ne manquera pas de se développer davantage. “Les autoroutes espagnoles ont été financées à coup d’aides allemandes et françaises, maintenant, c’est à nous de faire de même”, explique Laborda, et le Maroc en tant que voisin privilégié pourra amplement profiter de ces aides. Le sénateur n’a pas manqué de relever le sentiment d’amertume de certains Marocains en Espagne. “Ceux des Marocains résidant en Espagne et se plaignant de mauvais traitements ont parfaitement raison dans de nombreux cas”, affirme ce “grand socialiste venu du nord”, comme se plaît à s’identifier Laborda. “Le nouveau gouvernement, assure Laborda, croit que nous avons besoin de nous comprendre plus et surtout d’être plus respectueux”. C’est qu’à la base, se place un sentiment de méconnaissance mutuel assez marqué. “Nous sommes tellement proches l’un de l’autre que le Marocain et l’Espagnol n’arrivent à voir qu’une image diffuse, nourrie de stéréotypes”, reconnaît un autre militant du PSOE. Dans l’esprit du sénateur socialiste, le développement de la coopération entre Rabat et Madrid est une nécessité que ne sauraient cacher les quelques divergences du passé. En fait, le nouveau gouvernement espagnol, arrivé par la force des urnes, cherche à corriger les dérapages de son prédécesseur. Les échanges de visites entre responsables des deux pays entrent dans ce cadre. On oublie l’incident de l’île de Leila, on oublie El Ejido et bien d’autres choses. Maintenant, il faut regarder droit devant soi et se mettre au travail. La coopération est une affaire qui engage plusieurs parties. Elle ne peut se faire d’une manière unilatérale. Du moins, c’est ce qui a été compris et retenu du discours et des propos de Laborda. Et apparemment, il ne serait pas le seul à épouser la ligne politique de Zapatero. Encore faut-il que le gouvernement marocain sache de son côté saisir fortement la main qui lui est tendue.


Qui est Laborda?

Juan-José Laborda est l’une des figures de proue du socialisme espagnol. Sénateur depuis la création du Parlement espagnol en 1976, il en a été l’un des plus jeunes. Ensuite, avec le changement de gouvernement en 1989, il prend la présidence du Sénat jusqu’en 1996. Ali ABJIOU

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