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    Economie

    Maroc-CEE: Un fonds de restructuration pour l'économie marocaine

    Par L'Economiste | Edition N°:58 Le 17/12/1992 | Partager

    La CEE affirme sa volonté de développer ses relations avec le Maroc par le quatrième accord financier et par le projet de “ directives de négociations”. La constitution du marché commun ne signifie pas un renfermement de l'Europe sur elle-même, mais au contraire, une coopération plus accrue avec ses voisins.

    L'Europe est de plus en plus à l'écoute du développement des pays du Sud de la Méditerranée et des pays de l'Europe de l'Est. Le terme du partenariat est dépassé. C'est le terme “co-développement” qui prend le pas.

    “Le co-développement Maroc-CEE est un défi pour les deux partenaires. La CEE a intérêt à avoir en face d'elle un Maroc fort et stable”, a expliqué M. Ronald Gallimore, Conseiller de la CEE au Maroc depuis Trois mois, lors de la conférence-débat organisée par le Crédit Populaire le 9 Décembre.

    La commission des Communautés Européennes a adopté le jour même un projet “de directives de négociation”. CEE-Maroc. Ce projet sera présenté au Conseil des ministres des Affaires Etrangères le 21 Décembre par le Commissaire responsable de la politique méditerranéenne, M. Abel Matutes. Il sera ensuite débattu au sein du Conseil, puis, remis à la commission qui se chargera des négociations avec le Maroc. M. Gallimore a ajouté que ce projet d'accord devrait entrer en vigueur au début 1995.

    Quatre piliers

    Les accords reposent sur quatre piliers. Le conférencier a évoqué, tout d'abord, l'instauration du dialogue par des convergences de vues entre les Ministres des Affaires Etrangères et les deux parlements, européen et marocain.

    L'accord prévoit également une coopération technique, économique et culturelle. Ainsi, des perspectives d'interpénétration des sociétés, de coopération pour les projets d'infrastructure et un appui au secteur privé figurent au programme.

    L'instauration d'une “zone de libre échange” serait installée progressivement. Une échéance de 10 à 12 ans a été fixée, tenant compte des spécificité de l'économie marocaine, et pour la sauvegarde de l'industrie marocaine et des “produits sensibles".

    Enfin, le quatrième pilier a trait à une coopération financière pour “accompagner l'économie marocaine”. Cette coopération financière sera matérialisée par un fonds de restructuration de l'économie marocaine, pour lui permettre de faire face à la compétition internationale.

    C'est ainsi que M. Gallimore affirme que le nouveau protocole d'accord dépasse le simple partenariat. Pour lui, il s'inscrit plutôt dans le cadre d'une association visant une intégration du Maroc à la CEE.

    Instruments de co-développement

    Par ailleurs, plusieurs nouveaux instruments seront mis en place par la CEE, par le biais de sa délégation au Maroc, pour encourager le secteur privé marocain. Il s'agit, tout d'abord, du quatrième protocole financier pour la coopération Maroc-CEE d'un montant global de 5,5 milliards de Dirhams, soit 438 millions d'Ecus. La décomposition de ce montant se fait comme suit : 220 millions d'Ecus seront octroyés sous forme de prêts de la BEI, 193 millions d'aides budgétaires de la CEE et 25 millions pour des contributions à la formation de capitaux à risque. Le capital risque sera octroyé par l'intermédiaire de quatre banques locales, la BCP, la BCM, la BMCE, le CNCA et la BNDE.

    De plus, onze instruments ont été mis en place pour encourager le secteur privé des pays méditerranéens. Le Maroc bénéficie de neuf d'entre eux. “ Il s'agira de les mettre en place dans les brefs délais ”, a précisé M. Gallimore ;

    Les industriels marocains pourraient participer à l'Euro-partenariat (Salon des Industries Européennes) qui regroupe plus de 1.000 entreprises. Le dernier Euro-partenariat a été tenu les 3 et 4 Décembre à Paris. “La participation marocaine n'était que de 18 entreprises. Une présence plus accrue de l'industrie marocaine serait souhaitable pour le prochain Euro-partenariat qui se tiendra à Lille en Juin 1993 ”, a affirmé le conférencier. Dans tous les cas, une promotion de ce salon sera réalisée par la délégation de la CEE au Maroc.

    Vendre le Maroc

    Le même concept est également développé pour la promotion d'une région particulière ou d'un secteur particulier. “L'organisation par le Maroc de cette manifestation est à envisager en 1994” , a précisé M. Gallimore. “ Il s'agira de bien vendre le Maroc”, a-t-il ajouté.

    Il existe également un dispositif de mise en relations d'affaires par ordinateur (BC-Net) qu'il est question d'installer au GPBM.

    Le BRE (Bureau de Rapprochement des Entreprises) est actuellement disponible au crédit du Maroc et publié par l'hebdomadaire L'Economiste, a rappelé M. Gallimore.

    Par ailleurs. “l'échec” des deux référendums, français et danois a mis en exergue le manque d'information sur le marché commun. Un centre d'informations sera installé prochainement à Casablanca, il comprendra toutes les données sur le marché commun. M. Gallimore s'est interrogé, par ailleurs, sur le bien fondé de l'installation du Bureau de représentation de la CEE à Rabat, loin des milieux d'affaires.

    La CEE et le Maroc se chargeront donc de faire connaître le Maroc, ses ressources et les potentialités de son secteur privé. Toutefois, le conférencier a évoqué la nécessaire intégration des économies. Il faut qu'il y ait, selon lui, les mêmes règles de jeu, à savoir, le respect des marques et des brevets. Un enrichissement du code des investissements concernant les investissements extérieurs, le développement des infrastructures et une simplification des procédures administratives et douanières encourageraient les investisseurs européens à mieux cibler le Maroc.

    En effet, M. Gallimore a souligné que “le Maroc est en compétition avec d'autres pays du bassin méditerranéen”.

    La coopération Maroc-CEE permettra d'élargir le champ d'action des entreprises concernant les nouveaux marchés. Une diversification plus importante des sources d'acheteurs serait possible avec un accès à de nouveaux clients et produits.

    La coopération entre les deux entités stimulera l'activité des entreprises marocaines par le transfert de technologie, par le mouvement des capitaux et par le montage de nouveaux projets.

    Selon M. Gallimore, les industriels marocains, par le biais du partenariat européen, pourraient aussi s'informer des différents aspects de distribution, des normes et des procédures d'emballage.

    L.T.

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