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Mark Mobius, chasseur d'actions pour des fonds américains : "1er critère pour un investisseur Une bourse efficace"

Par L'Economiste | Edition N°:77 Le 29/04/1993 | Partager

Des investisseurs étrangers prospectent les opportunités d'investir hors des circuits officiels ou des programmes de privatisation Mark Mobius a créé une filiale "marchés émergents" pour Templeton, un institutionnel américain (20 milliards de Dollars). Il fournira au Maroc. L'Economiste l'a rencontré.

"Je vote avec mes pieds, dans les conseils d'administration", explique Mark Mobius. Autrement dit, "je quitte les entreprises quand je ne suis plus content, et je vends mes actions", explique, le dirigeant de la filiale "Emerging Market" (marchés émergents) de Templeton, entreprise américaine spécialisée dans la gestion de fonds (20 milliards de Dollars placés).

La politique de Templeton est, de toute façon, de rester minoritaire. Sa règle est même de ne pas détenir plus de 5% du capital d'une même entreprise. C'est le vieux principe de prudence, en matière de placement: il s'agit de répartir les risques, par la diversification.

Pour la même raison, Templeton n'investit jamais plus de 20% des capitaux gérés pour ses clients dans le même pays.

Le Maroc pourrait être une nouvelle destination des capitaux de la filiale "marchés émergents" (1,2 milliard de Dollars placés dans 18 pays), installé à Honk Kong et Singapoure, Mark Mobius a entendu que le Maroc et la Tunisie) libéralisait son économie. Il est venu voir si le pays pouvait satisfaire à ses critères. "Les pays émergents sont ceux qui connaissent une croissance par une conjugaison de facteurs. Ils commercent bas. Tout y est à faire". Cependant, ils ne sont plus embourbés dans les cercles vicieux du sous-développement.

Placements à terme

Des investisseurs internationaux avaient acheté des actions de Toschiba ou de Hitachi, à la fin des années 60, où le Japon (pays émergent à l'époque) était réputé pour ses produits bon marché et de mauvaise qualité. Depuis, leurs actifs ont grimpé. Ces mêmes investisseurs parient aujourd'hui que ce phénomène se reproduira ailleurs. Surtout que les récessions aux Etats-Unis et en Europe s'installent, offrent peu d'opportunités d'investissement, de faibles taux de rendement. Or, il y a une nécessité de bons placements pour les fonds, confiés par les épargnants institutionnels américains. Pour Templeton, il s'agit par exemple des fonds de pension de Kodak ou de la province de l'Ontario . La nature de fonds collectés implique un mode de placement pour un profit à terme de 5 à 10 ans. De ce fait, le premier critère pour entrer sur un marché est le prix bas, explique M. Mobius.

La règle de Templeton "est de rte pas suivre la foule". Il faut acheter quand les cours sont à la baisse, et quand la tendance générale (portée par les spéculateurs) est à la vente. Inversement, Templeton vend quand les cours sont à la hausse, parce que tout le monde (et les spéculateurs) achète.

"Outre le prix, la liquidité est un critère d'entrée sur le marché. Je dois pouvoir liquider et partir dans les meilleurs délais", explique M. Mobius. Les spéculateurs, redoutés par les gouvernements du Tiers Monde, participent à cette liquidité. Ils sont toujours là, comme preneurs en dernier recours. Mobius conseille AP les accueillir.

Liquidité du marché

Une bourse qui fonctionne avec efficacité et transparence est la condition première pour attirer l'investisseur étranger. Elle perd sa raison d'être si elle n'informe pas, en permanence, du prix des acteurs et des transactions.

Quand un investisseur américain aborde un pays, il se pose trois questions préliminaires:

- y a-t-il une bourse? C'est la matérialisation d'un marché financier,

- est-ce que je peux sortir mon argent rapidement?

- est-ce que je risque d'être exproprié?

Le dernier risque tend à disparaître avec le recul du socialisme et de l'interventionnisme. Le premier critère de liquidité du marché fait la différence entre les pays.

"L'information doit être la règle aussi pour les entreprises. La transparence est un critère incontournable. Elle doit être permanente. Je ne peux me contenter en 1993 de vieux résultats de 1991. Pour acheter, il me faut les chiffres du dernier trimestre".

Sur ce critère, les privatisables marocains ne sont pas éligibles.

Dans cette approche, l'investisseur international attend de l'Etat qu'il garantisse l'infrastructure (bourse, marché financier informatisé), qu'il veille aux bonnes règles du jeu (droit de l'actionnaire minoritaire), à l'assainissement du monde des affaires: des scandales en Inde, en Turquie, avec de faux titres, ont échaudé les financiers internationaux.

K.B.

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