×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Affaires

Marché obligataire: «Les gérants n’accepteront pas les recalés du système bancaire»

Par L'Economiste | Edition N°:1558 Le 10/07/2003 | Partager

Des taux primaires bas et des liquidités abondantes sur le marché monétaire favorisent les émissions des titres privés. Celles de Maghrébail et du Fonds communal d’équipement ont donné le ton. Abdelhak Boumehraz, président du directoire de CDMG Gestion, qui assure aussi la fonction de vice-président de l’ASFIM, évalue dans cet entretien les contraintes et les risques liés au développement de la dette privée.. L’Economiste: Qu’est-ce qui favoriserait aujourd’hui le succès d’une émission sur le marché obligataire? - Abdelhak Boumehraz: Le marché obligataire marocain vit depuis plus de trois années au rythme des opérations ponctuelles de privatisation générant des recettes exceptionnelles. La dernière en date étant la vente des 80% du capital de la Régie des Tabacs. D’autres opérations sont programmées pour cette année. Et elles vont générer à leur tour d’importantes liquidités. Il y a une constante dans ce processus. Le principal émetteur sur le marché monétaire reste bien évidemment l’Etat, en grande partie à travers les bons du Trésor émis par voie d’adjudication. Or, compte tenu des encaissements attendus, les besoins actuels du Trésor sont très limités, ne permettant guère de satisfaire l’importante demande des investisseurs sur les titres obligataires. Voulant profiter des conditions plus que favorables sur le marché niveau bas des taux primaires et liquidités abondantes- les émetteurs privés et semi-publics multiplient les émissions. L’offre risque d’être importante.Ceci dit, c’est la rencontre entre la demande des investisseurs et l’offre des entreprises qui favorise le succès d’un programme d’émission. Les investisseurs, et principalement les gestionnaires d’actifs, ne souscrivent à des titres privés que si leurs caractéristiques correspondent à leurs stratégies d’investissement et aux contraintes actuelles du marché. Pour exemple, la grande majorité des emprunts sont actuellement émis à taux fixe. Alors que les intervenants du marché s’intéressent de plus en plus à des titres à des taux variables. il faudrait, à mon avis, que le conseiller d’une émission colle aux attentes des investisseurs. Pour cela, il doit mener plusieurs consultations auprès des différents intervenants sur le marché.. Des gestionnaires reprochent aux entreprises émettrices de titres leur déficit de communication, afin d’évaluer et de suivre correctement les risques associés à leurs émissions. Quels sont les risques associés aux émissions privées et quel serait, à votre avis, le meilleur moyen de remédier à cette situation? - Il existe différents risques inhérents à une dette privée. Le premier risque est celui de la signature. La perception de ce risque de défaillance de l’émetteur et son appréciation par les gérants obligataires sur le marché des OPCVM permettent de conclure à une nette amélioration du niveau de ce dernier. Il existe aussi le risque de liquidité qui correspond à la difficulté de réaliser un titre détenu en raison de l’absence de la demande ou du fait des conditions de marché défavorables au moment de la transaction. L’amélioration de la gestion des OPCVM au Maroc ne peut se faire que si les professionnels développent de façon définitive une culture d’analyse du risque très fine. Il s’agit de ne plus accepter des émissions de titres avec des spread trop bas ni des émissions dont la liquidité n’est pas assurée. L’absence d’un organisme de rating, capable de donner une estimation claire du risque de signature des émetteurs, est un élément très contraignant pour la gestion d’actifs. Et ce, dans la mesure où l’appréciation du risque pour un gestionnaire d’OPCVM est un exercice de style dans lequel il fait appel au passé (résultats et historique pour les sociétés cotées), ainsi qu’aux éléments externes d’évaluation de l’émetteur (affiliation, capital…). Or, il n’est pas sûr de disposer de tous ses éléments pour pouvoir cerner les risques d’un titre privé. . Des sociétés à structure financière fragile pourraient profiter de la conjoncture actuelle pour faire appel au marché de la dette privée. Comment les gestionnaires peuvent-ils concrètement apprécier les risques? - Les émissions privées doivent être analysées selon plusieurs indicateurs de base. En premier lieu, il s’agit d’analyser les fondamentaux de la société (taille, qualité des actionnaires…). Ensuite, il faut se pencher sur les risques liés au secteur d’activité de l’émetteur. Puis apprécier la taille de l’émission (toutes les émissions de petites tailles sont illiquides). Enfin, apprécier le spread payé par l’émetteur en comparaison avec la même maturité émise par le Trésor et en prenant en compte les risques acceptés.Dans un contexte marqué par l’excès de liquidité, le manque de papier peut laisser croire que les gestionnaires d’OPCVM sont prêts à accepter des rémunérations au rabais et des faibles signatures pour améliorer leurs performances. Certes, si cette situation prévalait, il y a encore peu, ce n’est plus du tout le cas aujourd’hui. Le développement de la dette privée est certes souhaité par les gérants. Car elle permet de compléter la gamme de produits à leur disposition pour la gestion de l’épargne. Mais, cela ne doit pas se faire au détriment de la rentabilité des fonds et en prenant des risques démesurés. Les gérants d’OPCVM n’accepteront pas les recalés du système bancaire.Propos recueillis par Bouchaïb EL YAFI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc