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    Marché financier
    Le Maghreb reste un bon risque

    Par L'Economiste | Edition N°:3504 Le 08/04/2011 | Partager
    Thami Kabbaj explique certaines de ses méthodes
    L’analyse technique « idéale en temps de crise»

    «Je considère comme explosives et très profitables les situations où le marché ne confirme pas le consensus des experts», explique Thami Kabbaj, président TKLTrading.com, site de formation à l’analyse technique des évolutions boursières

    Dans l’instabilité régionale, les indices ont fortement corrigé lors des dernières séances, inscrivant la Bourse dans une tendance baissières sur le court terme. Cette correction doit tout de même être relativisée comme le suggère Thami Kabbaj, président TKLTrading.com, site de formation à l’analyse technique des évolutions boursières. L’expert marocain de l’analyse technique à l’international, évoque dans cet entretien les raisons de la correction ainsi que l’importance de l’analyse technique dans des temps de volatilité.

    - L’Economiste: Dans quelle mesure les crises arabes peuvent influencer la stabilité de la place de Casablanca?


    - Thami Kabbaj: Après les manifestations en Egypte, les principales places boursières mondiales ont vacillé avant de se reprendre fortement et de résister et ce malgré le tsunami au Japon. Pour un boursier, cela s’explique simplement: un courant acheteur bien plus puissant que le courant vendeur. La raison réside sans doute dans les liquidités massives injectées par les autorités monétaires et les résultats positifs des entreprises. Au Maroc, la baisse actuelle s’inscrit dans un climat d’attentisme. La place de Casablanca ne fait que subir les turbulences à l’œuvre dans le monde arabe. La baisse des marchés peut donc se comprendre à court terme. A plus long terme, et sans langue de bois, je suis assez confiant sur l’avenir de la Bourse marocaine. A mon sens, les crises ont parfois du bon car elles permettent de mener des réformes d’envergure, institutionnelles, sociales et économiques. Pour plusieurs économistes, ne pas investir au Maghreb représente un coût trop important. De nombreuses synergies et complémentarités pourraient être exploitées avec des gains probants sur le plan de la croissance, des échanges commerciaux et bien évidemment sur celui de la stabilité de la région… Il va sans dire que la Bourse ne pourra que profiter de ce dynamisme économique.

    - L’analyse technique est-elle valable en temps d’instabilité politique?


    - L’analyse technique est encore plus efficace dans les périodes d’instabilité. En effet, l’instabilité est très souvent synonyme de volatilité. C’est dans ces périodes qu’interviennent avec force des émotions comme la peur, la panique, l’euphorie, etc. Les fondamentaux sont généralement dépassés car les choses vont très vite et les outils d’analyse classiques comme l’approche financière ou économique, ne servent plus à grand-chose, du moins à court terme.
    L’analyse technique permet de déterminer plus précisément le sens dans lequel il faudra se positionner mais également le timing sans négliger la dimension risque. Il s’agit indéniablement de l’approche la plus performante dans un environnement volatile.

    - Intégrez-vous une part d’analyse fondamentale dans votre sélection de titres?


    - Ma prise de décision repose avant tout sur l’analyse chartiste. Néanmoins, j’accorde un intérêt tout particulier aux nouvelles économiques mais également aux propos tenus par les principaux décideurs politiques, économiques. Parce que ces informations sont analysées et scrutées par la plupart des opérateurs de la planète et les ignorer constitue une grave erreur.
    Néanmoins, j’ai adopté un style qui est contrariant. En effet, je considère que le plus important n’est pas la nouvelle économique mais la manière dont les opérateurs réagissent à la publication de cette nouvelle. Je considère comme explosives et très profitables les situations où le marché ne confirme pas le consensus des experts. En mars 2009, les deux tiers des experts financiers sont très baissiers sur les marchés. C’est le moment que choisissent les Bourses pour se reprendre. En mai 2009, le fameux gourou Nouriel Roubini (ndlr: Roubini tient des chroniques régulières dans L’Economiste) fait part de son inquiétude quant aux marchés. Pourtant, tous mes indicateurs techniques étaient acheteurs et j’ai préféré faire confiance aux marchés plutôt que de tomber dans le piège des comportements moutonniers.


    Rôle du régulateur


    Pour la théorie économique, un marché efficient permet de refléter la véritable valeur des cours boursiers, également appelée valeur fondamentale. Tout décalage important par rapport à cette valeur théorique provoque l’intervention d’investisseurs rationnels dont le but est justement de traquer ces anomalies et de les éliminer, empochant par la même occasion une plus value. Comme l’explique Thami Kabbaj dans sont livre « L’art du trading », paru aux éditions Eyrolles en 2008. Il est assez sceptique sur le concept d’efficience.
    Néanmoins, le CDVM est le garant d’une certaine déontologie voire d’une certaine équité sur les marchés. Tous les intervenants doivent être logés à la même enseigne et à cet égard, les délits d’initié doivent être sévèrement combattus ainsi que les manipulations de marché. Celui qui profite d’une information non encore divulguée au grand public détient un avantage déloyal.


    Propos recueillis par
    Ilham BOUMNADE

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