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Tribune

Marché financier: Le système actuel devient exigu

Par L'Economiste | Edition N°:149 Le 13/10/1994 | Partager

L'économie du pays attend les réformes financières qui devraient accompagner la croissance. Un praticien met en garde contre les écueils à éviter.

L'évolution du développement économique de notre pays se trouve de plus en plus en déphasage avec les structures actuelles de financement. Les pouvoirs publics, qui ont conscience de cette situation, ont annoncé l'imminence de réformes qui doivent permettre une "mise à jour" dans ce domaine. Le financement, dans toutes les économies modernes, est un facteur dynamisant ayant des répercussions positives sur la croissance. Le comble serait qu'il en devient un frein. La réforme du marché des capitaux et de tous ses compartiments est essentielle à cet effet. Elle doit avoir pour objectifs, notamment, la multiplicité des sources de financement, une meilleure allocation des ressources, une plus grande efficience et transparence dans la détermination de leurs coûts, et la possibilité aux agents économiques d'accéder librement à la quasi-totalité des composantes de ce marché. Aujourd'hui les entreprises marocaines ont comme seul source de financement les crédits bancaires (aux USA, le crédit bancaire représente à peine le tiers des ressources extérieures). L'appel au marché obligataire est réservé à une petite minorité. L'accès aux ressources ainsi que leur coût restent globalement régis par la même structure de réglementation, depuis fort longtemps.

Le taux du marché

Beaucoup de réflexions, souvent pertinentes, ont été développées et débattues au cours des derniers mois sur ce sujet. L'objet de notre propos est de rappeler, ce qui constitue à nos yeux, les imperfections et les limites majeures du système actuel et qui sont autant d'écueils à éviter dans la conception et la mise en place du nouvel environnement financier.

1- Le monopole tue la concurrence, débouche inévitablement sur des accords de place, dérègle le système de formation des prix qui ont tendance à s'apprécier continuellement sans justification économique. Remplacer une situation de monopole par une autre produira les mêmes effets et les mêmes imperfections aussi bien micro que macro-économiques.

2- La baisse du coût du financement pour l'entreprise ne peut provenir que de la rencontre directe des demandeurs des ressources financières et de ceux qui en disposent. Le niveau de taux d'intérêt le plus approprié pour l'économie relève de la structure du marché et non pas d'un taux de référence "en dehors du marché" à faire varier tous les trimestres, semestres ou autres périodicités.

En outre, il est déterminant d'avoir un prix de référence et une cotation "entreprise" . Que ce soit pour la convertibilité du Dirham, pour la détermination des parités à terme contre devises ou pour la confection de produits de couverture contre le risque de taux, il est indispensable qu'il y ait un prix de l'argent fixé par le marché.

3- Le cloisonnement des différents compartiments et l'absence d'interconnexion nuisent à l'allocation des ressources et ne permettent pas aux entreprises de bénéficier des évolutions favorables qui se produisent sur chacun d'eux.

Depuis plusieurs mois, il a été constaté une surliquidité sur le marché interbancaire. Cette surliquidité n'a profité à aucun moment aux entreprises. D'aucuns diront que ce marché est au jour le jour, alors que les besoins des entreprises sont sur des durées longues. La caractéristique d'un marché moderne est le comprendre des produits allant du jour le jour au long terme et de donner la possibilité aux entreprises d'aller d'un support à l'autre et d'une échéance à l'autre .

4- L'innovation et le développement de l'ingénierie financière sont accélérés par la désintermédiation. Les entreprises engagées dans un vaste mouvement de maîtrise de leurs coûts et d'amélioration de leur productivité dans un environnement de forte compétition internationale ont besoin de conseil en matière de montages financiers et d'utilisation de produits nouveaux ainsi que d'expertise et de savoir-faire pour les accompagner sur les marchés internationaux .

5- Un marché financier moderne dynamise la gestion du financement de l'entreprise et l'incite à passer d'une approche statique des aspects financiers à une approche plus dynamique qui contribue à la réalisation de meilleures performances. Cette approche dynamique consiste à anticiper et à suivre sans interruption les évolutions des marchés et à ne considérer aucun produit ou montage comme immuables. Bien entendu, il ne s'agit pas de créer un marché "livré à lui-même", sans filet de sécurité. Les autorités monétaires auront toute la latitude de l'orienter par des actions sur les taux d'intérêts et des procédures d'appels d'offres. Aujourd'hui, de l'avis de tous les professionnels y compris de nombreux banquiers, le système actuel devient exiguë, n'offre pas les souplesses nécessaires et ne permettra pas d'accompagner la croissance économique. Il est donc urgent de mettre de nouvelles structures, "d'oxygéner" et d'adapter les circuits de financement de l'économie.

par Mouhamed El HAJJOUJI

* Président de l'Association Marocaine des Trésoriers d'Entreprise.

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