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    Marché financier: La Bourse est-elle encore trop chère?

    Par L'Economiste | Edition N°:3504 Le 08/04/2011 | Partager
    La place traite à un PER de 19 fois
    Le rendement moins intéressant

    En dépit d’une orientation à la baisse des cours dans le très court terme à la Bourse de Casablanca, les analystes demeurent optimistes. «La correction qu’a subie la Bourse en ces derniers jours n’a rien de méchant», tempère d’emblée l’un d’entre eux. En effet, il n’y a rien d’alarmant puisque le marché reste dans des proportions certes négatives mais attendues et prévisibles.
    Pour preuve, bon nombre de cellules d’analyses et de recherches des banques d’affaires avaient prévenu le public d’un éventuel retournement de situation à la baisse après le début euphorique de 2011. Cependant, certains s’interrogent même sur les fondements de cette euphorie du début d’année.
    Après avoir fait leurs comptes suite à la publication des résultats annuels des sociétés cotées, les analystes sont, c’est le moins que l’on puisse dire, quelque peu déçus. Et pour cause, le consensus marché tablait sur une progression moyenne de 11 à 12% de la masse bénéficiaire des sociétés de la Bourse de Casablanca (entre 10% pour les plus pessimistes et 15% pour les optimistes). Or une fois le compte fait, le résultat net global du marché n’a progressé que de 8,8% à près de 31 milliards de DH., c’est certes une progression plus forte que le PIB, mais insuffisante. Même remarque pour l’activité totale des sociétés cotées qui fait légèrement mieux avec une amélioration de 12% à 210 milliards de DH. Résultat: «un différentiel entre les projections et les réalisations, de l’ordre de 3 milliards de DH sur la masse bénéficiaire», calcule un autre analyste. Et les valeurs décevantes sont nombreuses, notamment les cimenteries, les agroalimentaires, sociétés de financement…
    A cela s’ajoute un nombre record de profit warning. Un nombre qui, selon le marché, est probablement amené à augmenter dans l’avenir compte tenu du renforcement de la surveillance du CDVM sur le volet de l’information financière. Et peut-être aussi de la montée des risques globaux dans le tissu économique.
    Parallèlement aux valeurs qui ont déçu, certaines ont particulièrement surpris et d’autres n’ont fait que confirmer: des bancaires, des immobilières, des sociétés de portefeuilles… Elles ont pu ainsi sauver la face.
    Dans ces conditions, le marché va être contraint de revoir ses prévisions pour 2011 à la baisse. Certains vont même jusqu’à prévoir une croissance, la masse bénéficiaire du marché se situerait à 5 et 10%. Cependant, ils s’interrogent: «Est-ce que la place vaut cette croissance?» Probablement pas puisqu’elle présente un niveau de valorisation qui reste relativement cher (environ 19 fois les bénéfices). Même à ces niveaux, la place pouvait mettre en avant pas le passé (il y a à peine quelques années), une croissance bénéficiaire à deux chiffres et un rendement de dividende intéressant (3,7%). «Aujourd’hui, suite à la publication des résultats, le rendement est passé à 2,8%», soutient-on au sein du marché. Principale raison: les sociétés qui distribuaient le plus de dividendes ont baissé leur «pay out» cette année. Il y a également une raison mécanique liée à la hausse des cours en début d’année qui a fait reculer les taux de rendements.
    A tout cela, il faut finalement greffer l’environnement international qui a poussé les investisseurs étrangers à retirer les positions en Bourse. Résultat: une détérioration de la confiance des locaux qui se sont mis soit en attente, soit à la vente.
    Même si la période d’incertitude (pas forcément la baisse) devrait se prolonger jusqu’à la rentrée en septembre. Néanmoins, la correction que connaît la place depuis quelques jours doit être relativisée. Sur un horizon plus long, les analystes maintiennent leur confiance sur l’avenir de la Bourse. Ils estiment que les crises sont dans la plupart des cas bénéfiques. «Elles permettent de mener des réformes d’envergure institutionnelles, sociales et économiques» (voir infra). Ils y voient même une aubaine. «Dans de pareilles situations, il y aura de l’écrémage sur le marché», se réjouit l’un des opérateurs. Concrètement, une fois la tendance inversée, seules les valeurs solides disposent de fondamentaux intéressants qui pourront profiter de la reprise.
    En attendant dans de pareils cas d’instabilité, l’analyse technique paraît être un outil efficace pour contrer la volatilité. Elle permet de prendre les décisions nécessaires et adéquates. Contrairement aux analyses financières et économiques, qui sont vite dépassées dans des périodes d’instabilité, l’analyse technique renseigne non seulement sur le sens dans lequel il faudra se positionner mais également le timing sans négliger la dimension risque.
    Entre-temps, la Bourse a retrouvé un semblant de couleur. Elle a récupéré plus de 3% au cours des deux dernières séances.

    Les belles surprises quand même

    Dans ce marché qui a globalement déçu, les surprises ont émané des grosses capitalisations. Ainsi Addoha, qui a tenu en haleine tous les acteurs du marché, a surperformé. Le promoteur immobilier a dépassé toutes les prévisions en réalisant des croissances quasiment à trois chiffres de ses agrégats financiers. Attijariwafa bank, BCP et IAM ont également fait forte impression avec des résultats annuels en expansion.

    M. A. B.

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