Courrier des Lecteurs

Marché des changes: Cherche déclic désespérément

Par L'Economiste | Edition N°:300 Le 16/10/1997 | Partager

Le marché des changes est opérationnel depuis seize mois. Mais les autorités monétaires en sont encore à réfléchir sur les moyens d'y relancer les transactions. Il est question de supprimer la commission de 0,2% sur les transactions des banques étrangères.


Comment ramener le marché du Dirham à Casablanca? Dix mois après l'assouplissement des opérations devise contre devise et la suppression de la commission de 0,2% sur ces mêmes opérations, les résultats sont peu probants. L'essentiel des transactions en Dirhams continuent à être réalisées à Tunis, Bahreïn, Paris, Londres ou New York. A présent, Bank Al-Maghrib veut, sous réserve de l'accord de l'Office des Changes et du Ministère des Finances, étendre la suppression de la commission de change à l'ensemble des transactions réalisées avec les banques étrangères. Objectif: s'aligner sur les conditions des autres places étrangères.
Selon des sources bien informées, la mesure a de fortes chances d'être entérinée au cours de ce mois. Reste que la clientèle domestique des banques continuera, elle, à s'acquitter de 0,2% sur ses opérations de change.
Ainsi donc, les opérateurs ne doivent pas s'attendre à une baisse de coût des opérations de change. Ils n'en sont pas à leur première déception. La suppression de la commission sur les opérations cross avait déjà pour objectif de diminuer le coût des transactions. Il s'est avéré que les banques les plus dynamiques ont profité de l'aubaine en obtenant des cotations plus avantageuses. Cependant, elles se sont bien gardées de les répercuter sur les entreprises.

Pour l'heure, les positions de change demeurent encore trop modestes. Selon les derniers chiffres, la moyenne quotidienne des achats inter-bancaires devise contre Dirham s'établit autour de 120 millions de DH contre 132 millions en mai 1997 et 116 millions en juin 1996.
L'introduction du cours croisé (cross rate) avait pour objectif, entre autres, d'obliger les banques locales à travailler dans les conditions du marché international. Cette mesure devait les inciter à coter entre elles dans les deux sens, à l'achat et à la vente. Or, jusqu'à présent, les banques ont fait preuve de peu de dynamisme sur le marché interbancaire. Elles y recourent uniquement pour de simples couvertures. Pour tenter de dynamiser ces transactions interbancaires, quatre banques de la place viennent de passer un accord tacite, s'engageant à communiquer entre elles et à tout moment des cotations dans la limite d'un montant maximum de 2 millions de Dollars et pour un spread de 0,2%. A préciser que ce type d'accord destiné à développer la liquidité du marché fait l'objet en France, par exemple, d'un document officiel approuvé par la Banque Centrale. En outre, pour qu'un tel dispositif fonctionne, les banques contractantes doivent être de taille similaire et traiter des montants comparables.

Le jargon du marché


· Cours croisés ou cross rates: La cotation d'une monnaie est exprimée par rapport à l'une des trois principales devises: Dollar, Mark, Yen (Zone Dollar, Zone Mark, Zone Yen). Ainsi, la valeur du Franc français ou de la Livre Sterling est exprimée en Marks.
· Arbitrage: Opération d'achat et de vente simultanée permettant de bénéficier d'écarts de cours entre deux contrats, deux échéances ou deux marchés.
· Spread: La marge correspondant à la différence entre le cours acheteur et le cours vendeur.
· Position de change: Elle correspond au montant des créances détenues en devises par un opérateur, diminué du montant de ses dettes en devises. Une position est dite longue quand le montant des avoirs excède le montant des engagements. Elle est dite courte dans le cas contraire.
· Cours acheteur/cours vendeur: Toute cotation d'une devise indique toujours deux cours. Le cours acheteur (demandé) est celui auquel la banque est prête à acheter; c'est le cours le plus bas. L'entreprise qui souhaite vendre une devise le fera sur la base de ce cours. Le cours vendeur (offert) est celui auquel la banque est prête à vendre. Il s'agit du cours le plus haut.


Mouna KABLY

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