×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Agenda

Maintenance et compétitivité : L'entreprise acculée à structurer la fonction

Par L'Economiste | Edition N°:208 Le 14/12/1995 | Partager

Avec les nouvelles contraintes de la concurrence et du progrès technique, la gestion efficace de la maintenance devient vitale pour l'entreprise. Il s'agit pour elle d'opter pour un mode d'organisation susceptible d'en optimiser le coût. La sous-traitance et l'informatisation de la maintenance vont dans ce sens.


La fonction de la maintenance évolue en permanence en fonction de la fluctuation des marchés et de la concurrence internationale.
Elle doit contribuer à la fois à améliorer le service client et la compétitivité de l'entreprise face à la concurrence.
Comment structurer et organiser la fonction de la maintenance pour qu'elle soit efficace? La conférence organisée le 28 novembre dernier par le cabinet CSC Ouroumoff Consultants a dans ce sens permis de cerner les méthodes modernes d'organisation de la maintenance telles qu'elles sont appliquées dans les pays occidentaux. Il s'agit en fait de règles de bon sens d'organisation de la fonction de maintenance.
"Cette fonction vise, non seulement à augmenter la fiabilité et la disponibilité des équipements, mais aussi à intensifier la prévention, car avec la sophistication des équipements, les coûts d'arrêt deviennent de plus en plus onéreux pour l'entreprise", explique M. Daniel Dielbot, directeur associé de CSC Ouroumoff Consultants.
Pour ce faire, la maintenance doit être intégrée dés le stade de la conception afin de mieux intégrer ses contraintes. "Concrètement, le personnel de la maintenance doit participer à l'élaboration des programmes d'investissement".

Organisation fonctionnelle


Par ailleurs, l'organisation de la maintenance doit s'appuyer sur une formation polyvalente du personnel technique et sa célérité dans l'intervention. "De plus, les tâches de maintenance de premier niveau peuvent être déléguées aux différents services de production". Pour ce faire, les types de travaux à transférer doivent être inventoriés et précédés d'une formation des opérateurs. Toutefois, le service de la maintenance doit continuer à contrôler la bonne exécution des tâches réalisées après la formation.
En outre, la sophistication des équipements a une incidence directe sur le coût de maintenance. Son coût global est constitué à la fois du coût d'intervention en usine, du coût de la non-qualité dû au dysfonctionnement du matériel, du coût de défaillance suite aux arrêts nécessaires à l'entretien et du coût de stockage. "L'objectif de la maintenance doit s'attacher à intégrer ces quatre facteurs pour réduire le coût d'indisponibilité du matériel et optimiser le coût global de la maintenance".

Mais, comment réduire le coût de la maintenance?
Il s'agit en premier lieu de structurer le service par grandes fonctions et non par spécialités professionnelles. Par ailleurs, l'équilibre doit être observé entre les fonctions à centraliser sur le site industriel et celles à décentraliser au niveau de la production.
D'une part, la centralisation hiérarchique de la maintenance facilitera notamment la maîtrise des coûts d'entretien, l'uniformisation des procédures et la gestion du personnel. "D'ailleurs, plusieurs entreprises modernes sont revenues sur leur choix pour opter pour un seul chef de maintenance sur le site".
D'autre part, la décentralisation permet de déléguer des responsabilités au chef d'entretien d'un secteur et d'améliorer les rapports avec la fabrication. "Ce mode d'organisation a pour avantage de motiver le personnel aux objectifs de la production".
Le mélange des deux types de structures variera en fonction de la dimension du site et de la charge de la maintenance.

Maîtrise du process


La sous-traitance de la maintenance constitue un autre mode d'organisation de l'entreprise. "Mais l'entreprise doit sous-traiter sa maintenance sans perdre la maîtrise technique". Il s'agit pour elle de se prémunir contre la dépendance à l'égard du sous-traitant et d'éviter de le placer en situation de monopole. "Sous-traiter le banal en conservant la maîtrise du savoir faire", telle est la condition de réussite de la sous-traitance de la maintenance.
Le service interne de l'entreprise doit donc continuer à assurer la réparation du matériel spécifique. Globalement, les entreprises marocaines optent pour le développement en interne de la maintenance du fait de la compétence limitée des sous-traitants.
Enfin, la décision d'informatiser la maintenance doit découler de la définition des objectifs et priorités de l'entreprise. La gestion de la maintenance assistée par ordinateur (GMAO) permet, entre autres, de constituer l'historique des interventions et de gérer les stocks de pièces de rechange. "D'ailleurs, une fois informatisée, la gestion des stocks permet de réaliser au terme d'une année une économie de 20% sur le volume des stocks".
Mais la réussite de l'informatisation nécessite au préalable l'organisation de la fonction de maintenance avec une redéfinition des procédures et des tâches.

Mouna KABLY .


Quelques aspects de la maintenance


La sous-traitance de la maintenance peut prendre différentes formes:
· Les dépenses contrôlées portent sur des travaux urgents de faible importance. Elles ont pour avantage d'être déclenchées rapidement mais le risque de litige est élevé.
· Les bordereaux de prix concernent aussi les travaux urgents, répétitifs ou limités et peuvent être déclenchés rapidement. La méthode fait jouer la concurrence entre différents sous-traitants mais le contrôle après exécution est lourd.
· Le forfait est souhaitable quand les travaux sont bien cernés avec peu d'aléas. L'avantage est que le contrôle est simple mais le prestataire risque de prendre une marge de sécurité.
· Les contrats de maintenance avec intéressement allègent les moyens internes de l'entreprise avec cependant le risque pour elle de perdre le savoir-faire et de devenir captive. Pour contrer ce risque, il faut continuer à assurer l'historique en interne et conserver un effectif minimum.
La sous-traitance est plus courante dans les industries aux technologies simples telles la pétrochimie, car la réparation de pompes ne nécessite pas la compréhension du fonctionnement de tout le process.
· La part de la maintenance sous-traitée varie d'un pays à l'autre, indépendamment du tissu industriel: ainsi, la France ne sous-traite que 18% de sa maintenance, l'Italie 24% et la RFA 5 à 6% seulement.
· Pour organiser la fonction de maintenance, l'entreprise doit être sélective et s'appuyer sur la loi de Pareto: 20% du matériel occasionne 80% des coûts; 20% des interventions représentent 80% des coûts et 20% des articles constituent 80% des stocks.
· ratio normatif: coût moyen de maintenance/valeur du matériel à neuf: Il est de 4% pour les entreprises industrielles; de 4 à 5% pour l'industrie agro-alimentaire. L'industrie chimique étant plus corrosive, ce ratio s'établira entre 6 et 7%.
Mais ces normes sont à évaluer en fonction du coût de la main-d'oeuvre locale et celui des pièces de rechange. Ainsi, en Europe le coût de main-d'oeuvre entre dans le coût moyen de la maintenance à hauteur de 70% et 30% pour les pièces de rechange. Au Maroc, les pièces de rechange étant plus onéreuses, elles accaparent près de 60% du coût moyen contre 40% pour la main-d'oeuvre.
· L'outil GMAO contribue à réduire le temps d'intervention et de préparation de 10 à 40%
le capital immobilisé de 10 à 20% et le coût des achats de 5 à 10%
Il améliore de 15 à 25% les gains de productivité.

Mouna KABLY.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc