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Entreprises

Maillots de bain: 40 à 2000DH pour bronzer

Par L'Economiste | Edition N°:33 Le 11/06/1992 | Partager

Depuis quelques semaines, la nouvelle collection de maillots de bain est dans les boutiques chics des centres villes. Face à l'importation et à la contrebande, la production locale rencontre de plus en plus des difficultés à créer son marché. Les modèles et les tissus sont d'une grande variété. Ce qui surprend le plus c'est l'éventail des prix.

Drape, croisé, pailletté, perlé, une pièce ou deux, tout est permis... et le prix aussi, allant de 40 à 2.000DH. En effet, les prix des maillots de bain varient en fonction du lieu d'achat, de la matière et du pays d'origine. Les maillots dont le prix varie de 800 à 2.000DH, notamment au chic Centre Benomar de Casablanca, proviennent de France et du Brésil. Ainsi, par exemple, un maillot "Christian Dior" ou "Jean-Louis Cherrer" avec armature, coûte environ 1.300DH. Le magasin mitoyen, lui, propose des marques françaises telles que Carioca ou Livia dont les prix vont de 600 à 800DH. Quelques mètres plus loin, d'autres magasins exposent des modèles étrangers, brodés ou paillettés de 500 à 900DH. Les prix des maillots féminins fabriqués localement varient entre 200 et 500DH. Les prix des maillots masculins fluctuent de 200 à 350DH. Cet été, les maillots de bain féminins, les "une-pièce" sont à tendance balconnet. Dominent le noir ou le bleu-marine, "mais les impressions à fleur et les couleurs vives, pour les plus minces, reviennent à la mode", expliquent les professionnels. Les deux-pièces, généralement destinés ou choisis par les plus jeunes, affichent des couleurs plus choc tels que le violet, l'orange, le rouge et "toujours plus échancrés". On annonce, pour les matières, du velours, du lycra, de la polyamide et du polyester. Les messieurs, quant à eux, restent plus traditionnels et optent pour des couleurs généralement sobres. Pour les matières, on retrouve le lycra, le coton, le tergal, avec toutefois "le boxer short qui est toujours à la mode avec des mélanges de couleurs". Les critères de création sont différents pour le marché local ou pour l'export.

Pour le marché local, les créateurs s'inspirent largement des tendances proposées par les salons de modes internationaux, surtout européens. Les fabricants reconnaissent ne pas être "vraiment des créateurs", ils adaptent, réadaptent les tendances étrangères. "Il faut dire que les demandes du marché local sont assez variées. Il faut donc en faire pour tous les goûts", disent t-ils. De plus, précisent-ils, une matière doit être originale autant dans sa texture que dans ses couleurs et ses dessins. "Si nous consommons par exemple 100m de tissu dans un dessin déterminé, c'est déjà beaucoup car si une femme trouve son maillot de bain sur plusieurs personnes, je vous laisse deviner sa réaction". Pour cela, les créateurs doivent avoir beaucoup de choix d'autant que chaque commerçant aimerait être exclusif. Il en est de même pour les importateurs qui commandent pour chaque modèle une petite quantité, toujours pour l'exclusivité. Pour le marché de l'export, qui reste très limité, l'imitation est quasi-impossible. Ici, la conception obéit à des critères rigoureux, tel que le temps imparti. Les commandes se font à partir du mois d'Octobre et la production, à façon, dure trois à quatre mois. Certaines entreprises produisent 30.000 à 40.000 pièces par saison. Quand le problème de la création est résolu, il faut fabriquer le modèle. La sous-traitance se montre encore ici incapable de répondre aux donneurs d'ordre locaux, comme elle se montre défaillante aux donneurs d'ordre étrangers, pour la qualité ou les délais. En effet, "malgré nos essais depuis très longtemps avec une société de Tanger pour fabriquer du lycra pour maillots de bain, nous n'avons réellement personne qui peut fabriquer pour nous localement un lycra, un polyamide et un polyester. Ceci est regrettable car nous devons nous battre sur le marché européen afin de trouver des matières que nous pouvons importer à des prix raisonnables; car la valeur ajoutée entre les droits et taxes, les transports et la différence de change est très importante", indique un professionnel.

Localement, les modèles sont créés sur commandes ou suivant les besoins du marché. Mais, le vrai problème est que "peu de gens veulent commander à l'avance", expliquent les professionnels. Les commerçants ne s'inquiètent de leur approvisionnement en maillots de bain "que lorsqu'il y a du soleil ". Ainsi, le métier des maillots de bain est, pour beaucoup de professionnels, artistique et artisanal. L'écoulement de la marchandise se fait par différents magasins et grandes surfaces. La période des ventes se situe généralement entre Juin et Août où débutent les soldes.

Par ailleurs, l'importation, non soumise à autorisation, se fait dans la majorité des cas à travers "la valise d'une amie qui revient de l'étranger" ou à l'occasion d'un voyage à Paris ou à Rio, évitant ainsi tout droit de douane. La fraude fiscale concerne les produits destinés à l'origine à l'export dont une partie est détournée et commercialisée par les marchands ambulants ainsi que par les "opérateurs" de Derb Ghalef. Lequel marché est appelé par certains "la zone franche". Tel est le cas des maillots de bain masculins dont le prix est de 40DH pour la matière lycra, 60DH pour la matière nylon et 80DH pour la matière coton. Les maillots masculins importés en contrebande d'Espagne ou de Taïwan sont vendus entre 60 et 80DH, et les maillots féminins à environ 140DH.

Laïla Triki & Meriem Oudghiri

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