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M’hamid El Ghizlane développe ses bivouacs

Par L'Economiste | Edition N°:2912 Le 01/12/2008 | Partager

. Un produit hôtelier à part entière. Les fils d’anciens nomades reconvertis en promoteurs touristiques Certains croient que M’hamid El Ghizlane est la dernière bourgade du sud-est marocain. Ce n’est, en fait, qu’à moitié vrai. Car, il ne s’agit aussi que d’un point de départ vers d’autres régions. Des endroits peu connus du grand public et où les cailloux et les dunes coexistent paisiblement. De temps à autre, le visiteur tombe sur des villages de tentes. Des bivouacs dressés pour abriter des touristes épris d’espaces libres. Loin de la routine de la vie moderne, ces baroudeurs veulent surtout goûter à une quiétude devenue rare ces jours-ci. Une manière aussi de se ressourcer. Situés au milieu des dunes, ces villages touristiques - hors du commun - entendent répondre à tous les besoins essentiels. Là aussi, le client est roi. Mais tout se négocie à l’avance. Une façon pour le promoteur de satisfaire toutes les demandes à temps. Car une fois dans le désert, certains caprices s’avèrent impossibles à réaliser dans ces aires sans béton, sans routes tracées et sans police de circulation. Juste des pistes que chacun creuse à vue, au rythme du temps et du vent. Bref, ce sont des horizons ouverts sur toutes les perspectives. Ponctués de camps dressés pour les besoins des touristes et qui n’ont rien à voir avec des campements de nomades. Ces derniers d’ailleurs sont rarement rencontrés dans les parages. L’attrait de la sédentarisation l’avait déjà emporté sur ce mode de vie en voie de disparition. Dans ces étendues autrefois prisées par les «fils de nuages», l’on ne rencontre que des jeunes, en majorité fils de nomades âribs ou sfoulis. Ils se sont reconvertis en promoteurs touristiques. Une reconversion qui s’est déroulée sans trop de problèmes. L’amour de leurs ancêtres pour le désert étant resté intact. Et comme leurs ancêtres, leurs bivouacs sont fixes ou mobiles. Ces jeunes sont restés nomades de l’intérieur. Ceci se traduit dans leur simplicité, leur modestie, leurs larges connaissances du déser, la solidarité dont ils font montre chaque fois que c’est nécessaire. La célèbre devise «Eloignez vos tentes, rapprochez vos cœurs» s’applique parfaitement dans ces espaces. Des échanges d’informations, de matériels, de produits alimentaires et parfois même de véhicules constituent une habitude, voire une évidence. C’est aussi ce sentiment d’appartenance à une certaine communauté. En fait, la concurrence est laissée aux bureaux. Et surtout sur le monde fictif du web, lieu de promotion par excellence. En se croisant au désert, les véhicules baissent leurs vitesses. Et les chauffeurs se saluent. Tous les passagers trouvent ce besoin d’échanger des sourires. Ce sont des gestes habituels entre gens du désert, mais qui inspirent une confiance complète chez les touristes. Chegaga, Iriqi, Oued Naâm, L’bouyad, Erg Lihoudi, Erg Zehaar et Oum Laâlg, et d’autres coins qui semblent à première vue des espaces perdus, sont plus peuplés qu’on ne le pense. Houcine Yassine, jeune promoteur touristique, se souvient de l’ambiance qui régnait dans ce désert lors des fêtes de la nouvelle année 2000. Tellement les bivouacs étaient nombreux, on avait surnommé ce site «désert de Paris». «Des bivouacs dressés, des touristes sillonnant le désert à dos de dromadaires dans des méharées plus ou moins longues, des lumières et des 4X4 ainsi que des milliers de personnes de différentes nationalités, on dirait une ville européenne», se rappelle ce fils de famille nomade qui vit aujourd’hui essentiellement des revenus du secteur touristique. Le climat favorable avec un soleil luisant pendant presque toute l’année fait ainsi du bivouac un produit touristique à part entière. Et puis, un seul bivouac mobilise une vingtaine de personnes. L’une des activités qui embauche les jeunes de la région. C’est tout un complexe en plein désert. Avec des cuisines, restaurants, chambres individuelles et sanitaires. Le décor est sobre, sans luxe tapageur. Ici, l’on se contente du minimum. Mais l’exotisme est au rendez-vous. «Ceux qui aiment le désert savent qu’ils doivent se conformer à la règle de la gestion de la rareté, aussi bien en matière d’eau que de luxe, question de goûter à la vie simple des gens du désert», explique Houcine Yassine, pieds nus et vêtu d’une gandoura berbéro-sahraouie. Son bivouac est classé par le département touristique. Une autre règle que personne ne doit ignorer en plein désert, c’est le respect de l’environnement. Des poubelles sont posées autour du bivouac. Il faut laisser l’endroit comme on l’a trouvé à l’arrivée. Pas de bouteille en plastique, de paquets ni de mégots. Désormais, il n’est plus insolite de voir descendre un chauffeur de son véhicule pour ramasser un détritus laissé par un touriste négligent. Un geste simple qui vaut de l’estime, mais qu reflète aussi cette prise de conscience de plus en plus étendue. Et le président du Conseil provincial du tourisme de Zagora d’expliquer que les promoteurs touristiques ont ainsi grandement intérêt à préserver le désert marocain. Un désert dont la superficie est incomparable à celles de l’Algérie, du Mali, du Niger ou de la Mauritanie. Mais c’est le seul espace qui jouit du grand atout de sécurité. Du coup, il reste le plus prisé de tous.De notre correspondant, Ali Rachdi

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