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Politique

Lutte contre la violence à l’égard des femmes
Une ONG se retire du comité de pilotage

Par L'Economiste | Edition N°:2210 Le 09/02/2006 | Partager

. Polémique autour des critères d’adhésion . Pointée du doigt, l’Association Le renouveau de la conscience féminine. Le secrétariat d’Etat à la Famille adopte la neutralitéDu grabuge dans le monde associatif féminin. Une polémique vient de surgir autour du comité de pilotage en charge de la mise en application de la stratégie nationale de lutte contre la violence à l’égard des femmes. Plus précisément, ce sont les critères d’adhésion au comité qui posent problème. Composé de 19 membres, il regroupe en son sein huit représentants d’associations féminines et centres d’écoute, huit représentants des départements d’Etat en charge de la stratégie et trois chercheurs. Les critères d’adhésion, particulièrement ceux des associations, ont été préalablement définis. Celui qui pose problème pour l’une des associations représentées concerne «l’obligation pour chacune d’avoir un parcours et une longue expérience dans la lutte pour les droits des femmes et contre la violence». Mais pas seulement. Il s’agit aussi d’avoir une position claire contre toute forme de violence à l’égard des femmes. Cela concerne aussi bien la violence physique que d’autres formes comme la non-reconnaissance de la paternité. C’est la Ligue démocratique des droits des femmes (LDDF) qui a mis le feu aux poudres en se retirant du comité. «La LDDF se trouve dans l’obligation de se retirer de ce comité et considère que le fait d’avoir violé des accords adoptés unanimement, est un signe précurseur des résultats très douteux qui pourraient découler des actions de cet organe», indique Fouzia Assouli, secrétaire nationale de la ligue. Principale mise en cause, l’Association Le renouveau de la conscience féminine, une association «indépendante» dont le conseil d’administration est présidé par Bassima Hakkaoui, parlementaire du Parti de la Justice et du Développement (PJD). Cette association ne répondrait pas, selon la LDDF, aux critères préalablement établis, notamment ceux relatifs à la lutte pour les droits des femmes. Dans un communiqué, la Ligue considère que «ladite association dans son parcours n’a cumulé au contraire que des positions hostiles aux droits des femmes et favorables à la violence à leur égard». De ce fait, ajoute le communiqué, «le comité et cette composition ne sauraient développer que des polémiques stériles, ne servant nullement la cause des femmes marocaines». Tout naturellement, Bassima Hakkaoui s’en défend. La parlementaire du PJD parle de «prétexte». . Représentativité?Son expérience dans la lutte pour les droits de la femme daterait de plus de 10 ans, l’association ayant été créée en 1995. «Dix ans, c’est suffisant pour parler de parcours militant», estime-t-elle. Hakkaoui va plus loin en parlant de «représentativité». Pour elle, le plus important serait «d’être représentatif et non de disposer d’un âge d’existence». Les critères préalablement retenus ne faisaient cependant pas allusion à cette problématique. D’autant plus qu’il s’agit dans ce cas précis de stratégie de lutte contre la violence et non pas de philosophie générale sur des sujets sociaux. Au secrétariat d’Etat chargé de la Famille, de l’Enfance et des Personnes handicapées, on préfère adopter le ton de la neutralité et «ne pas entrer dans ce genre de polémique». Le secrétariat aurait d’ailleurs dès le départ adopté cette position en laissant aux associations le soin de définir les critères d’adhésion sans «interférer dans leurs décisions». Le secrétariat d’Etat déclare par ailleurs ne pas être «adepte de la politique de l’exclusion». La position du département de Yasmina Baddou était prévisible. La neutralité est particulièrement recommandée pour un département gouvernemental, d’autant plus que les échéances électorales ne manqueront pas de raviver les débats entre associations féminines, qu’elles soient indépendantes ou pas. Fatema Maghnaoui, de l’Union d’action féminine (UAF), membre de ce comité de pilotage, estime que «tant que le référentiel des droits humains est respecté, toutes les associations doivent être admises». Elle n’hésite toutefois pas à évoquer une des positions antérieures de l’Association Le renouveau de la conscience féminine concernant ce référentiel. Elle explique que cette organisation féminine a un antécédent sur ce référentiel. Il s’agit d’abord de cadrer le débat. «Nous parlons du cas spécifique de lutte contre la violence», ajoute Assouli. Sur les colonnes du journal Attajdid, Mohamed Yassine, membre du PJD, déclarait que «la stratégie nationale de lutte contre la violence à l’égard des femmes est une façon détournée pour le gouvernement de remettre sur le tapis le plan d’intégration de la femme auquel nous nous étions opposés». La mouvance aurait-elle changé de position depuis?


Baddou face aux associations

Yasmina Baddou n’aura pas la tâche facile. En élaborant la stratégie nationale de lutte contre la violence à l’égard des femmes, son département veut obtenir l’adhésion du monde associatif féminin en particulier. Mais rien n’est acquis pour autant. Pourtant, aucune opposition ne concerne la stratégie elle-même. Plusieurs réunions se sont tenues au siège du secrétariat d’Etat pour en définir, de façon concertée, les grandes lignes. Les associations ne sont toutefois pas toutes unanimes sur la façon dont se déroulera le suivi de la mise en application. Avant de prendre une quelconque décision, les membres du comité qui siège au secrétariat d’Etat devront d’abord se mettre d’accord. Baddou pourra-t-elle rester neutre longtemps?Amale DAOUD

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