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Culture

L'université peut-elle redevenir un ascenseur social?
Par Mohamed Hamadi Bekouchi

Par L'Economiste | Edition N°:2742 Le 26/03/2008 | Partager

Résident dans au moins quatre pays (Maroc, France, Suède et Canada) où il enseigne, titulaire d’une série de doctorats d’Etat, Mohamed Hamadi Bekouchi se présente comme “concepteur médiatique”, qui est le titre de son dernier doctorat, celui qu’il a obtenu à Paris XIII dans la discipline Sciences de l’Homme, avec mention très bien (comme les autres!). Cet intellectuel hors gabarit vient de publier son cinquième livre, “La rage de gagner ou comment créer du bonheur et de la richesse dans votre entreprise”. Un de ses ouvrages a eu un très fort retentissement en France, “Du bled à la ZUP” (L’Harmattan): il montrait, en 1984, les failles de l’intégration et prédisait des explosions dans les banlieues françaises, ce qui a valu à l’ouvrage d’avoir une deuxième heure de gloire, en 2006-07. Dans les différentes disciplines qu’il pratique et enseigne, le Pr Bekouchi défend la thèse de la prééminence de la culture.Parallèlement, il assure des interventions de consultant dans diverses entreprises et a été administrateur du Fonds français d’Action sociale (FAS, un organisme public doté d’un budget de 1,3 milliard d’euros)L’université marocaine est hors-jeu. Personne  n’est satisfait de cette situation, ni les parents, ni les éducateurs, chefs d’entreprise, responsables politiques associatifs et ni, en premier lieu, les jeunes. D’emblée, il faut souligner que le ras-le-bol généralisé contre le système n’incombe pas uniquement à l’université. Elle n’est que le dernier maillon d’un processus scolaire long et pénible pour l’élève. Quel gâchis! Pendant une quinzaine d’années, l’élève pâtit: 4 élèves sur 10 décrochent avant le collège et 8 sur 10 des inscrits au primaire n’obtiennent jamais un diplôme universitaire. L’instauration de cargaison de réformettes du trio Licence-Master-Doctorat, teintée de semblant d’autonomie, n’a fait qu’aggraver le mal-être des étudiants, des universitaires et de l’université.. Le marché à l’universitéL’université est obligée de s’ouvrir sur le monde en se positionnant en un vaste territoire du savoir, des savoir-faire et de l’innovation. Pour que ce vœu se transforme en actes gagnants, enseignants, étudiants, parents, décideurs politiques et économiques, syndicalistes et responsables associatifs sont condamnés à être entreprenants. Dans cette stratégie politique d’intérêt national, l’Etat doit s’engager en première ligne en garant et en avant-gardiste d’une nouvelle gouvernance de l’université en visant haut et loin. Nouvelle gouvernance intègre les enjeux de la mondialisation et de l’économie de marché pour déloger l’université de sa tour d’ivoire. Ainsi libérée, elle se réconciliera avec le monde, elle trouvera force et imagination pour produire des vertus insoupçonnées et inestimables.L’université marocaine ne peut, à elle seule, relever les défis de la société des sciences et des techniques. Aucune grande université au monde ne vit recroquevillée sur elle-même et attend que les moyens lui tombent du ciel. C’est une absurdité de vouloir miser sur l’excellence, en parallèle, d’abdiquer de survivre avec les infimes subsides de l’Etat. En effet, les universités américaines, du sud asiatique et de l’Europe du Nord dispensent un enseignement de qualité et gèrent de fortes activités scientifiques et culturelles, des actions humanitaires. En contrepartie, l’étudiant, la famille, l’entreprise, de même que les grandes municipalités, chacun en fonction de son degré d’attachement, de ses relations et de ses affinités avec l’université, apportent soit une contribution financière, soit une assistance, soit une expertise, soit encore une expérience professionnelle et des réseaux. C’est clair, sortir l’université marocaine de sa léthargie, exige des engagements politiques agressifs et courageux de la part de tous, à la hauteur des ambitions et de l’amour que les uns et les autres affectionnent pour leur pays.. Reformatés ou virésSi l’entreprise s’implique à son tour, l’université pourra proposer à l’entreprise une infinité d’opportunités pour la faire profiter de l’affût de nouvelles découvertes scientifiques. Concrètement, elle devra être capable de répondre aux attentes de l’entreprise en effectuant des études, du conseil, de la formation. Ou encore, elle l’assistera dans la création des supports de communication et d’information et l’accompagnera dans la réalisation de campagnes culturelles et des promotions commerciales.Pour que l’université marocaine retrouve ses lettres de noblesse, de ce fait, redevienne l’ascenseur social par excellence, elle devra prouver par des actions irréprochables et constantes, que ses partenaires les plus récalcitrants, en sortiront gagnants. Pour y arriver, on ne dira jamais assez que l’université devra procéder à un travail structurel en profondeur, et ce, à tous les niveaux: formations porteuses, pédagogie interactive, management participatif et engageant, capital humain, aménagement des espaces d’enseignement et culturels, relation avec l’environnement économique et social, des moyens à la hauteur des objectifs à atteindre. Pour ce qui est du capital humain, l’université regorge d’énergies et d’intelligences, toutefois, ces hommes et ces femmes d’esprit paraissent démotivés et en mal-être et social. Somnolant par la force des choses ou chargés d’activités annexes, c’est pourquoi ils ont fortement besoin d’être secoués, revivifiés… Quant à une bonne partie d’entre eux, ils méritent d’être formatés ou carrément priés de vider les lieux.


Mouiller sa chemise pour l’université

L’entreprise devra apprendre les bonnes habitudes culturelles, en premier, créer des relations structurelles avec l’université et le savoir. De manière franche, les professionnels devront «mouiller leur chemise» pour elle en se positionnant en véritables partenaires dans la conception et la gestion des programmes universitaires et extra-universitaires. Ces derniers devront prendre en charge des chaires scientifiques dans les disciplines qui leur sont chères, financer des projets de recherche, parrainer des masters et des doctorats, sponsoriser des ateliers de créativité et de high- tech, des festivals. Ce n’est pas toujours une question d’argent, les professionnels pourront prendre un peu de leur temps pour aller à la rencontre des étudiants pour connaître leurs préoccupations, de même leur communiquer leurs expériences réussies et leur satisfaction ainsi que leurs déboires et leurs tracas quotidiens. Ce mode de rencontres est très précieux, dont le prix demeure inestimable.Par exemple, l’AARP (Association des seniors cadres supérieurs américains) regroupe 36 millions d’adhérents. Par leur nombre, leur compétence et leur vitalité, ils épaulent les jeunes générations dans leurs premiers pas dans le monde de l’entreprise. Ils organisent des cycles de formation, parrainent, conseillent, s’impliquent à titre d’associés. Infiniment plus modeste et peu connue que son homologue l’AARP pour imposer son empreinte comme des lobbies entreprenants, AGIR (Association de cadres retraités français) fait déjà des bulles! Elle rassemble en France presque 3 millions d’adhérents. Des cadres et des maîtres artisans en retraite qui interviennent auprès de chefs de PME, et ce, dans différents secteurs d’activités socio-économiques et industrielles autant dans l’Hexagone que dans les pays en voie de développement.


Payer pour être impliqué

En pratique, l’implication de l’étudiant passe par le payement des frais d’inscription pédagogique, administrative et des assurances. Cette implication peut être modulée en fonction de son niveau de scolarité, de sa spécialisation et de son revenu familial. En fonction de situations précises, l’étudiant ayant des dons scientifiques, artistiques ou des performances sportives peut, en partie ou complètement, bénéficier de bourse. Qu’il finance ses études ou qu’il en soit dispensé, l’étudiant se sentira impliqué pour donner le meilleur de lui-même. Certainement, il aura suffisamment de motivations et de raisons objectives pour se lancer corps et âme dans une meilleure gestion de son développement, et aussi, participer à l’animation et à la promotion de son établissement. Motivé et accrocheur, il s’impliquera en collectivité pour organiser des forums et des manifestations culturelles et de loisirs, confectionner des journaux internes, animer la radio ou la télé universitaire. Au niveau extra-universitaire, il sera prêt à intervenir dans toute autre action sociale d’intérêt général. Pour donner une valeur et un sens pratique à ces activités, elles doivent être comptabilisées en discipline majeure qui s’inscrirait dans le dossier de l’étudiant. Il va de soi que cette valeur ajoutée lui sera d’un apport précieux pour son insertion professionnelle.

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