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    Economie

    L'Unicef révisera son programme au Maroc en juin

    Entretien avec Olivier Théo Degreef, représentant de l'Unicef au Maroc

    Par L'Economiste | Edition N°:502 Le 07/05/1999 | Partager

    · L'Unicef veut une meilleure collaboration avec le gouvernement marocain
    · Discorde sur les chiffres de la mortalité maternelle


    - L'Economiste: Quel est le bilan d'activité de l'Unicef pour 1998?
    - M. Olivier Théo Degreef: Au niveau des zones rurales, j'ai été d'abord frappé par la situation des populations enclavées. L'accès à l'eau, à l'école et aux soins de santé est extrêmement difficile. La situation ressemble d'ailleurs à celle de nombreux pays subsaharien. Ceci dit, l'approche qui a été développée par l'Unicef avec les collectivités locales et surtout avec les populations nous a permis de faire des progrès importants dans les provinces d'Essaouira, Zagora, El Haouz ou encore Ouarzazate. Le nombre de petites filles scolarisées a doublé grâce à une approche intégrée qui consiste à ne pas isoler la scolarisation des autres besoins de la population. Il faut rappeler que ces programmes ont d'abord pour objectif d'organiser la population villageoise de manière à lui permettre d'apprendre à exprimer ses besoins prioritaires. A commencer par l'accès à l'eau.

    - Qu'en-est-il en zone urbaine?
    - J'ai eu l'occasion de visiter le programme dans les périphéries de Tanger, Marrakech et Casablanca. Mais là aussi j'ai été touché par l'immensité des problèmes. Le fait de voir des filles de 6-7 ans travailler dans le tapis, la poterie et autres donne à réfléchir. Un réconfort: j'ai pu constater que nos programmes permettent même aux petites filles qui travaillent de pouvoir bénéficier de l'éducation informelle.

    - Que pensez-vous du programme de L'Unicef?
    - Le rôle de l'Unicef n'est pas de veiller au bien l'être de la population de certaines communes, mais d'assister le gouvernement là où l'exige sa politique nationale. Les expériences de l'Unicef sont intéressantes. Mais à mon avis il est urgent d'intégrer ces programmes à ceux des instances gouvernementales.

    - Que pensez-vous des taux de mortalités infantile et maternelle?
    - Pour ce qui est du taux de mortalité infantile, il a énormément baissé. Le Maroc a réussi le pari de la décade, puisqu'il est arrivé à 70 décès pour 100.000 et ce, grâce à la prévention, notamment la vaccination. L'indicateur de mortalité infantile est extrêmement important. C'est peut-être un de ceux qui illustrent le mieux le progrès social. En revanche, le taux de mortalité maternelle reste trop élevé. Le gouvernement le reconnaît lui-même. D'ailleurs, des désaccords subsistent autour des chiffres officiels. Le taux de mortalité maternelle pourrait être plus élevé. Surtout qu'il est difficile à chiffrer.
    Une autre réserve par rapport aux chiffres concerne le registre civil ou les problèmes des actes civils. Dans le milieu urbain, normalement toutes les naissances sont enregistrées, ce qui n'est pas le cas en zone rurale. La situation est beaucoup plus grave au niveau des décès, puisqu'ils ne sont pas tous déclarés. Dans un pays comme le Maroc, il devient de plus en plus pressant d'avoir des chiffres plus fiables pour pouvoir mesurer les progrès dans tous les domaines relatifs à la protection de l'enfant.

    - Comment réduire la mortalité infantile?
    - La situation périnatale reste préoccupante, et c'est à ce niveau qu'il faut travailler pour réduire la mortalité infantile. Au Maroc, c'est la santé de la reproduction qui pose beaucoup plus de problèmes.
    L'état de santé des enfants au Maroc s'est énormément amélioré. Il reste le problème de l'accès à l'eau potable. Ce facteur détermine d'ailleurs la morbidité. Sans oublier la malnutrition qui peut prendre la forme de carence en iode, en vitamine A, en micronutriments. Cependant, par des actions d'éducation et d'information, l'avitaminose et l'anémie peuvent être résolues facilement.

    - Quels sont les projets en cours?
    - Le grand chantier pour l'heure réside dans la révision complète en juin de notre programme. Nous allons le faire en concertation avec le gouvernement. Pour l'instant, nous travaillons notamment avec le MEN sur l'éducation non formelle, et avec le ministre du Développement Social sur la préparation d'inspecteurs du travail pour interdire le travail des enfants.

    - Qu'en est-il du financement de l'Unicef?
    - Le financement de l'Unicef reste particulier, puisqu'il s'opère par des dons bénévoles. Ces dons proviennent aussi bien de la part des gouvernements que du public. Le budget de l'Unicef au Maroc est constitué de fonds octroyés annuellement par l'Unicef sur décision du Conseil d'Administration et ce, pour un cycle de cinq ans. Ce budget est assez réduit. Donc c'est au représentant de l'Unicef au Maroc de trouver les fonds supplémentaires. Une des principales sources de financement reste les dons privés que nous collectons principalement en Europe, en Amérique du Nord et au Japon. Il y a aussi les recettes des cartes de voeux qui s'élèvent au Maroc à environ 130.000 Dollars.

    Propos recueillis par Khadija MASMOUDI

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