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    L'ONA change de président

    Par L'Economiste | Edition N°:2755 Le 14/04/2008 | Partager

    . Belghazi (Somed et Fondep) remplace Bendidi. Les investissements de Wana au cœur du divorce. Le nouveau PDG a trois mois pour «reformater» le projet Saâd Bendidi quitte donc la présidence de l’ONA, qu’il occupait depuis février 2005. Ce départ intervient à quelques jours de la présentation des comptes du groupe. C’est Mouatassim Belghazi, DG de la Somed et fondateur de la société de microcrédit Fondep, qui succède à Saâd Bendidi. Le communiqué officiel est assorti d’une demande de suspension du titre ONA de la cotation, «en attendant que les esprits se calment» explique Mounir Majidi, administrateur, secrétaire particulier de S.M. le Roi et représentant de Siger, le holding de la Famille Royale. La phrase la plus importante du communiqué est celle qui dit que Belghazi, le nouveau président, devra «présenter dans les trois mois un nouveau plan d’affaires de Wana». Lors de l’exposé des résultats, le 31 mars dernier, Bendidi avait effectivement souligné l’impact des investissements de Wana sur les résultats du groupe, tout en considérant qu’ils étaient dans la norme prévue (voir L’Economiste du 1er avril 2008). En fait, l’histoire est un peu plus compliquée. Depuis un an et demi, Wana «déroule» (le mot à la mode aujourd’hui pour dire que l’on applique un plan) des investissements de 6,7 milliards de DH auxquels il aurait fallu rajouter 4,5 milliards. «J’avais approuvé le plan, explique Khalid Cheddadi, président de la CIMR (Caisse interprofessionnelle marocaine de retraites: 4% du capital de l’ONA) et administrateur du groupe, mais, au fur et à mesure, j’avais de gros points d’interrogation sur la réalisation des objectifs.» Pour la Caisse, pas question donc de suivre plus avant sans être sûr du moment et du niveau auxquels vont se situer les retours sur investissements.Même interrogation, mais sous un angle différent, chez Mohamed Kettani, le patron de Attijariwafa bank, principale filiale financière du groupe (mais aussi, comme les autres banques marocaines, appelée à financer Wana et tenue de se conformer aux normes de Bâle II): «Notre attention avait été attirée, il y a déjà quelques temps, sur la nécessité d’actualiser le plan d’investissement (...), 11 à 12 milliards de DH, cela aurait fait beaucoup d’argent et, franchement, nous avons été surpris et déçus, que cela n’ait pas été fait: Saâd Bendidi n’a pas évoqué cette option dans la présentation des résultats 2007 et nous a reproposé l’ancien plan cette semaine.»Rendu à la vie civile, Bendidi se refuse à commenter ces données. Il ne veut pas davantage commenter la constitution en décembre dernier d’un comité de pilotage, dont la présidence lui était revenue. Ce comité a été constitué à la demande pressante du conseil d’administration, en décembre. Il devait dire s’il était justifié de remettre 4,7 milliards de DH d’investissements. Il devait aussi préciser quand et comment le point mort serait atteint. «Ce comité ne s’est jamais réuni», note Mounir Majidi, qui ne cache pas son agacement. Aussi, le conseil extraordinaire de vendredi dernier a-t-il décidé de mettre fin à la mission de Bendidi.«Attention, dit Rachid Tlemçani, directeur du pôle Stratégie de l’ONA, les 4,7 milliards demandés ne sont pas de l’argent dépensé, ils sont juste demandés.» Hassan Bouhamou, président de la SNI, précise: «Les actifs de Wana ne sont nullement remis en cause.» «Aujourd’hui, Wana vaut la mise de l’actionnaire», ajoute-t-il. Il continue de penser qu’«un troisième opérateur global sur le marché marocain peut être rentable». Même s’il vient juste d’arriver, Mouatassim Belghazi, va aussi dans ce sens. Il apporte un éclairage politique, en regardant l’expérience française: «Entre France Télécom et Vivendi, les autorités publiques ont soutenu le démarrage de Bouygues pour éviter la formation d’un binôme qui aurait pu être préjudiciable aux consommateurs.» Il ne cache pas qu’il va s’employer immédiatement à faire ce lobbying. Est-ce que le gouvernement et l’ANRT l’écouteront, en prenant le risque d’avoir l’air de favoriser l’ONA, pendant que ses concurrents ne manqueront pas de crier à la concurrence déloyale?Quelle que soit la réponse publique, l’enjeu se situe donc dans le reformatage du plan de Wana.«Mouatassim Belghazi rit quand on lui dit qu’il est «casse-cou» d’accepter la présidence de l’ONA. Mais il montre vite son sens de l’à-propos quand il parle du choix technologique de Wana: «Nos clients peuvent être rassurés, leur matériel fonctionne bien.» Il est le fondateur de l’association de micro-crédit Fondep, ayant une excellente réputation dans la profession. Belghazi était entrepreneur au Canada, quand il s’est laissé tenté par la présidence de la Somed. Belghazi l’a réveillée: en deux ans, elle est revenue sur le devant de la scène immobilière et touristique««Saâd Bendidi a quitté la présidence de l’ONA, vendredi 11 avril, à la demande du Conseil d’administration: «C’est une décision qui ne se conteste pas, la légitimité actionnariale dicte ce qu’elle juge bon.» Bendidi adopte un ton serein: «J’ai eu beaucoup de plaisir à travailler dans ce groupe et c’était un privilège.» Quant à un parachute doré (éventuelle prime de séparation que donnent certains groupes -mais pas tous- et dont la rumeur ne manquera pas de s’emparer), Bendidi est net: «Je n’ai encore rien discuté des conditions de mon départ.»«


    Télécom, l’enfer est à côté du paradis

    Les télécommunications, au Maroc comme ailleurs, sont des zones dangereuses, où l’enfer jouxte le paradis. D’abord, il faut avoir beaucoup de chance pour choisir la bonne technologie et savoir que ce n’est pas forcément la meilleure qui va s’imposer sur le marché. Wana a préféré une technologie nommée CDMA à celle du GSM. Aujourd’hui, il est facile de dire que le choix n’était pas bon, mais, il y a trois ans, il paraissait logique. Le plus dangereux n’est pas là. Il est dans le fait qu’en matière de téléphonie, il faut commencer par «acheter ses clients» et les Etats rajoutent au danger, en vendant les licences d’exploitation le plus cher possible. Wana a payé la sienne 444 millions de DH. Méditel avait versé 11 milliards de DH.Sauf peut-être en Chine, la planète est pleine de cadavres de sociétés de télécom, mortes au cours de cette extravagante course au client sans arriver à leur niveau de rentabilité. Un client Wana revient à près à 500 DH; chez Maroc Télécom, il se dit qu’il coûte aux alentours de 450 DH, mais ce chiffre n’a pas pu être vérifié. En tout cas, l’enjeu est donc très lourd. En revanche, pour les sociétés qui en réchappent, c’est le jackpot: une fois l’installation de la clientèle faite, le moindre coup de téléphone rapporte. C’est ce qui fait l’engouement des Bourses pour le secteur au point de créer des bulles spéculatives. Et c’est aussi ce qui fait la méfiance des autorités publiques. D’un côté, elles veulent la bonne santé de leurs entreprises de télécom, et, de l’autre, elles redoutent que les instruments de régulation (agences et consommateurs) ne soient pas assez puissants pour freiner les appétits de ces monstres.


    Wana, c’est quoi?

    Wana, très connue par sa communication massive, son produit phare Bayn et ses magasins vert amande, est la filiale spécialisée dans les télécoms, à la fois de l’ONA (51%) et de la holding mère de l’ONA, la SNI (49%). L’ONA est l’opérationnel tandis que la SNI agit en tant que holding de placement. Wana a réalisé un CA de 700 millions de DH en 2007.Pour les deux groupes, Wana fait partie des «relais de croissance», c’est-à-dire des investissements actuels, qui, plus tard, feront les résultats financiers. Wana espérait atteindre sa rentabilité en 2009-2010. Ce qui paraissait difficile à réaliser, mais ceci n’a pas attiré les questions des analystes financiers lors de la présentation publique des résultats. La seule question sur ce thème fut celle de L’Economiste. La réponse du président Bendidi fut rassurante: «Wana a démarré ses activités avec un financement totalement bouclé par rapport à son business plan.»Wana, fille lointaine de Wanadoo quand France Télécom avait encore la force de s’intéresser à des marchés extérieurs, se place derrière Maroc Télécom, le géant historique, et Méditel du groupe Benjelloun (où Bendidi était le numéro 2). Méditel a eu un démarrage délicat mais a réussi à se faire sa place. Au départ, l’idée n’intéressait pas vraiment l’ONA. Ce n’est qu’en cours de route, quand France Télécom est partie, que Karim Zaz, le patron de cette petite entité à fort potentiel, s’est démené pour que les compétences ne soient pas perdues. Les autorités politiques ont soutenu l’idée, contentes qu’un troisième larron évite au Maroc un tête-à-tête un peu trop risqué entre les deux opérateurs. L’arrivée de l’ONA change complètement la dimension du projet de départ. Wana commence néanmoins par s’occuper d’une niche, la téléphonie d’entreprise. Puis elle passe, palier par palier, jusqu’à la 3G, licence acquise en 2006. Elle est donc devenue ce qu’on appelle un «opérateur global», c’est-à-dire capable d’offrir ses services sur presque tous les segments du marché.N. S.

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