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    Economie

    Loi de Finances 1994 : Le ministre des Finances défend le Budget

    Par L'Economiste | Edition N°:121 Le 17/03/1994 | Partager

    M. Sagou a bien de la chance: depuis une vingtaine d'années c'est le premier ministre des Finances à pouvoir annoncer des allégements fiscaux assortis d'une baisse des taux d'intérêt.

    Personne ne croyait plus, par exemple, à l'amortissement accéléré ou au partiel désarmement de la Cotisation minimale, deux mesures de structure introduites par les amendements à la Loi de Finances pour l'année 1994. Dans la foulée, la hausse de 12,5 à 15% du PFI, ce qui doit rapporter 10 milliards de DH (soit 1,7 milliard de plus, +9,3%, que l'année dernière) est passée sous silence, tant par le gouvernement que par les milieux professionnels.

    Cependant, si les milieux professionnels ont d'abord retenu la détente fiscale, les questions de politique économique et sociale reprennent leurs droits, spécialement avec la reprise cette semaine du "dialogue social".

    C'est ainsi qu'au cours de trois heures de conférence de presse (dont la moitié consacrée à la lecture du fort long texte d'introduction) les questions ou remarques se sont majoritairement orientées vers la politique sociale.

    M . Sagou admet que durant les dix années d'ajustement structurel les volets sociaux n'ont pas eu assez d'importance, mais, fait-il remarquer, "les indicateurs sociaux d'au jourd'hui sont meilleurs qu'ils ne l'étaient au démarrage de l'ajuste ment". Il ajoute que l'ajustement était indispensable: "que seraient au jourd'hui ces indicateurs s 'il n 'avait pas eu l'ajustement?". Dans son texte de présentation, le ministre se montre plus agressif, plus politique: "devant les performances de l'ajustement, on ne peut que s 'étonner de la position de ceux qui, contre toute évidence, continuent à mettre en doute les résultats". Pour le ministre, une politique de déficit budgétaire est "inconcevable (...), à moins de prendre le risque de l'isolement, de la régression et de la pénurie".

    Le "taux de croissance économique durable", que M. Sagou veut voir s'instaurer, devra selon lui s'appuyer sur une "nouvelle politique économique". Pour ce faire, il reprend les réformes déjà en cours ou réalisées (banques, Bourse...) et y ajoute des développements sur le partage des tâches entre public et privé (débudgétisation et concessions) de manière à accroître l' intervention de I ' Etat dans les secteurs sociaux et réduire l'engagement dans les autres. Pour lui, les trois garde-fous, placés à la conduite budgétaire par S.M. le Roi lors de la formation de l'actuel gouvernement, sont "des objectifs et des contraintes à la fois". Il s'agit du plafonnement du déficit budgétaire à 1,5% du PIB, d'un taux d'inflation de 4 % et d'un maintien du déficit de la balance courante limité à 2,1% du PIB.

    En conséquence, le ministre des Finances insiste sur l'investissement (notamment public, en dépit de ses remarques politiques sur le partage public-privé). Il souligne particulièrement la reprise des anciens projets de zones franches industrielles ou la promotion (en cours) de la zone off shore de Tanger. Enfin, M. Sagou rappelle la détente des taux bancaires qui entre en application cette semaine. Au passage, il récuse formellement que cette baisse soit "administrative", mais il laisse sans réponse une question sur les marges bancaires.

    Le ministre des Finances confirme l 'engagement des pouvoirs publics sur la baisse des taux d'intérêt sur les Bons du Trésor(1) et la met en rapport avec la fiscalisation, "provisoirement à 10%", de ces mêmes Bons. E et toujours dans le domaine financier M. M'Hamed Sagou annonce création d'un marché hypothécaire mais sans donner de date quant lancement. En attendant, il met relation ce marché et la réduction c emplois obligatoires dont l'une premières victimes est le CIH. Pour ministre des Finances, ce marc hypothécaire constituera un c moyens privilégiés de relancer et maintenir le niveau d'activité dans domaine du bâtiment et donc logement.

    N . S.
    (Voir en page suivante les analyses du M. Sagou concernant les équilibres budgétaires et les engagements en matière sociale).

    (1) C f L'Economiste du 10 mars 1994.

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