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L'offre éducative peine à suivre le boom de la région

Par L'Economiste | Edition N°:2407 Le 23/11/2006 | Partager

. Tanger se pose en candidat pour le Plan 10.000 ingénieurs. Avec les moyens du bord, l’université essaie de limiter les dégâtsL’université Abdelmalek-Essaïdi (Tanger/Tétouan) accueille cette année 4.800 nouveaux étudiants qui poursuivent leurs études à Tétouan, Tanger et bientôt Larache, «sièges» locaux de différents établissements rattachés. Cette dispersion est l’héritage de contraintes sécuritaires qui présidaient à l’organisation du schéma directeur de l’université dans les années 1970. Elle n’est pas sans poser des difficultés pratiques. L’absence de mécanisme d’aiguillage tourne au casse-tête pour les responsables à cause de la pression qu’elle entraîne sur certaines filières. Comme la loi les y autorise, les bacheliers peuvent s’inscrire dans la branche de leur choix. Il faut noter au passage que la plupart de ces jeunes ne se décident qu’après avoir obtenu le bac, voire devant le guichet d’inscription sans se poser la question d’intégration sur le marché de l’emploi. Résultat: 40% de nouveaux inscrits se ruent sur les études de droit et d’économie, deux branches qui sont aujourd’hui au bord de l’asphyxie. Pour l’année en cours, 860 bacheliers ont choisi le droit, section arabe, contre 140 dans la section française. La faible diversification de l’offre dans la région ne laisse guère, il est vrai, de choix aux jeunes, concède Mustapha Bennouna, président de l’université Abdelmalek. Ce dernier plaide la rupture afin de «suivre la dynamique de développement de la région». Déjà aujourd’hui, les entreprises ont du mal à recruter, et ce, quel que soit le secteur. Il y a un contraste entre, d’un côté, le bouillonnement créé par Tanger-Med et l’arrivée des investisseurs dans les zones industrielles, et, de l’autre, la disponibilité d’une main-d’œuvre et du personnel qualifiés. La pénurie concerne toutes les catégories, cols blancs et bleus. Bien des firmes n’hésitent pas d’ailleurs à recourir à une «émigration» interne pour faire venir du personnel, ce qui ne va pas manquer de faire pression sur les niveaux de salaire. Au vu des besoins, Tanger et sa région se posent en candidats pour être un des principaux sites où sera déployé le Plan 10.000 ingénieurs, à condition de créer les conditions pour alimenter les formations scientifiques et technologiques, des filières où le système éducatif n’atteint pas la masse critique. Mais tous les jeunes ne sont prédisposés à devenir ingénieurs. «Il est tout aussi nécessaire de redonner aux langues vivantes et aux sciences humaines la place qu’elles méritent si nous voulons attirer plus d’investisseurs et contribuer au rayonnement de notre patrimoine», suggère le président de l’université Abdelmalek-Essaïdi. Dans la région, il existe aujourd’hui une forte demande de nouveaux métiers, notamment dans l’offshoring et les nouvelles technologies, entre autres. La capacité à suivre cette évolution constituera un test de la capacité de réactivité de l’université et des opérateurs de la formation de la région. L’université Abdelmalek veut enfin expérimenter des marges de manœuvre offertes par la loi en matière d’autonomie de gestion. Elle annonce des formations configurées aux besoins des entreprises ainsi que des programmes diplômants de courte durée. Si elle accroche, cela ouvrira de nouvelles sources de revenus à l’université. Dans un contexte de rigueur budgétaire, tout est bon à prendre. En attendant, l’université introduit dans son portefeuille des licences professionnelles et masters en logistique, management industriel, métiers du conseil, TI et en énergies renouvelables. La volonté est une chose; les moyens de la concrétiser en est une autre. Le manque de moyens n’est pas de nature à encourager le développement et à épanouir la formation universitaire. Nombre de responsables se sont étonnés que la mise en place de la deuxième marche de la réforme n’ait pas été accompagnée d’un effort budgétaire supplémentaire. «L’Université a besoin de plus de moyens pour concrétiser son projet d’autonomie administrative, financière, pédagogique et scientifique», constate laconiquement Mustapha Benouna. Ali ABJIOU

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