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Politique Internationale

LIVRES : Le sous-développement revu à travers la prospective

Par L'Economiste | Edition N°:16 Le 13/02/1992 | Partager

Dans son récent ouvrage intitulé «Rétrospective des futurs» Mahdi Elmandjra à travers une série d'articles, déjà édités dans la revue française «Futuribles», traite des différents problèmes du sous-développement, tout en utilisant l'analyse prospective.


LA prospective est l'anticipation de certaines mutations d'ordre qualitatif et leur traduction sous forme d'alternatives bénéfiques pour l'ensemble de l'humanité.
La prospective, doit être considérée non comme instrument de divination, mais comme une discipline d'anticipation au service de la décision et de l'action.
Ainsi, l'ouvrage de Mahdi El Mandjra riche en analyses économiques et en exemples chiffrés doit être un outil de travail pour ceux qui s'intéressent à l'économie de manière générale, et aux problèmes de développement de façon particulière.
Professeur à l'Université Mohamed V, Mahdi Elmandjra a travaillé pendant plusieurs années à l'UNESCO. Il a été Président de la Fédération Mondiale des Etudes du Futur, de Futuribles International et membre du Club de Rome. Il est le Président Fondateur de l'Association Marocaine de Prospective.
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, l'ensemble de ses articles ne sont pas indépendants, le fil directeur de l'ouvrage sont les problèmes du sous-développement, et les rapports Nord-Sud.
Cette série d'articles débute par l'analyse du «rapport Brandt» où l'auteur remarque que la non intégration des données socio-culturelles mène nécessairement à une vision linéaire et non prospective, qui laisse de côté toutes les évolutions qualitatives possibles. Il y déplore alors l'absence d'une démarche prospective basée sur l'anticipation des «futurs possibles et désirables».

La fin des micro-nations


Ceci l'amène à se pencher de manière particulière sur l'Afrique («L'africanisation de l'Afrique»), et sur le Maghreb ("Maghreb 2000"). Il affirme que le système politique et économique international ne laissera aucune chance aux micro-nations, qu'un ensemble viable devra regrouper près de 100 millions de personnes. Ce système favorisera les rassemblements sous régionaux.
Par contre, Mahdi Elmandjra estime que le Grand Maghreb aura, à l'horizon 2000, une population quelque peu inférieure à 100 millions et pourra alors espérer constituer une économie d'échelle.
L'auteur dresse trois scénarios pour le Maghreb, l'un tendanciel, l'autre de réformisme, et enfin un troisième de transformation.

Une ressource à considérer: l'information


Analysant les problèmes de développement, Mahdi Elmandjra ne pouvait s'empêcher de traiter le problème de l'information, et lui consacrer un article intitulé «Où va l'information».
Il considère que la géopolitique de l'information reste à faire puisqu'elle permettrait d'expliquer bien mieux que les statistiques nationales et les indicateurs des organisations internationales la probléma-tique des rapports Nord-Sud et du développement inégal. Ainsi l'absence dans les pays du tiers monde de stratégies et de politiques dans le domaine de l'information en tant que ressource économique, sociale et culturelle est pour lui sans aucun doute une des causes majeures de leur crise de développement et de leur vulnérabilité vis-à-vis des pays industrialisés. Mais une question se pose à ce niveau: si dans les pays actuellement développés, l'apogée de l'information est arrivée après le développement économique, comment pourrait-on espérer un développement par le haut au niveau des pays du tiers monde?
L'auteur analyse alors la corrélation entre «Médailles olympiques et développement» et «Du bon usage de la prospective», comme une transition à la deuxième partie de son ouvrage qui traite plus spécifi-quement des rapports Nord-Sud. Il analyse alors le «Soutien financier de recherche et développement dans les pays du tiers-monde», et l'Organisation des Nations Unies.

L'aide extérieure, obstacle au développement


Concernant cette dernière, l'auteur considère que ses finalités doivent être revues du fait que les problèmes qu'affronte l'humanité à l'aube du XXI siècle ne sont pas les mêmes que ceux qui prévalaient il y a quarante ans.
Puis analysant l'aide extérieure, Mahdi Elmandjra la qualifie d'un obstacle au développement. D'après lui, tant qu'un pays n'a pas atteint par lui-même un niveau minimal de développement, il ne peut profiter de façon maximale des aides étrangères. Il estime, par ailleurs dans son article «Fusion de la science et de la culture: clé du XXI siècle», que le problème technologique des régions encore insuffisamment développées «ne peut être fondamen-talement résolu par l'importation de techniques étrangères ou l'implan-tation hâtive de sciences appliquées quelque sorte toutes faites. Il ne peut être de manière radicale, que par la création et le renforcement suivant un processus endogène».
Avant de terminer son ouvrage sur l'article «Le fossé Nord-Sud» édité en Mai 1991, Mahdi Elmandjra commente, avec un style acerbe, la guerre du Golfe et la qualifie comme «un prélude à l'affrontement Nord-Sud».

Laïla TRIKI

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