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    Culture

    Livre: Soixante mots pour dire «je t’aime»

    Par L'Economiste | Edition N°:2824 Le 21/07/2008 | Partager

    . Une étude de Fatéma Mernissi rééditée. La célèbre sociologue revisite les textes anciensLA première édition de cette étude était passée presque inaperçue: en 1988, Fatéma Mernissi n’était pas encore la célèbre sociologue connue dans le monde entier que révélera le livre «Rêves de femmes» en 1994. Ce livre vient d’ailleurs d’être traduit en… chinois.En 1988, la pertinence de ce travail n’était pas aussi évidente qu’aujourd’hui. En effet, il y a vingt ans, les enjeux politico-religieux sur l’amour et les femmes n’étaient pas ce qu’ils sont devenus aujourd’hui.Cette étude est donc plus utile maintenant qu’elle n’était au moment de sa rédaction.Pourtant, raconte l’auteur dans son introduction à la réédition de 1985, le premier tirage avait fait scandale, par le sujet traité et aussi par la forme, qui ne ressemble pas à une thèse universitaire classique.Le livre est en effet un choix de textes et des références, sur lesquels l’auteur fonde des réflexions, lesquelles ne sont pas une thèse, mais une sorte de rappels de l’histoire et de l’art pratiqués par les musulmans.Dès l’entrée en matière, Fatéma Mernissi donne le ton: il y a soixante mots différents en arabe pour dire «je t’aime». Une telle inventivité peut-elle être le fait d’une civilisation prude ou d’une religion remplie de tabous?L’auteur se réfère à Haroun Al Rachid, «l’homme le plus puissant du monde à cette époque», pour souligner que l’amour pouvait lui faire perdre le sommeil.Fatéma Mernissi rejoint les Orientalistes qui soutiennent que les poètes andalous sont ceux qui ont adouci les mœurs de l’Occident médiéval. Ils l’ont fait grâce à leurs écrits sur toutes les formes de l’amour, spécialement les développements sur l’amour courtois.Puis l’auteur s’en prend aux mœurs et à la place des femmes. Elle aligne exemple après exemple les cas où les femmes avaient le pouvoir et disposaient de leur propre autonomie. L’auteur n’hésite pas à en appeler aux hadiths, qu’elle cite avec sûreté.Mieux, Mernissi nous fait découvrir que l’amour, dans les textes anciens, est regardé comme le signe de la force de l’âme. On est loin, dit-elle, de la vision contemporaine qui en fait au contraire une faiblesse.Avec une jubilation à peine cachée, Fatéma Mernissi compare l’Islam, très tolérant sur ce chapitre, et la chrétienté, plutôt rigide.Sent-elle déjà, dans les années 1985-1990, poindre la grande raideur et leurs propres névroses que les intégristes vont imposer à la lecture du Coran? L’hypothèse vaut d’être explorée, tout au long de ce petit livre.N. S.

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