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    Politique Internationale

    L'intelligentsia arabe sommée de choisir son camp

    Par L'Economiste | Edition N°:301 Le 23/10/1997 | Partager

    Abdellah LAROUI
    Islamisme, modernisme
    et libéralisme
    Centre Culturel Arabe

    Hier, pour gagner la sympathie des étrangers, l'intel-lectuel arabe se disait volontiers marxiste ou marxisant; aujourd'hui, pour se faire entendre, même quand il vit dans l'exil, il se dit islamiste ou islamisant. Pour M. Abdellah Laroui, il y a quelques années l'intellectuel arabe était sommé de prendre position à l'égard du marxisme, "aujourd'hui c'est par rapport à ce que les étrangers appellent islamisme qu'il doit se définir". S'il refuse, on interprète ce refus comme un aveu. On va plus loin, on ne se contente pas d'une analyse objective, neutre, on exige un jugement de valeur, une approbation ou une condamnation. Et le plus souvent l'intellectuel cède au chantage, explique l'auteur.
    Dans les pays arabes aujourd'hui les ingénieurs, les médecins, les économistes, les entrepreneurs, les agronomes, les financiers, etc travaillent exactement comme leurs collègues à travers le monde. Leur langage, leur comportement, leur logique ne sont nullement différents; il y a donc bien là une base commune à tous. Ces hommes et femmes veulent et espèrent élargir le cercle de leur activité. S'ils sont mécontents, c'est précisément parce qu'ils n'y arrivent pas, quelque chose les retient et parfois les ramène à leur point de départ.

    Maintenant, il s'agit de tirer la leçon et de changer de cap de référence. Qui dit cela? Les intellectuels toujours, parfois les mêmes, le plus souvent d'un type nouveau, d'une formation différente, usant d'un idiome particulier. Ils sont toujours opposés aux libéraux, ils ne voient plus autour d'eux de révolutionnaires, nationalistes ou marxisants. M. Laroui note à ce propos que tout ce qu'ils savent et tiennent à affirmer c'est qu'ils ne veulent plus entendre parler de modèle, et donc de modernité, puisque ce concept est lié à une expérience étrangère; ils parlent simplement de justice, valeur traditionnelle, autochtone et pour cela aisément compréhensible.
    Celui qui dit: Je veux la justice au nom de nos valeurs ancestrales spécifiques vise la même chose que celui qui dit ou disait: Je veux la modernité au nom des valeurs communes à l'humanité; les deux refusent le présent vécu comme une déchéance indigne et insupportable. Peu importe que celui-ci la relie au passé et à la tradition, et que celui-là la rattache plutôt à une influence étrangère.
    C'est de cet accord sur le but et ce désaccord sur les méthodes que traite le livre de M. Laroui. Il s'agit de revenir sur le sens exact de modernité, libéralisme, réformisme. Il s'agit aussi d'analyser les motivations, conscientes et inconscientes, du projet alternatif, de voir avec précision ce qu'il promet et à quoi il peut entraîner dans les faits, avec le souci clairement affirmé de ramener le débat au niveau de la réalité vécue.

    Tout ce qui a besoin d'être réformé devra l'être un jour ou l'autre. Pour M. Laroui, on ne peut pas s'arrêter aux constations. L'écriture doit être normalisée, la grammaire simplifiée, le style revu, bref la tradition résultat de l'histoire doit être décomposée et recomposée.
    Les lamentations sur la victoire de l'obscurantisme ne signifient rien. Le pire arrive quand on le veut, quand on ferme toutes les portes de l'espoir, quand on se sent menacé par la modernisation des autres. Si chaque société est renvoyée à elle-même, si on la met au défi de ne compter que sur ses forces, faibles par définition, alors ce qu'on appelle le pire peut arriver.
    Presque toutes les crises qui secouent le monde aujourd'hui, sont ou paraissent mettre en cause l'Islam. Au vu de cette situation certains s'estiment autorisés à affirmer qu'après la dissolution de l'empire soviétique c'est maintenant l'Islam qui est l'adversaire de l'Occident.

    Salim LAHJOMRI


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