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Economie

L'informatisation du permis de conduire et de la carte grise au point mort

Par L'Economiste | Edition N°:669 Le 28/12/1999 | Partager

· Plusieurs mois après le lancement de l'appel d'offres, le cahier des charges modifié à plusieurs reprises disqualifie des concurrents
· Face à la confusion et au mécontentement des soumissionnaires, les autorités renvoient l'examen des offres à une date indéterminée

Décidément, le permis "moderne" et "sécurisé", dont rêve le Ministère du Transport et de la Marine Marchande, a du mal à voir le jour. Le nième report de l'ouverture des plis, décidé le mercredi dernier, du marché de l'informatisation du permis de conduire et de la carte grise ajoute une confusion supplémentaire à un processus qui avait déjà du mal à se mettre en route. Faute d'avoir pu atteindre le quorum dans la commission, les responsables des Transports ont donc renvoyé l'opération à une date indéterminée. A noter au passage qu'à la séance de mercredi dernier, ni le représentant du Ministère des Finances, ni celui du Secrétariat Général du Gouvernement ne s'étaient présentés. Les sociétés en course à ce juteux marché devront prendre leur mal en patience en attendant une prochaine convocation. Selon le Ministère du Transport et de la Marine Marchande, plus de vingt sociétés sont en course pour un marché évalué à près de 250 millions de DH.
L'appel d'offres porte sur la fourniture de fonds des cartes des permis de conduire et de cartes grises et l'équipement de 16 centres immatriculateurs en matériel, logiciels et accessoires nécessaires à la personnalisation et à l'impression de ces documents. Au total, il est prévu l'émission de 10 millions de pièces.
Pour les autorités, ce renvoi est le bienvenu tant ce marché suscite déjà des remous alors que la procédure n'en est encore qu'au niveau des starting-blocks. Certains soumissionnaires ne sont pas loin de penser que le match serait joué avant même le coup d'envoi de la partie. Que reproche-t-on en fait à cet appel d'offres? Dans la forme d'abord, ces interminables va-et-vient et les cafouillages du cahier des charges dont l'élaboration avait été pourtant l'oeuvre d'un bureau d'études (Orsys). A noter qu'initialement, l'examen des offres devait avoir lieu en été dernier et, à ce jour, le processus est encore au point mort. Il a été reporté à plus de trois fois.
Mais bien plus étonnant, ce sont les modifications intervenues entre-temps dans le cahier des charges. Ces changements ont eu pour effet de disqualifier à l'avance certains concurrents à la course. La dernière version a eu l'effet d'une bombe, en écartant l'une des deux technologies utilisées pour ce type de documents, le PDF 417, exploitée au Maroc par la société DMTEC avec l'appui technique de son partenaire américain, le groupe Symbol Technologies. Au motif qu'elle permet d'ajuster et de modifier les informations enregistrées sur la carte, le cahier des charges ne retient plus que la technologie de la puce électronique, le PDF 417 se trouve reléguée au rang d'option. Comment le Ministère des Transports ne s'en est-il pas aperçu plus tôt? Mystère. Car aux conditions actuelles, la compétition n'est plus ouverte qu'aux seules sociétés qui offrent la puce électronique. Certains concurrents y voient la main invisible du lobbying de la Gemadec, la filiale du groupe Cofimag, en course également dans cet appel d'offres.
Les dirigeants de la DMTEC crient au scandale. Ils se sentent aujourd'hui bernés, d'autant plus qu'ils travaillent sur ce projet depuis plus de dix-huit mois. "Mais attention", font-ils remarquer, "nous n'avons jamais prétendu l'emporter". Ils dénoncent à juste titre "qu'on les prive du droit de se lancer dans la compétition pour des motifs qui ne sont ni clairs ni convaincants". Ils ont de ce fait saisi le ministre du Transport et de la Marine Marchande ainsi que son homologue des Finances pour "rétablir l'équité".
A rappeler qu'au mois de mars dernier, le Ministère des Transports avait organisé en grande pompe à Casablanca, au centre immatriculateur de Hay Hassani une démonstration de ce qui allait devenir les nouveaux permis de conduire et la carte grise avec des prototypes de la technologie PDF 417.
Quelles qu'en soient les raisons et les justifications, ces modifications du cahier des charges dans un projet aussi important risquent de jeter de l'ombre dans la gestion des marchés publics et conforter la thèse de ceux qui soutiennent que la plupart des projets sont "vendus" à l'avance. Car comment expliquer alors que dans une si importante opération, l'on ne s'est pas donné le temps nécessaire pour définir les clauses du cahier des charges? Pour les Transports, cette opération doit accompagner le chantier global de la modernisation de la gestion et de la régulation du secteur. Les nouveaux permis de conduire et cartes grises devraient intervenir avec l'adoption prochaine du nouveau code de la route, pour boucler le dispositif du renforcement de la sécurité routière.


Les arguments de la technologie bannie


Selon la direction de DMTEC, le différentiel des coûts du PD 417 avec la puce peut aller jusqu'à 6. C'est un élément qui pèsera dans le coût global du projet. A les en croire, la plupart des pays qui ont informatisé leurs documents de circulation automobile, notamment l'Afrique du Sud, les Etats-Unis, le Canada, les Bahamas, les Philippines et la Nouvelle Zélande ont opté pour le PD 417, parce qu'il est moins onéreux. Les expériences de la carte à puce existent certes, mais elles ne sont pas nombreuses. Voilà qui leur fait penser que le Maroc va jouer le rôle de cobaye pour la puce.
La carte à puce est largement utilisée dans la banque notamment pour les cartes de paiement et de retrait au guichet. La durée de vie est généralement de deux ans.

Abashi SHAMAMBA

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