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L'informatique atteinte par le virus de la normalisation

Par L'Economiste | Edition N°:74 Le 08/04/1993 | Partager

Pour toutes les industries, les années 90 sont celles de la qualité et de la normalisation. Conséquence de l'ouverture internationale des marches, la normalisation est le langage commun des constructeurs. Pour informatique, elle connaît une limite dans le débat système ouvert propriétaire (1)

Pour le constructeur, la standardisation permet de faire des économies d'échelle grâce à l'utilisation de techniques de production de masse sur une gamme de produits étudiée. La production d'articles de qualité uniforme se fait à travers l'utilisation d'équipements, de conceptions standard.

Pour l'utilisateur, les standards améliorent sa capacité d'évaluation des produits de vendeurs concurrents. Ils permettent par l'utilisation d'interfaces normalisée de développer des systèmes qui s'adaptent le mieux à ses besoins et ses exigences: des configurations mixées multiconstructeurs deviennent possibles.

L'ISO (Organisation internationale de normalisation) et le CEI (Commission Electrotechnique Internationale), deux des trois organisations internationales de normalisation en technologies de l'information, ont publié la définition suivante en 1986 dans un guide" termes généraux et leurs définitions".

La normalisation est ainsi définie:

"Activité propre à établir, face à des problèmes réels ou potentiels, des dispositions destinées à un usage commun et répété, visant l'obtention du degré optimal d 'ordre dans un contexte donné. Cette activité concerne, en particulier, la formulation, la diffusion et la mise en application de normes. La normalisation offre d'importants avantages, notamment par une meilleure adaptation des produits, des processus et des services aux fins qui leur sont assignées, par la prévention des obstacles au commerce et en facilitant la coopération technologique internationale".

Sur la base de cette définition, la normalisation peut être perçue de deux manières différentes:

- comme une technique et une méthode;

- comme une institution.

Comme technique et méthode, son objectif est de:

- réaliser les interchangeabilités des produits et leurs interfaces;

- optimiser le nombre de variétés d'un même produit;

- assurer la certification des produits et éventuellement de services ;

- rationaliser les règles de sécurité ;

etc......

Une norme au stade ultime, celui de sa publication par l'lSO (ou un autre organisme) comme "norme internationale", n'est qu'une simple brochure, de 4 pages ou de 200 pages selon la complexité, qui définit un produit ou un procédé technique en vue de simplifier, de rendre plus efficace et plus rationnelle la production dans un secteur.

En fait, une norme c'est d'abord une arme industrielle, forgée pour la défense ou l'attaque. La défense? Il s'agit d'étudier l'exemple de la norme américaine NTC pour voir qu'en "normalisant", on peut parfaitement verrouiller un marché intérieur.

L'attaque? Lorsqu'une société veut entériner comme "norme" un standard qui lui était propre (L'exemple de Kodak avec la sensibilité des films photo), elle s'assure un avantage direct pour conquérir de nouveaux marchés.

Genèse de la normalisation

On distingue deux formes de "normalisation" la normalisation de facto et la normalisation de jure (de fait et de droit).

La première catégorie concerne les produits qui s'imposent d'eux-mêmes sur le marché, comme des standards de fait. Ceci grâce à un grand succès commercial pouvant être dû à maintes raisons dont les qualités du produit, l'habileté des vendeurs, l'absence de concurrents compétitifs.

L'utilisation étendue du produit en fait alors une référence dans son domaine. Sans qu'il y ait processus effectif et organisé de génération et de publication de standards de fait, il y a cependant adoption du produit à grande échelle.

La seconde catégorie concerne les normes qui sont élaborées dans des organismes de normalisation spécialisées comme l'ISO, I'UIT, CEI, CEN, ANSI, AFNOR... De telles normes résultent d'efforts nationaux régionaux ou internationaux visant à formaliser dans un document de référence le consensus obtenu dans un domaine particulier sur un sujet déterminé.

Ces deux processus de génération de "normes" ne sont pas forcément complètement dissociés. En effet, il arrive souvent qu'un standard de fait, parce qu'il est très largement utilisé, soit candidat à une approbation au sein d'un organisme de normalisation approprié.

C'est ainsi que la normalisation peut être conçue comme une institution.

Pratiquée aussi bien à l'intérieur de chaque entreprise ou par des organismes de normalisation nationaux ou internationaux, la normalisation n'impose pas d'obligations légales, sauf quand la puissance publique de chaque Etat ou éventuellement des organismes supranationaux s'imposent à certains Etats eux-mêmes (exemple: les groupements régionaux, CEE...).

Enjeux industriels

Comme institution, la normalisation a un caractère volontariste, par opposition à la réglementation. Elle est non contraignante.

De nombreuses communautés d'intérêts divers sont concernées par les enjeux techniques, et surtout économiques de la normalisation de la technologie de l'information: industriels, utilisateurs, chercheurs et administrations. Une préoccupation commune majeure intéresse l'ensemble des acteurs qui approchent le monde de la normalisation: il s'agit de se retrouver dans ce qui semble être ou devenir un foisonnement d'organismes, connaître les groupes dans lesquels leurs positions seront défendues, comprendre les mécanismes et liaisons très subtils. Un consensus peut être dégagé de la confrontation de positions diverses souvent inconciliables en apparence.

Les technologies de l'information ont acquis une importance économique et sociale qui a plusieurs aspects:

- elles constituent en elles-mêmes l'un des secteurs économiques les plus importants;

- la plupart des autres secteurs économiques deviennent de plus en plus dépendants des technologies de l'information et de leur utilisation;

- la création de marchés régionaux (européens) va introduire une composante nouvelle: en faisant disparaître les barrières techniques qui entravent le flux de l'information entre partenaires commerciaux. Ceux-ci sont en train de recourir de plus en plus aux moyens électroniques de traitement et de communication de l'information.

Dans le passé, la plupart des systèmes informatiques travaillaient dans des environnements fermés. Les architectures "propriétaires", c'est-à-dire les architectures spécifiques des grands constructeurs, étaient le moyen le plus sûr de protéger leurs marchés. En même temps, ils fournissaient à leurs clients les services nécessaires à la satisfaction de leur besoin.

Actuellement, le besoin d'ouverture se fait sentir à une grande échelle (macro-économique), mais également au sein d'une seule organisation ou usine.

Un nombre croissant de systèmes qui, pour des raisons fonctionnelles et de rentabilité, proviennent souvent de constructeurs différents, sont installés. Il y a de même un accroissement remarquable du nombre nécessaire de leurs interconnexions. Ceci est essentiellement dû au concept de plus en plus largement adopté d'informatique répartie, où les tâches sont effectuées par un ensemble de machines et de ressources plus adaptées, plus spécifiques et interconnectées. Le tout devant fournir une architecture souple, modulaire, mais surtout plus économique pour son utilisateur.

Bien que les bénéfices de la normalisation des éléments de l'industrie de l'ordinateur soient évidents, le décalage entre la publication et l'acceptante de standards est large. A travers l'histoire brève du développement de standards relatifs à l'industrie de l'ordinateur, le processus de développement a été continuellement accueilli par les opinions "trop hâtif" ou "trop tardif".

D'un côté, la standardisation prématurée des éléments de l'ordinateur peut conduire à la stagnation du développement de produits par une restriction excessive. Elle écarte des recherches futures dans ce champ.

De plus, les standards adoptés dans les premiers stades de développement d'un produit peuvent mener à une confusion et à un rejet (soit par une mauvaise utilisation, ou par une mauvaise interprétation des standards proposés).

Sans aucun moyen de mise en vigueur des standards, l'industrie américaine a payé cher son manque d'attention aux efforts de standardisation. Il a été estimé dans les années 80 que le 1/4 de la puissance totale de I ' ordinateur disponible dans les Etats-Unis était utilisé pour fournir des systèmes de conversion entre des éléments d'ordinateurs non similaires, non standardisés. Il n'y a qu'à voir la complexité des packages de conversion pour réaliser qu'un standard, un système de représentation commun est hautement bénéfique.

Quelques handicaps

Tant que la normalisation est perçue comme une doctrine et une technique pour optimiser et coordonner des choix qui s'appliquent au mieux à une grande majorité des cas, elle aura un rôle stable.

Certains risques de blocage pourront néanmoins apparaître, citons:

- La difficulté croissante de maintenance des normes et les séries de besoins nouveaux.

- Le risque de blocage par les références d'une norme à une autre car la révision d'une norme met en cause plusieurs normes.

- Le risque d'escalade dans la profondeur de la normalisation.

Il y a pour chaque produit un optimum de profondeur de normalisation. En effet, le frein aux innovations, le retard dans la mise en oeuvre du progrès technique, l'inadaptation à des cas particuliers etc... sont des inconvénients très faciles à limiter dans une normalisation légère, mais sont un danger croissant lorsque les régissent de plus en plus des détails.

Abdelwadoud EL KHALFI, Ingénieur

EMI en électronique et télécommunications

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