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L'importation du sucre brut libéralisée

Par L'Economiste | Edition N°:2209 Le 08/02/2006 | Partager

. Les équivalents tarifaires sur le point d’être suspendus . Objectif: atténuer la flambée des cours à l’international. 900 millions de DH de surcoût pour les finances publiquesDriss Jettou a tranché. Le Premier ministre a décidé de suspendre les équivalents tarifaires et les droits de douane pour l’importation du sucre brut. Un projet de décret, en cours de préparation, sera soumis au prochain conseil de gouvernement, affirme une source proche du dossier. Avec la flambée spectaculaire des prix de ce produit sur le marché international, le système de tarification douanière est devenu inadapté. Cette suspension vise à conserver le niveau du prix cible de 4.700 DH la tonne, quel que soit le cours sur le marché international. L’objectif est de protéger la production nationale et d’assurer des revenus aux 80.000 familles d’agriculteurs qui vivent de ce produit. La superficie exploitée est de 90.000 ha, plantée en betterave et canne à sucre.Avec cette décision, le Premier ministre a fait preuve d’une réactivité exemplaire. L’Etat n’augmente donc pas le prix du sucre, supportant ainsi le poids de la hausse. Pour les spécialistes, cette situation se répercutera sur le niveau de la contribution budgétaire pour le financement de la subvention du prix à la consommation du sucre local. Selon les prévisions, cette contribution atteindra 1,9 milliard de DH en 2006 contre 1 milliard l’année passée. Donc l’effort budgétaire supplémentaire de 900 millions de DH constitue l’équivalent du manque à gagner sur les équivalents tarifaires. La Caisse de compensation sera impactée d’autant que le prix du gaz butane a atteint hier 650 dollars la tonne contre 380 dollars il y a encore peu.Incontestablement, le Premier ministre a voulu éviter toute rupture d’approvisionnement du marché national et assurer la planification des achats sur le marché mondial. La crainte de mettre en péril les différentes sucreries que compte le pays y est également pour quelque chose. Le prix a frôlé les 500 dollars lundi dernier contre moins de 220 dollars en moyenne en 2005. Avec ce niveau de prix, le mécanisme tarifaire ne peut plus fonctionner. La formule permettant de réguler le prix rendu raffinerie autour de 4.700 DH la tonne avec une valeur déclarée inférieure à 3.500 DH la tonne sera inopérante. «Il faudrait que l’Etat rembourse à Cosumar près de 800 DH la tonne de sucre brut importé. Ce que la réglementation douanière n’autorise pas», affirme la même source. La filiale du groupe ONA a demandé au gouvernement de revoir la formule tarifaire, réadapter les barèmes douaniers… pour arriver au prix cible de 4.700 DH. Rappelons que la consommation en sucre atteint 1,06 million de tonnes par an. 46% de ces quantités sont couverts par la production des sucreries nationales. 54% proviennent des importations de sucre brut raffiné à Casablanca. Cosumar détient le monopole de la filière depuis le rachat de quatre sucreries publiques début août dernier. L’entreprise projette d’investir 1,6 milliard de DH dans les six prochaines années. Cependant, une visibilité sur plusieurs années sera vitale pour la mise en œuvre de son programme d’investissement. Aujourd’hui comme hier, l’Etat fixe le prix quelle que soit l’origine, produit localement ou importé.L’opérateur ne peut augmenter le prix réglementé, qui n’a d’ailleurs pas bougé depuis 1987. Reste que cette flambée des prix du sucre brut a pris tout le monde de court. La nouvelle donne est consécutive à la hausse des prix des produits pétroliers. Le Brésil, acteur majeur du commerce international du sucre brut, a canalisé une partie de sa production vers la fabrication de l’éthanol. Et ce n’est pas rien. 28 millions sur les 43 millions de tonnes échangées sur le marché mondial proviennent du Brésil. La baisse de l’offre explique cette tension exercée sur les prix. Le deuxième facteur à l’origine de cette hausse vertigineuse est l’Europe, attaquée de toutes parts pour ses subventions du secteur. Elle n’exporte plus et devra restructurer ses sucreries. Dernier facteur, la spéculation. Les fonds d’investissement se lancent dans ce créneau. Avant de prendre la décision de suspendre les équivalents tarifaires, une commission avait examiné plusieurs scénarios pour faire face à cette flambée des prix du sucre brut sur le marché mondial. Le premier visait à répercuter la hausse sur le consommateur. Le gouvernement ne pourra pas prendre une telle initiative vue la conjoncture politique. Autre scénario, le maintien du système actuel tout en continuant à subventionner le sucre. Dans cette hypothèse, le Maroc court le risque de voir se développer la contrebande du sucre vers l’étranger. Le gouvernement sera en position de subventionner l’exportation du sucre. Les autres pays voisins ont augmenté leur prix. Dernier scénario, ne rien faire. Le Maroc ira droit vers une pénurie puisque Cosumar cessera d’importer, prévient la même source.


Rouler à l’alcool de sucre

La hausse des prix pétroliers a rendu l’éthanol très attractif au Brésil. Ce pays encourage la production de cet alcool, fabriqué à base de canne à sucre, pour remplacer le carburant pour les voitures. Il a développé une industrie autour de l’éthanol avec des véhicules qui tournent avec ce produit. 75% du parc de voitures sont bicarburants (éthanol et essence). Mohamed CHAOUI

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