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    L'impact de la libéralisation sur les importations

    Par L'Economiste | Edition N°:300 Le 16/10/1997 | Partager

    Les approvisionnements en produits agricoles de base dépendent plus de la pluviométrie que des mesures mises en oeuvre pour concrétiser la libéralisation.


    La réglementation en matière de libéralisation a été précédée par la mise en place d'un certain nombre d'instruments juridiques pour encadrer le processus de libéralisation.
    Dans ce cadre, une loi relative au commerce extérieur a été adoptée en 1996. Elle prévoit de nouvelles dispositions concernant les instruments de la protection des produits agricoles de base: mise en place des équivalents tarifaires au lieu du prélèvement à l'importation, mesures de sauvegarde conformément aux dispositions sur l'agriculture et l'accord sur les sauvegardes de l'OMC.
    S'agissant de l'importation de lait et de viandes, elle est en principe devenue libre en avril 1994 bien avant l'entrée en vigueur des accords de l'OMC. En ce qui concerne les autres produits de base, ils ont été totalement libéralisés en 1996: sucre brut (janvier), sucre raffiné (février), céréales et dérivés (avril).
    En fait, la libéralisation ne devient effective qu'après la mise en place des mesures d'accompagnement, à savoir un système de protection basé sur l'application des équivalents tarifaires à ces produits agricoles ainsi qu'à leurs dérivés. Le montant du produit des équivalents tarifaires perçus par la Douane à l'importation des produits agricoles de base passe par le Trésor puis va au Fonds de Développement Agricole et le Fonds de Soutien des Prix de certains produits alimentaires, à la Caisse de Compensation.
    Ainsi, il a été décidé qu'une subvention forfaitaire à la consommation soit versée aux producteurs, et ce afin de compenser la différence entre le prix de revient et le prix de vente. C'est le cas du sucre raffiné, pour lequel la subvention forfaitaire est de 2 DH/kg.

    Les aléas climatiques


    A la lecture des statistiques des cinq dernières années, il ressort que les approvisionnements du pays dépendaient plus de la pluviométrie qui ne permettait qu'une faible ou une forte production que des mesures mises en oeuvre pour concrétiser la libéralisation. En effet , les campagnes 1991/92 et 1994/95 ont été considérées comme des années agricoles mauvaises à cause de la sécheresse, d'où des taux d'évolution des importations en poids trop élevés. A titre d'exemple, l'année 1992 a enregistré les taux suivants (par rapport à 1991): le blé (+57,6%), le sucre (+49%), l'orge (+106,8%) et les viandes (+49%). La même tendance a été observée durant l'année 1995 ( par rapport à 1994) qui a connu les taux d'évolution suivants: le blé (+113%), l'orge (+304%), le maïs (+50%), le lait (+40,5%) et les viandes (+39%).
    En revanche, les taux d'évolution enregistrés en 1994 suite à la campagne agricole 92/93, considérée comme assez bonne, ont été trop bas et même parfois négatifs, comparativement à ceux de 1993: le blé (-55,6% contre +11,4%), l'orge (-80% contre +52,8%) et le sucre (-9,2% contre +2%).
    Ce constat s'est confirmé pendant l'année 1996 qui a connu des reculs allant de 6,3% (blé) à 49,4% (lait) et 93,3% (orge).

    Répercussions négatives


    En plus des conditions climatiques, d'autres facteurs peuvent expliquer la fluctuation des importations de ces produits pendant la période considérée. Il s'agit notamment de la politique agricole des grands fournisseurs de ces produits (l'Union Européenne et les Etats-Unis) fondée sur le soutien de la production et les subventions des exportations qui facilite l'accès de ces produits aux autres marchés dont le Maroc.
    Certaines répercussions négatives de la libéralisation des importations des produits concernés commencent déjà à se faire sentir sur la production nationale. C'est le cas du blé tendre dont le prix international a connu une régression au début de l'année pour atteindre 155 Dollars/tonne. Avec un droit de douane de 50% et d'une marge de 80 DH/T (marge de l'importateur), le prix à l'import de la tonne du blé tendre dédouané se situe aux alentours de 2130 DH/t, alors que la protection visait un prix minimum de 2.600 DH/t. A cet effet, il a été décidé à partir de janvier 1997 de ramener le droit de douane appliqué aux importations de blé tendre de 50% à 74% (PFI compris).
    Le sucre a subi lui aussi quelques modifications en septembre dernier. Les droits de douane sont maintenant fixés à 114% pour le sucre brut, 110% pour le granulé et 118% pour le sucre en morceaux.


    Salim LAHJOUMRI

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