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Economie

Libéralisation: Des incertitudes pèsent sur les tarifs incendie

Par L'Economiste | Edition N°:616 Le 14/10/1999 | Partager

· L'étroitesse du portefeuille incendie complique la constitution d'une base statistique marché
· La FMSAR sollicite l'aide de la Fédération française des assurances


C'est l'un des paradoxes du secteur, plus le calcul de la prime d'une branche est compliqué, moins sa contribution au portefeuille est importante. Les tarifs de l'assurance incendie, qui aujourd'hui donnent des maux de tête aux actuaires de la FMSAR (Fédération Marocaine des Sociétés d'Assurance et de Réassurances) en est l'illustration parfaite. A l'instar de l'AT (accident du travail) et de l'assurance maritime, cette branche est concernée par la libéralisation qui doit intervenir l'année prochaine. Mais l'échéance pourrait bien ne pas être respectée. Motif: le groupement des assureurs trouve des difficultés à collecter suffisamment de données en incendie. On rappellera que la FMSAR doit en principe constituer une base statistique qui servira à élaborer des primes pures marché. A charge pour les compagnies de déterminer leurs propres primes commerciales. Cette mesure devait en principe intervenir au plus tard le 1er octobre 1999.
C'était sans compter avec l'exiguïté du marché incendie. Une lecture des résultats du secteur pour l'exercice 1998 permet de s'en rendre compte. L'encaissement s'élève à peine à 463,9 millions de DH (contre 437,6 millions en 1997), soit 5,2% de part de marché.

Risques de fréquence


En fait, l'étroitesse du marché n'explique pas tout. Les assureurs distinguent généralement les risques de fréquence tels que l'AT ou l'automobile par exemple qui se caractérisent par un nombre d'accidents élevés, et les risques d'intensité, tel l'incendie, qui se distingue par la gravité des sinistres, mais aussi par le nombre élevé de critères de tarification.
Pour l'assurance incendie, les experts ont parfois recensé pas moins de 496 critères de tarification. Cela va des capitaux assurés aux facteurs aggravant ou améliorant les sinistres: existence ou non de dispositifs de sécurité (sprinklers par exemple), nature de l'activité, implantation géographique, etc C'est dire toute la difficulté.
Pour déjouer ces contraintes, le secteur va recourir aux données statistiques françaises. La FMSAR examine actuellement dans quelle mesure elle pourrait s'inspirer des travaux menés par son homologue française, la FFSA. En fait, ce ne sera pas véritablement une révolution. Les tarifs incendie, actuellement en vigueur au Maroc, les fameux tarifs rouges, sont d'origine française.
Toute la question est de savoir dans quels délais les données seront disponibles, dans la mesure où il y a des timing à respecter.
Finalement, le secteur s'est attaqué au plus facile, à savoir les risques de fréquences. En AT, quatre compagnies avaient déjà balisé le terrain. Le groupement des assureurs s'est d'ailleurs en grande partie inspiré de la base statistique commune constituée par Al Wataniya, la RMA, Wafa Assurance et la Sanad.
Mais bien entendu c'est surtout la question de l'automobile (38,7% du portefeuille) qui constitue le véritable enjeu. La FMSAR affirme aujourd'hui être en mesure d'élaborer un tarif prime pure. Là aussi, c'est un paradoxe. Il y a deux ans à peine, le Ministère des Finances n'en était pas entièrement convaincu. Dans un rapport qui a porté sur l'élaboration du projet de tarif automobile, réalisé suite à une mission d'inspection effectuée auprès du secteur, la DAPS (Direction des Assurances et de la Prévoyance Sociale) avait en effet souligné qu'à l'exception d'une ou deux sociétés le marché apparaissait mal engagé sur la voie de la liberté tarifaire. Les données relatives aux critères de tarification n'étaient pas toujours disponibles. Exemple, celles concernant le tonnage ou la combustion n'étaient pas servies automatiquement. Le rapport a relevé aussi des incohérences au niveau de la liaison polices/sinistres qui "laissait à désirer dans la mesure où le lien se fait uniquement par numéro de police sans tenir compte des immatriculations des véhicules, ce qui entraîne des difficultés, notamment dans la prise en charge des changements de véhicules et des polices flottantes".
Bien entendu, ce diagnostic remonte à deux ans. La FMSAR s'est apparemment rattrapée, et vite.

Mohamed BENABID

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