×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

L'hépatite C, un mal sournois

Par L'Economiste | Edition N°:1475 Le 13/03/2003 | Partager

. Au Maroc, il n'y a aucun chiffre officiel sur la prévalence de la maladie . Les laboratoires Roche ont déboursé 250 millions de DH pour lutter contreL'accord conclu entre le ministère de la santé et la filiale marocaine du groupe Roche, selon lequel cette dernière s'engage à participer au programme national de lutte contre les hépatites virales B et C, a commencé à donner ses fruits. Cette charte de partenariat signée le 31 mai 2002 stipule le dépistage gratuit d'un million de personnes jusqu'à fin 2003. Les villes qui ont bénéficié de ce programme sont Rabat, Casa, Fès, Tanger et Marrakech. Elles ont été équipées en appareil de diagnostic sanguin par la mise en place de 8 machines (Cobas Core II) au niveau des principaux centres hospitaliers (pour un montant de 3,7 millions de DH). «Toute l'opération (dépistage, médicaments, équipements) a coûté aux laboratoires Roche 250 millions de DH«, confie un cadre du groupe pharmaceutique. Auparavant, le dépistage se faisait de manière aléatoire et accidentelle. Ce n'est plus le cas maintenant. Concrètement pour le dépistage, toute personne peut se présenter à l'Institut Pasteur et passer le test gratuitement. C'est Roche qui finance l'opération. «Le nombre des personnes dépistées n'a pas été déterminé, car nous nous adressons à la masse. Ce qui nous intéresse, ce sont celles dépistées positivement. Mais 80% des personnes auxquelles nous proposons un dépistage l'acceptent volontiers«, explique Dr Abdelouahab Bennani, chef de service Biologie moléculaire à l'Institut Pasteur. Les personnes affectées sont adressées à des gastro-entérologues. Elles font plusieurs bilans complémentaires qui confirment ou infirment la chronicité. Car chez bien des cas, il ne s'agit parfois que d'une mémoire sérologique. Or, chez la grande majorité, la chronicité est inévitable. L'offre gratuite de la ribavirine (comprimés accompagnant les injections), assurée par Roche à tous les patients porteurs du virus, a atténué les charges des soins. En effet, un flacon coûte environ 8.400 DH. Un patient en consomme un par mois. La durée d'un traitement peut aller de 6 à 12 mois. La ribavirine est mise à la disposition des patients dans les délégations du ministère de la Santé de Rabat, Casa, Marrakech et Fès. Depuis le début de l'opération, environ 1.000 patients ont bénéficié de cette gratuité. A noter que l'hépatite C a été derrière le refoulement de plusieurs personnes voulant effectuer le pèlerinage. L'hépatite C se transmet principalement par contact direct avec du sang humain. Il est prouvé que la contamination peut se produire lors de transfusion de sang en cas de réutilisation d'aiguilles, de seringues ou de tout autre matériel médical mal stérilisé, ou encore en cas d'utilisation commune de seringues entre consommateurs de drogues injectables. Il peut également y avoir transmission périnatale ou par voie sexuelle, mais ces cas sont moins fréquents.Il existe encore d'autres voies de transmission qui peuvent être importantes, par exemple, lors de certaines pratiques sociales ou culturelles ou certains comportements impliquant une effraction cutanée (circoncision, tatouage…). «Au Maroc, le ministère de la Santé ne dispose pas de chiffres officiels à l'échelle nationale. Mais certaines études dispersées confirment que la prévalence est plus de 3%«, affirme le professeur Driss Jamil, enseignant à la Faculté de médecine de Casablanca. Contacté à ce sujet, le ministère de la Santé n'a pas donné suite à notre requête. Dans une étude intitulée «profil épidémiologique, clinique, virologique et histologique de l'hépatite C (série de 180 cas diagnostiqués), réalisée par le service d'Hépato-Gastro-Entérolologie CHU Ibn Rochd, Casablanca, et datant de septembre 2002, on estime que 43,3% des facteurs de risque de contamination virale est liée d'une manière ou d'une autre aux antécédents chirurgicaux. Les soins dentaires constituent 12,6% sur 180 cas diagnostiqués. Quant aux consommateurs de drogue qui ont été transfusés avec du sang ou des produits sanguins non testés, ils représentent 6,7% sur les 180 cas examinés par le service.La transmission est donc essentiellement nosocomiale (en milieu hospitalier). Ce qui nécessite une amélioration des mesures préventives. «Le traitement de l'hépatite C est onéreux mais efficace«, c'est ce que confirme un patient de Beni Mellal, complètement guéri. Le porteur du virus doit débourser entre 80.000 et 220.000 DH pour accéder aux soins, d'autant plus que la bi-thérapie est plus que recommandée par les spécialistes. Les patients indigents constituent la tranche majoritaire des porteurs du virus. Un véritable problème de santé publique. Les patients couverts n'ont, eux, aucun souci puisque leur assurance leur rembourse la totalité des soins. «Or, les remboursements tardifs imposent aux patients de faire preuve de persévérance«, explique un enseignant, porteur de VHC. Il existe deux modalités de traitement de l'hépatite C. La monothérapie par l'interféron standard et le traitement associant interféron et ribavirine. Les interférons sont une famille de petites protéines et glycoproteines naturelles qui interfèrent dans la reproduction des virus. La ribavirine est une analogue nucléosidique de synthèse qui n'exerce pas d'activité antivirale décelable sur le VHC quand elle est administrée seule, mais qui, associée à l'interféron, améliore le taux de réponses durables en réduisant les récidives. Le VHC est une cause majeure d'hépatite aiguë et d'affection hépatique chronique, notamment la cirrhose et le cancer du foie. L'OMS (organisation mondiale de la santé) estime que 170 millions de personnes dans le monde sont des porteurs chroniques du VHC et que 3 à 4 millions sont infectées chaque année. Devant la variabilité génétique du virus, les scientifiques sont incapables de trouver un vaccin pour éradiquer la maladie. En attendant, le traitement demeure inaccessible pour les couches défavorisées. Le moyen le plus efficace de prévenir la maladie est probablement de réduire le risque de transmission nosocomiale du VHC (transfusions sanguines, injections à risque, etc.) et les comportements à risque, par exemple, la consommation de drogues injectables.


Evolution hépathique

L'hépatite C est souvent décrite comme une épidémie silencieuse parce que les personnes infectées se sentent en parfaite santé et peuvent rester sans symptômes pendant 10 à 20 ans. L'infection devient chronique chez environ 80% des malades nouvellement contaminés. Entre 10 et 20% des porteurs chroniques font une cirrhose qui, dans 1 à 5% des cas, évolue à son tour en cancer du foie au bout de 20 à 30 ans. Chez la plupart des malades atteints d'un cancer du foie en l'absence d'hépatite B, on retrouve les traces d'une infection par le VHC. Le mécanisme qui conduit de l'hépatite C au cancer du foie n'a pas encore été élucidé. L'hépatite C aggrave par ailleurs toute affection hépatique préexistante à laquelle elle vient se greffer. Ainsi, le cancer du foie progresse-t-il plus rapidement chez les sujets atteints d'hépatite alcoolique et qui sont aussi porteurs du VHC.Hayat KARIM ALLAH

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc