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    Europe

    L'Europe oui mais à reculons

    Par L'Economiste | Edition N°:271 Le 13/03/1997 | Partager

    L'accord Maroc-Union Européenne continue de susciter les passions. Pas de potion miracle. A chacun ses préoccupations: maintien des recettes fiscales, mise à niveau, financement...


    Un sujet pertinent, des organisateurs qui sont pour une grande partie des têtes pensantes du pays, et voilà que tout le beau monde des industriels et décideurs se déplace pour entendre ou prêcher la bonne parole. Pas moins de 400 personnes ont été réunies par l'Association Marocaine des Anciens Elèves de l'Ecole Polytechnique Française (Groupe X-Maroc) lors de son colloque international, le 11 mars 1997, autour d'un sujet qui continue de soulever des passions et surtout beaucoup d'appréhensions: Maroc-Union Européenne, quelle stratégie pour relever le défi de la zone de libre-échange? Pas de potion miracle, mais encore des idées. A chacun, ses préoccupations. «La première conséquence de cette ouverture est une baisse des recettes fiscales», rappelle M. Mohamed Kabbaj, sous sa casquette de ministre des Finances et non de polytechnicien. «Aussi le maintien des équilibres impose-t-il, soit un relèvement des recettes, soit une baisse des dépenses». Logique. Attention, «les dépenses ne doivent pas baisser, mais être mieux allouées», rétorque M. Abdelaziz Meziane, ministre des Travaux Publics. Les besoins en infrastructures sont encore importants. «Il est difficile d'envisager sans cela une compétitivité de l'entreprise». C'est cette insuffisance d'infrastructures qui est montrée du doigt dans une étude en cours du consultant David Pollock, de GMA Capital Market. Elle freine l'investissement direct.

    Qui va payer la facture?


    D'autres entraves ont été recensées, comme la lourdeur des procédures administratives, le manque d'informations, les coûts et les contraintes de financements domestiques et les difficultés à faire valoir les droits.
    L'Etat estime avoir honoré ses engagements. La mise à niveau des textes a été opérée et celle prévue pour l'industrie est en cours. «Maintenant, il faut se mettre au travail, c'est un problème maroco-marocain. Pour cela, il est nécessaire avant tout de ne pas douter de notre capacité à relever le défi», explique M. Hassan Abouyoub, ministre de l'Agriculture et de la Mise en Valeur Agricole, mais aussi grand acteur des négociations Maroc-UE. «le Maroc fait partie des hésitants, même s'il a des atouts», confirme M. Elkyn Chaparro, conseiller principal auprès du vice-président de la BIRD. Il est étroitement dépendant de quelques marchés.«Il voit surtout l'Europe, alors qu'il faut voir le monde», conclut-il. L'attentisme est une grande maladie locale.
    C'est pourquoi, estime M. Abouyoub, la période de transition (jusqu'en 2010) ne sert pas forcément les entrepreneurs. Il cite à titre d'exemple l'Espagne qui avait demandé de raccourcir la période de transition lors de son adhésion à l'Europe. En fait, les enjeux politiques majeurs internes sont des enjeux fiscaux, précise M. Abouyoub. Qui va payer la facture? Pour M. Abderrahmane Lahjouji, le patron des patrons, l'UE s'en tire plutôt bien. «Non seulement elle ne partage pas le sacrifice, mais le peu qu'elle donne dans le cadre du MEDA n'est toujours pas débloqué».

    Tercialisation de l'activité


    Attention à l'argent facile de Bruxelles, fait remarquer M. Victor Matins, consultant. «L'expérience portugaise est similaire à celle du Maroc. Nous avons appris qu'il faut se méfier des subsides. L'argent facile masque souvent les difficultés de gestion».
    La restructuration des entreprises n'est pas un problème d'absence de financement ou d'argent. «Le temps des aides publiques sans garantie de résultat est derrière nous. Aussi tout financement nouveau doit-il être adossé à des plans d'évolution solides et crédibles», explique M. Ahmed Rahhou, directeur général-adjoint du Crédit du Maroc. Un des grands problèmes de l'entreprise marocaine est qu'elle est peu innovante. Elle produit généralement une gamme de produits à faible valeur ajoutée. Il en découle une fragilité importante par rapport à la concurrence, locale d'abord parce que produire la même chose n'est jamais difficile, et étrangère ensuite parce que la faiblesse de la productivité locale n'empêche pas que les produits similaires sur le marché, même après avoir supporté des frais supplémentaires, soient moins compétitifs.
    L'avenir reste dans une tercialisation de l'activité, ce n'est pas à négliger, ajoute M. Martins.

    Fatima MOSSADEQ

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