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L'étude du Coran fait son entrée à Sciences Po

Par L'Economiste | Edition N°:2245 Le 30/03/2006 | Partager

. Un master Religion & société à Aix. Benzine participe à une analyse comparative des religionsDepuis cette année, le jeune universitaire franco-marocain, Rachid Benzine, enseigne l’herméneutique du texte coranique à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence dans le cadre du master Religion et société initié par le politologue et spécialiste de l’islam Bruno Etienne. De l’avis de ce dernier, ce master «Religion et société» a vocation à former des médiateurs capables de réagir avec les outils adéquats à des situations où le facteur religieux pose des questions sociales, politiques ou éthiques. «C’est pourquoi nous leur proposons une analyse comparative des religions», poursuit-il. Cette analyse prend appui sur la question de savoir comment les textes révélés ont été révélés. Il ne s’agit pas du tout de faire de la catéchèse, et encore moins de la théologie ou de l’apologie, précise Bruno Etienne. C’est dans cet esprit que Sciences Po Aix invite des universitaires, familiers aux outils épistémologiques, anthropologiques, sémiologiques afin de présenter aux étudiants leurs hypothèses de travail. Un espace à la fois éducatif et de discussion, dans le sens où des gens de toutes tendances, depuis les néo-fondamentalistes jusqu’aux plus libéraux, sont invités à donner des cours. Pour le cas de Rachid Benzine, il fait partie, selon Bruno Etienne, de ces jeunes universitaires qui présentent aujourd’hui dans le champ des études sur l’islam et le Coran une approche très intéressante pour la pensée musulmane. «C’est une chance aujourd’hui d’avoir de jeunes musulmans formés à l’université française, capables de renouveler la pensée musulmane, de devenir de nouveaux moujtahids», estime le politologue et spécialiste. L’intérêt étant que les étudiants apprennent beaucoup sur leur propre religion et sur celle des autres. «Ils sont parfois surpris de découvrir l’intertextualité entre les trois Livres révélés, ou surpris par certaines méthodologies d’approche de ces textes», tient à préciser Bruno Etienne. Il se produit donc parfois sur le plan psychologique ce qu’il appelle des crises d’angoisse. «Ce fut le cas pour des jeunes filles voilées et pour certains musulmans ayant suivi le cours de Rachid Benzine», ajoute-t-il. A tel point que l’un d’eux s’est posé la question du statut de la parole dans le Coran: «Etait-il ou non, finalement, la parole incréée de Dieu?» Il a fallu que Rachid Benzine revienne sur la distinction fondamentale entre le statut de l’oralité de la Parole dite révélée, et la fixation du texte par écrit, dans des circonstances historiques particulières. Voilà à titre d’exemple les points d’achoppement sur lesquels se produisent parfois des crispations, mais ces crispations sont salutaires, estime Benzine, car elles permettent de sortir de la répétition, du taqlid et d’innover les lectures du Coran sur ce cas précis.«Entre les mots et la réalité à laquelle ils réfèrent, la solidarité peut être fragile: c’est toute la puissance du discours coranique que de faire émerger dans cet interstice un sens inédit, estime Benzine«A. R.

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