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Economie

L'éthique et l'économie chez Ribat El Fath

Par L'Economiste | Edition N°:208 Le 14/12/1995 | Partager

M. André Azoulay n'y va pas par quatre chemins: le colloque de Ribat el Fath sur "Ethique et croissance économique" "est un tournant qualitatif". Rabat fêtait ainsi son 800ème anniversaire


Quelques 42 conférences sur trois jours bien pleins, presque trop pleins, mais un public plus clairsemé: de cinquante à quatre-vingts personnes, trois fois plus pour les séances d'ouverture ou de clôture, prestigieuses par la participation en tribune de MM. André Azoulay et Abdelkrim Bennani, respectivement, conseiller et chef du secrétariat particulier de SM le Roi.
Tous deux soulignent le moment particulier: il fallait un certain "courage pour poser ce sujet", même si "on n'a pas le choix, car il y a une exigence réelle et une responsabilité" (Azoulay); "ce n'est pas ce qui se dit mais ce qui se fait" qui compte (Bennani). Il propose d'ailleurs la formation d'un Comité "Ethique et économie" avec une Charte qui "serait un appel aux professionnels". "Courage? certainement, car il y a un exercice d'introspection, d'autoévaluation inhérent au sujet", commente M. Fawzi Britel cabinet d'expertise Cardex) qui a été, avec M. Rachad Bouhlal chargé de mission auprès du Premier ministre. Clin d'oeil des objets: dans le logo du colloque, il a fallu attacher plus solidement le mot "éthique" qui avait tendance à tomber alors que le plastique de "croissance économique" avait été bien arrimé! Autre clin d'oeil de circonstance: le Pr El Malki, qui ne s'est pas présenté à l'heure de son exposé, se fera accuser de manquer d'éthique par la salle. M. Alami, ancien et discuté patron de l'ISCAE (remplacé la semaine dernière par le Pr M'Rabet), n'est pas venu, absence qui a, semble-t-il, soulagé les organisateurs.

Pas vraiment de surprise sur le contenu des travaux: ils vont tous dans le même sens, relever le niveau de la morale de l'économie, entendue de deux manières:
- au sens étroit: les affaires, l'entreprise, les relations de travail ou de commerce, l'exécution de la Justice...
- au sens large: la politique de répartition des richesses, de couverture sociale, la mise en place d'une stratégie économique prévisible, les codes qui peuvent induire des comportements... jusque dans l'enseignement de l'économie.
Le colloque a connu des moments de forte émotion, lorsque les conférenciers donnaient l'impression de parler avec leur coeur. Inversement, les lectures de textes, même de beaux textes littéraires, n'arrivent plus à passer.
L'éloquence ne suffit plus. L'émotion, l'investissement personnel a donc été la règle pour faire passer les messages. Il y en a eu avec les exposés du Pr Alami Machichi (juriste et ancien ministre de la Justice), du Pr Larbi Jaïdi (sur l'impératif social face aux contraintes financières: "Voilà un socialiste qui n'a pas la langue de bois" , souligne un auditeur), Abdelaziz Meziane ministre des TP, sur les risques portés par l'inégalité entre l'urbain et le rural) ou encore Abdelali Benbrik (directeur des Impôts au Ministère de Finances)...

De l'intervention du Pr Jaïdi, il faudra retenir que le ciblage des aides sociales, maintenant exigé par les contraintes financières, pose en lui-même des problèmes de choix moraux. Même accent chez M. Meziane: ignorer les inégalités ne permettra pas de s'en débarrasser et la morale rejoint ici l'intérêt bien compris.
L'Association Ribat el Fath voulait se garantir des "donneurs de leçons" ou des moralisateurs. Il y en a eu quand même. C'était peut-être inévitable: beaucoup de "il faut" et de "il n'y a qu'à".
On notera un talent jusqu'ici inconnu: le rapporteur général, le Pr Driss Benali est certainement l'André Malraux marocain: même façon de monter des phrases en périodes amples, même façon de moduler le ton. Pas désagréable même pour les oreilles que Malraux horripilait.

Nadia SALAH.

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