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    Entreprises

    Les transporteurs routiers montent au créneau

    Par L'Economiste | Edition N°:269 Le 27/02/1997 | Partager

    Pour exprimer leur malaise, les transporteurs routiers veulent organiser une grève générale qui touchera tout le pays. A la redéfinition de la mission de l'ONT s'ajoute la réglementation de l'accès à la profession... Objectif: rendre le secteur plus compétitif.


    "La coupe est trop pleine, notre secteur est aujourd'hui sinistré. Nos différentes protestations pour améliorer l'état des lieux restent lettre morte". Le secrétaire général de la Fédération Nationale des Syndicats des Transporteurs Publics de Marchandises au Maroc (FNSTPMM), M. Abdelilah Hifdi, ne mâche pas ses mots pour illustrer la déconfiture du secteur. Aussi, pour exprimer leur malaise, les transporteurs routiers envisagent-ils d'organiser une grève générale. Elle devra en principe toucher l'ensemble du pays. Le transport routier, sur le point de laisser voyageurs et marchandises sur le bord de la route, cumule aujourd'hui "de graves points noirs". Dans une de ses études sur le transport, l'Agribusiness Marketing Investissement (AMI)(1) avait d'ailleurs souligné que "la mise en place du système de l'offre de transport par agrément (ONT) a créé un lobby important qui résiste à toutes les tentatives de libéralisation du régime des transports routiers intérieurs malgré les preuves patentes de sa faillite et de son surcoût économique".
    Le vieux monopole remontant au Protectorat est aujourd'hui mis en cause par les faibles moyens de contrôle et la libéralisation.

    Anarchie


    Actuellement, plus de 80% des tonnes kilométriques sont réalisés par le parc libre, en infraction à la législation sur le monopole d'affrètement de l'Office National des Transports. Ce transport est effectué essentiellement sur des véhicules de 8,5 tonnes, dont les coûts sont nettement moins élevés que les semi-remorques et les ensembles complets de grande capacité. Qualifiés par les uns de "clandestins" et par les autres de "secteur informel", les 8 tonnes représentent 33% du parc total.
    Aujourd'hui, les professionnels n'hésitent pas à parler d'anarchie du secteur. "Dans l'état actuel des choses, nous ne serons pas prêts à affronter la concurrence bientôt à nos portes. Le secteur a besoin de formation professionnelle pour une majorité de chauffeurs analphabètes qui s'engagent sur le tas". La réglementation de l'accès à la profession est devenue, selon eux, impérative pour "qu'elle ne soit plus conçue sur la base de privilèges". Selon M. Amine Tazi Hemida, administrateur-délégué de Comitram, "la professionnalisation du métier devra être effectuée selon des critères qualitatifs de formation professionnelle, de capacité financière et de moralité".
    Dossier de doléances sous le bras, la profession a été reçue par le Premier ministre le 30 octobre dernier. A partir de là, une commission interministérielle coiffant deux sous-commissions a été créée. Ces sous-commissions devront remettre dans les prochains jours leurs rapports finaux pour dégager des propositions de solutions.

    Dans tous les cas, différents points ont été discutés avec le Premier ministre. Il s'agit notamment de la hausse "importante" des prix des principales composantes du coût de transport. Ainsi, sur la période 1984-1996, l'assurance a enregistré une augmentation de 74%; le gas-oil, entrant pour 40% dans le coût global du transport, a augmenté de 51%, les pneumatiques de 72% et l'achat de matériel de 65%.
    "Face à cela, les tarifs de l'ONT, qui servent de référence pour tous les transporteurs, n'ont subi de 1984 à 1991 qu'une augmentation de 32%, alors qu'il fallait une hausse de près de 60% pour permettre une mise à niveau avec nos coûts", soulignent les opérateurs.
    Autres points discutés, le volet fiscal avec notamment la possibilité de récupération de la TVA sur le gas-oil et les différentes taxes spécifiques au transport. "Au total, nous payons une vingtaine de taxes", précisent les opérateurs, raflant ainsi la mise au secteur touristique avec ses 19 taxes. Les professionnels ne manquent pas de soulever le problème des arriérés de l'Etat qui s'élèvent à 3 milliards de DH depuis près d'une dizaine d'années.

    Meriem OUDGHIRI

    (1) Cf L'Economiste du 13 octobre 1994.

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