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    Les «têtes d’affiche» du livre noir de la finance

    Par L'Economiste | Edition N°:2922 Le 17/12/2008 | Partager

    . Madoff, Kerviel, Lay… sont devenus des célébrités. Les fraudeurs mis à nu par le krach financier. D’autres escrocs seraient bientôt exposés à leur tour…Bernard Madoff, gérant de la société d’investissement Madoff Investment, va rentrer dans les annales. Pour la simple raison que le courtier américain a battu tous les records des grandes escroqueries financières des 100 dernières années, avec son arnaque à 50 milliards de dollars. Et le bilan continue à s’alourdir. Parmi les dernières victimes en date, la néerlandaise Fortis qui pourrait perdre jusqu’à un milliard d’euros et la japonaise Aozora Bank jusqu’à 101 millions d’euros. La palme revient toujours pour l’heure à l’espagnole Santander (2,3 milliards d’euros), suivie par la britannique HSBC (1 milliard d’euros). Les autorités américaines, qui ont annoncé la mise en liquidation de la société de Madoff, ont averti les investisseurs de ne pas se faire d’illusions sur le niveau des sommes pouvant être recouvrées. Pourtant, certains concurrents avaient donné l’alerte. Mais le gendarme de la Bourse, la SEC, n’a rien vu. C’est ce qu’on lui reproche aujourd’hui. Concernant Madoff Investment, la SEC aurait dû, par exemple, s’alarmer de constater que les comptes de Madoff Securities étaient audités par un cabinet inconnu n’employant que trois personnes, dont une secrétaire. Autre clignotant: Madoff ne se faisait pas rémunérer comme un gérant traditionnel, en fonction du rendement. Il ne percevait que des commissions. En procédant ainsi, il n’avait guère de détails à donner sur la stratégie qui était supposée produire ses performances alléchantes. Sans le krach de 2008, Madoff serait aujourd’hui encore en activité. La crise de confiance a fait que nombre de ses clients en Europe ont exigé de retirer une partie de leurs capitaux. Ces demandes ont précipité une crise de liquidité qui a empêché Madoff d’entretenir l’illusion de son succès. Car au même moment, le krach a fait se tarir ses sources traditionnelles d’apports en capitaux. D’où la crainte que d’autres escrocs du même type soient bientôt exposés à leur tour…L’Amérique est humiliée. C’est le plus grand scandale mais ce n’est pourtant pas le seul. En début d’année, Jérôme Kerviel devient le courtier le plus célèbre au monde grâce à son escroquerie. En janvier, la banque française Société Générale est victime d’initiatives incontrôlées de Kerviel, une fraude à hauteur de 4,9 milliards d’euros. Soupçonné d’avoir engagé jusqu’à 50 milliards d’euros sur les marchés, il est mis en examen notamment pour «abus de confiance», accusé d’avoir dissimulé à la banque ses gigantesques prises de position. En septembre 2007, c’est l’initiative malheureuse d’un courtier américain de la succursale new-yorkaise de Calyon, banque de financement et d’investissement, filiale du Crédit Agricole, qui éclate au grand jour, provoquant un trou de 250 millions d’euros. En 2001, sous la direction de Kenneth Lay, ex-PDG de la société Enron spécialisée dans l’énergie et le courtage, les responsables ont créé plus de 3.000 sociétés off-shore pour mieux contrôler les prix de l’énergie. Ces sociétés, basées dans les îles Caïmans, ou les Bermudes, étaient aussi utilisées pour dissimuler les acquis frauduleux et les importantes dettes de la maison mère. Une enquête est ouverte le 31 octobre 2001 et la société est mise en faillite le 2 décembre. Lay, 64 ans, est condamné en 2006 à de la prison ferme, mais il décède avant d’une crise cardiaque. En 1995, l’affaire Barings voit la plus ancienne banque d’affaires britannique, banquier officiel de la Reine, tomber en faillite après les mauvais placements d’un de ses courtiers. Basé à Singapour, Nick Leeson, 28 ans, avait parié sur un rebond de l’indice boursier de Tokyo alors que celui-ci baissait, et spéculé sur le prix du pétrole. Les pertes accumulées de 1,2 milliard de dollars étaient cachées sur un compte secret. Leeson est condamné à six ans et demi de prison. Sont-ils de plus en plus ingénieux? Pas vraiment, puisque Madoff n’a fait que reprendre la méthode de Ponzi (voir encadré) du début du XXe siècle. Mais ce qui est sûr, c’est que les montants en question sont de plus en plus importants. Avec ses 50 milliards de dollars, Madoff détrône ainsi Jérôme Kerviel, longtemps resté sur la plus haute marche du podium de la plus grosse arnaque financière. L’Américain est loin devant les 2,5 milliards de Yasuo Hamanaka de Sumitomo et de Nick Leeson de Barings. Et les victimes, privés ou institutionnels, n’ont plus que leurs yeux pour pleurer.


    Les arnaques du siècle
    Voici quelques exemples des grandes affaires financières qui ont marqué les esprits depuis la fin du 19e siècle. La plus ancienne du siècle dernier est l’affaire Thérèse Humbert (1856-1918). Cette femme, aux origines paysannes, s’est mariée avec le fils d’un ministre de la IIIe République. Elle fait croire avoir touché un énorme héritage d’un millionnaire américain, et obtient sur la base de ses dires, des prêts, gagés sur ce supposé pactole. L’escroquerie dure vingt ans, avant qu’elle ne soit découverte. Thérèse et son mari sont condamnés à 5 ans de travaux forcés. Ensuite, éclate l’affaire Ponzi (1882-1949). Cet Italo-Américain est l’inventeur de la technique de la «pyramide», qui le rendit millionnaire en l’espace de 6 mois en 1920. Cette technique, baptisée «chaîne de Ponzi» ou «jeu de Ponzi», est une escroquerie boule de neige, basée sur la perspective de très gros rendements, ce qui permet d’attirer beaucoup de capitaux, qui financent un temps les promesses de gains, avant l’éclatement de la bulle. Vient alors le scandale Marthe Hanau (1886-1935). La Française, surnommée la Banquière des années folles, promet aux petits épargnants des rendements bien supérieurs à ceux versés par les banques à la fin des années 20. Les banques traditionnelles lui déclarent la guerre et elle finit par être arrêtée pour escroquerie. Elle se suicide en prison en 1935. J. K.
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