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Economie

Les tanneries, un secteur en souffrance

Par L'Economiste | Edition N°:446 Le 18/02/1999 | Partager

Les tanneries, secteur-clé de l'industrie du cuir, souffrent de multiples maux. A travers ces journées de partenariat italo-marocaines, c'est un appel à l'aide que les entreprises marocaines lancent aux professionnels italiens.


"Dans le processus de globalisation, la carte de visite principale des tanneurs réside dans l'adoption du dernier cri de la technologie", fait observer M. Luigi Sanna, représentant de la Délégation Commerciale d'Italie au Maroc. Ce sont les problèmes des tanneries au Maroc qui ont fait l'objet des discussions au cours de la seconde journée de partenariat italo-marocain dans l'industrie du cuir (Cf L'Economiste du 17 février).
"C'est un secteur-clé vital sans lequel l'industrie du cuir ne peut décoller", indique M. Azzedine Berrada, président de la Fédération des Industries du Cuir. Malgré un cheptel relativement important, ce secteur traverse en ce moment des turpitudes essentiellement dues aux déperditions de peaux et aux problèmes écologiques soulevés par ses traitements.

Du même avis, le président de la Fédération des Tanneurs ajoute que ce secteur souffre de trois maux importants: le manque d'assistance technique, la rénovation du parc des équipements et les problèmes environnementaux. Ses propos sont étayés par les réflexions d'un porte-parole des petites tanneries qui estime que la collaboration italienne pourrait être bénéfique à plusieurs niveaux. D'après lui, ce secteur souffre d'un problème d'organisation tant au niveau interne qu'au niveau de la profession. Résultat: le coût de la non-qualité représente environ 35 à 40% du chiffre d'affaires. Le porte-parole soulève le problème des coutelures principalement dû à la collecte non organisée dans les abattoirs. De même, avance-t-il, le taux d'encadrement dans cette filière est l'un des plus faibles à cause de l'absence d'investissement dans des programmes de formation dédiés au personnel. Pour toutes ces raisons, ce secteur nécessite une main forte pour guider des pas hésitants mais animés d'une volonté farouche d'aller de l'avant.

Clivage


L'un des intervenants italiens qui animaient cette journée, M. Silvio Repetto, professionnel dans le domaine du tannage, a insisté sur l'adaptation de ce secteur aux exigences du nouveau marché.
Une industrie qui veut exporter vers un marché global doit d'abord s'adresser au marché domestique avant de songer à l'étranger. Il existe un clivage entre le domaine de la chaussure et celui de la tannerie. Le fossé se creuse de plus en plus. "Ce à quoi il faut remédier de toute urgence", explique-t-il. De plus ce secteur est aussi incriminé parce qu'il est polluant.
Il faut renforcer la filière entre le produit fini et la tannerie et fabriquer des peaux de qualité similaire aux peaux en provenance de l'étranger. Le traitement des eaux usées engendre un double problème: écologique parce qu'il nuit à l'environnement et économique parce qu'il génère des coûts. L'épuration de l'eau a une incidence directe de 4 à 5% sur le prix du produit fini.
Les solutions préconisées ne sont pourtant pas irréalisables. M. Repetto explique que la peau traitée doit répondre à deux caractéristiques importantes: souplesse et épaisseur.
Dans un souci constant de qualité, et aussi insoutenable soit-il pour les tanneurs, les peaux doivent être taillées en rejetant les pattes et les queues qui représentent 10% environ de la surface. C'est un moyen qui permettra de réaliser des bénéfices et les tanneurs utiliseront une quantité moindre de produits chimiques.
Par ailleurs, c'est une façon d'atteindre les importateurs étrangers en leur offrant une peau brute de meilleure qualité.
Aussi, dit-il, faut-il toujours être à l'affût de la moindre panne et veiller à posséder un stock suffisant de pièces de rechange. Avec un bon maintien de l'équipement, les prix de revient peuvent baisser.

Radia LAHLOU

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